Puis-je lire les livres « deutérocanoniques » ? Est-ce que l’autorité des Ecritures est subordonnée à celle de l’Esprit ?

Par : pasteur Marc Pernot

une page de la Bible racontant la libération de Pierre par un ange et une chaîne brisée - Image par Thomas B. de Pixabay

Question d’un visiteur :

Bonjour Monsieur le Pasteur

Aujourd’hui, j’aurais aimé vous demander votre avis relativement aux Saintes Ecritures. Etant plus apaisé relativement à l’au delà, je suis revenu à des éléments qui habitent ma pensée depuis pas mal de temps.

Comme protestant de sensibilité libérale, je n’ai aucun problème, et ce au nom de la liberté de conscience et du libre examen, à aborder certains livres deutérocanoniques ou apocryphes. Il s’agit des deux livres de la Sagesse et du Siracide (Ecclésiastique) Ces deux ouvrages semblent en grande partie aussi riches que les Proverbes sans être retenus dans les canons hébraïque et protestant. A votre avis, ai-je tort d ‘accepter ces deux ouvrages?

Personnellement, une influence Quaker me laisserait penser que l’autorité des Ecritures est subordonnée à celle de l’Esprit. Peut-être ai-je tort ?
En vous souhaitant une bonne fin de journée.

Réponse d’un pasteur :

Cher Monsieur

Vous avez tout à fait le droit de lire ces livres deutérocanoniques et de les trouver inspirants. La liste officielle des livres de la Bible crée un noyau central qui rassemble les chrétiens de toutes sortes, de tous les siècles, c’est un patrimoine commun, et c’est bien utile pour cela. Ce noyau central commun permet d’entrer en débats les uns avec les autres. Et c’est d’une grande richesse. Mais cela ne veut pas dire que nous nous limitons à cela.

Cela dit, je ne suis pas un grand amateur du livre des proverbes, je préfère de loin les récits et Psaumes.

Effectivement, l’Ecriture seule, interprétée n’importe comment peut tout à fait légitimer des horreurs. En particulier avec une lecture fondamentaliste. Il est nécessaire donc de l’interpréter, avec notre intelligence et nos connaissances, certes, mais encore dans un esprit de prière pour nous exposer à l’écoute de ce que Dieu aurait à nous dire à l’occasion de cette lecture. C’est ainsi que nous ne dirions pas que le Bible est la parole de Dieu, c’est quand elle est interprétée avec notre intelligence et notre conscience éclairées par l’Esprit qu’une parole de Dieu peut être reçue.

A l’inverse, l’Esprit a parfois bon dos, et certaines personnes disent qu’elles ont eu une révélation par l’Esprit, que Dieu leur a dit ceci et cela, ce qui est parfois vrais mais qui est souvent complètement n’importe quoi, voire épouvantable, prétextant de cette pseudo révélation pour briser des couples, faire du mal à certaines personnes. Et c’est là que les Ecritures peuvent aussi aider, comme jalons pour prendre du recul sur ce que laisse surgir notre conscience, nous permettant de creuser pour discerner si cette intuition pourrait venir de Dieu ou si c’était autre chose en nous qui s’est exprimé.

Donc les Ecritures ou l’Esprit ? Les deux, avec une dose de réflexion et d’humilité pour s’ouvrir à Dieu.
Et d’abord et surtout, cette liberté du chrétien, grâce à l’amour de Dieu qui nous accompagne et nous accompagnera toujours avec bienveillance.

Il vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Print Friendly, PDF & Email

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *