Qu’est ce que ça change aujourd’hui de savoir que Dieu m’aime ?

street-art femme en pleine réflexion (illustration) - Image: 'Streetart - Berlin | #VFBLN' by Vollformat Berlin  https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/ http://www.flickr.com/photos/139313307@N04/27102876178net

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Pardon de poser cette question certainement blasphématoire mais lorsque la vie n’a plus de sens et que l’on est plus capable de prier, qu’est ce que ça change aujourd’hui de savoir que Dieu m’aime ?

Merci

Réponse d’un pasteur :

Bonjour madame

Il n’y a pas de questions blasphématoires, ce qui est plutôt blasphématoire ce serait de ne pas se poser de questions.

Il me semble que c’est précisément quand on est dans le creux de la vague que le fait de se savoir aimé de Dieu est précieux. Certains pensent que Dieu nous aime seulement ou qu’il nous aime plus quand nous le prions bien comme il faut. Mais cet amour de Dieu ne serait plus de l’amour, mais un chantage. Au contraire, le fait de savoir que Dieu nous aime que nous le prions ou non rend libre. Cela permet à la prière d’être sincère. Si l’on prie, alors, c’est comme quand on va voir notre grand mère que l’on aime, on va la voir pour lui faire plaisir, parce que ça nous fait plaisir de la voir et plaisir de lui faire plaisir.

Donc, sachant que Dieu vous aime, vous savez que quand vous voudrez, quand vous pourrez et comme vous pourrez, votre prière sera reçue par Dieu avec joie, comme la grand mère qui accueille un petit fils qu’elle adore et qui était parti à l’autre bout du monde pendant quelques années sans donner de nouvelles.

Cela dit, votre question est en réalité déjà une prière, car penser à Dieu, même quand c’est pour dire que nous n’allons pas le prier, c’est déjà une pensée, c’est un lien à Dieu, à ce Dieu que nous ne croyons que fort peu, mais c’est une pensée, et donc une prière.

Ensuite, je ne suis pas certain qu’il faille chercher « un sens à la vie ». Nous ne sommes pas un outil pour que notre vie doive nécessairement avoir un but, un sens. Nous et notre vie sommes plutôt comme une œuvre d’art. Comme un fleur naturelle. Elles ont leur propre beauté, et leur existence est importante, même non regardée, mais juste pour elle-même. Notre vie a sans doute au moins ce sens-là, spécialement aux yeux de Dieu, et elle a un sens pour l’univers tout entier qui est tissé de beauté et de valeurs. Mais pour nous, la vie n’a pas besoin d’avoir un sens défini pour valoir quelque chose. Puisque nous sommes là, et que la vie est là, vivons la. C’est déjà bien. Ensuite, nous pouvons en faire quelque chose, tant qu’à faire. Ou pas grand chose, c’est permis aussi par Dieu. Et il nous aimera tout autant. C’est cela, l’amour. Mais bon, il me semble plutôt sympa de faire un peu quelque chose de la beauté que nous sommes. Comme la fleur envoie son parfum même si nul nez ne se promène dans les environs, même s’il n’y a pas de nez à mil kilomètres à la ronde. Mais parce qu’elle est là, et qu’elle est capable, gratuitement, simplement, d’embellir un peu le monde autour d’elle. Par amour.

Mais cela dit, Dieu ne nous aime pas non plus pour que ça serve à quelque chose. Cela peut servir et motiver de fort belle chose. Mais même si cela ne sert à rien, c’est déjà un beau geste, un beau sentiment de sa part. Cela embrasse l’univers dans un tout, dont nous sommes une part.

Avec mes amitiés

pasteur Marc Pernot, église protestante de Genève

PS. Sur la question « La vie a-t-elle un sens ? », vous pouvez aller voir le road trip spirituel de Carolina Costa.

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