
Pourquoi dit-on que le baptême est « pour le pardon des péchés » ?
Question d’un internaute
« Comment faut-il comprendre cette phrase du credo : “Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés” ? Merci d’avance. Fraternellement. »
Réponse d’un pasteur
Bonjour.
Comment fonctionnent le pardon et le salut ?
Longtemps, l’idée dominante a été que le baptême agirait comme un coup d’éponge magique sur notre ardoise, où seraient inscrits nos innombrables péchés, y compris la faute mythologique de nos ancêtres Adam et Ève. Si cette vision a pu apporter un certain soulagement à quelques fidèles, elle a surtout constitué un terrible levier de chantage moral pour maintenir l’obéissance.
En réalité, le baptême — tout comme l’ensemble des rites chrétiens — ne vise pas à convertir Dieu pour l’inciter à nous pardonner ou à mieux nous aimer. Au contraire, le sacrement a pour objectif de nous convertir nous-mêmes, afin de nous permettre de cheminer et de grandir dans la foi, dans l’amour du prochain, de soi-même et de Dieu, ainsi que dans l’espérance.
Il en va exactement de même pour la sainte cène, les obsèques ou la prière personnelle : ces démarches n’ont pas pour vocation de fléchir Dieu, mais de nous aider à vivre concrètement de son amour. C’est également le sens profond de la Croix. Le Christ n’est pas mort pour convaincre Dieu de nous faire grâce : sa vie tout entière, jusqu’au don suprême de sa mort, est le signe visible de l’amour inconditionnel du Père. La Croix, tout comme le baptême, témoigne du pardon accordé par Dieu et lance un appel vibrant à la transformation du cœur humain.
Le baptême, signe et plongée dans la grâce de Dieu
Le baptême est avant tout une plongée dans la grâce de Dieu et dans son amour infini. Cette démarche n’est pas la cause de notre pardon — car l’amour de Dieu n’a d’autre origine que sa propre nature —, mais elle est une formidable ouverture pour accueillir ce pardon et en vivre au quotidien.
En nous sachant pleinement aimés et pardonnés d’avance, nous pouvons nous tourner vers Dieu avec confiance et authenticité. C’est pour cette raison précise que la pratique du baptême des nourrissons (pédobaptisme) est si belle : elle manifeste de manière éclatante que l’amour et le pardon divins ne dépendent d’aucune condition préalable (ni de nos mérites, ni de notre degré de foi, ni d’une repentance parfaite, ni de sacrifices). Dieu nous aime le premier. Quant aux adultes qui reçoivent le baptême, ils bénéficient exactement de cette même réalité fondamentale, avec la joie consciente de poser ce geste de foi.
Ainsi, la formule du Credo peut se comprendre comme un baptême « dans le pardon des péchés » ou « pour vivre le pardon » et guérir progressivement de la rupture originelle avec Dieu.
« Un seul baptême » : ouverture ou fermeture ?
L’expression « un seul baptême » peut s’interpréter de deux manières opposées :
- Une vision étroite et exclusive : prétendre qu’il n’existe qu’un unique baptême valide, réservé aux seuls membres de sa propre confession ecclésiale.
- Une vision large et œcuménique : reconnaître qu’il n’y a qu’un seul Christ. Par conséquent, quelle que soit la dénomination chrétienne qui l’administre, tout baptême célébré au nom du Christ Jésus est un authentique baptême chrétien, ayant la même pleine valeur spirituelle.
Amitiés fraternelles,
par : Marc Pernot, pasteur à Genève
À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel de la notion de Conversion – Repentance, et celui du baptême, voir les articles dédiés dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.
Prière de Søren Kierkegaard
« Ô Dieu, nous parlons de toi comme si tu ne nous avais aimés le premier qu’une seule fois, dans le passé.
En réalité, c’est tout au long des jours et tout au long de la vie que tu nous aimes le premier.
Quand nous nous éveillons le matin et que nous tournons notre âme et notre prière vers toi, Tu nous devances, tu nous as aimés le premier.
Quand je m’écarte des distractions et recueille mon âme pour penser à toi, Tu m’aimais déjà, tu es encore le premier.
Ô Dieu, à toi va notre gratitude : ce n’est pas une fois que tu nous as aimés le premier, c’est à chaque instant de notre vie. »
En écho à ce texte :
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Christ étant mort pour nos iniquités, pourquoi demander encore pardon…?
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Faut-il obligatoirement être baptisé pour entrer dans le royaume des cieux ?
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Jésus le Sauveur : de quoi sa mort nous sauve-t-elle vraiment ?
