La place de Jésus dans la prière personnelle et le rapport aux dogmes traditionnels soulèvent parfois des questionnements intérieurs. Ce dialogue entre un fidèle et un pasteur explore la liberté de conscience et la relation directe à Dieu, au-delà des cadres doctrinaux classiques, pour une foi vécue en toute sincérité.
Question d’un visiteur : Le Christ au second plan ?
Me voici de nouveau, mais aujourd’hui avec une question qui me tracasse.
Je lis ma bible, surtout les psaumes et les épitres avec, souvent, joie et reconnaissance.
Je prie tous les soirs l’Éternel au nom de Jésus, je le remercie des petits miracles quotidiens, de l’amour de mon épouse en dépit de mes trahisons, de la présence affective et de l’aide de mes enfants et petits-enfants.
Fais-moi connaître le chemin ou je dois marcher,car j’eléve à toi mon âme.
Mais je réalise que je prie Dieu seulement, une conversation à cœur ouvert avec lui au nom de Jésus. Ce qui m’inquiète un peu, c’est que Jésus passe quelque peu au second plan.
J’ai du mal à le considérer comme le FILS du Dieu vivant, mais plutôt comme son envoyé. J’ai de la difficulté à croire à sa naissance par parthénogenèse. Je ne crois plus vraiment à cette généalogie qui le rattache à David. Je crains de ne plus être dans la droite ligne de la vieille croyance huguenote dont je suis issu.
Merci de votre aide, Bernard
Réponse du Pasteur : La prière comme chemin vers le Père
Cher Bernard,
Merci pour ce témoignage, pour cette prière du soir et du matin, pour votre lecture de la Bible.
Voy-us vous inquiéter de prier Dieu seul et non Jésus ? C’est très facile, vous faites exactement ce que Jésus lui-même a proposé : prier Dieu seul. Prier Dieu au nom de Jésus, c’est-à-dire prier un dieu qui est source de grâce et d’amour inconditionnel pour la personne, même pour le pécheur. Un dieu en qui on peut avoir confiance.
Jésus n’a jamais invité à le prier, lui. Bien sûr.
Jésus lui-même se considère comme un chemin vers le Père et non pas comme le but.
La liberté de conscience dans le protestantisme
Quant à vos croyances, je n’y vois rien à redire. Une multitude de chrétiens et de protestants convaincus sont tout à fait du même avis que vous. D’autres pensent éventuellement légèrement autrement, cela leur appartient. Mais il ne leur appartient pas le droit de vous juger, par contre.
Le propre du protestantisme n’est pas d’imposer des doctrines ; au contraire, c’est de permettre à chacun de réfléchir par lui-même, de prier Dieu à sa façon, d’interpréter la Bible par lui-même… et tout cela, grâce à la confiance que nous pouvons avoir en Dieu.
Il vous bénit et vous accompagne.






