Ma maman très pieuse, atteinte de maladie grave, a l’impression que Dieu ne l’écoute pas

Par : pasteur Marc Pernot

statue en bronze d'un homme pensif avec des goutes de pluie - Image par photosforyou de Pixabay

Question d’un visiteur :

Bonsoir,
Ma maman très pieuse qui a toujours prié pour tout le monde, se retrouve hospitalisée pour une maladie grave et a l’impression que dieu ne l’écoute pas. Cela m’a fait penser au psaume 22 quand Jésus se sent abandonné par dieu. Que puis-je lui répondre pour l’aider ?
Merci

Réponse d’un pasteur :

Chère Madame

Merci, grand merci d’accompagner avec tant de cœur votre mère. Elle a bien de la chance d’être accompagnée d’une si belle façon.

Ce sentiment d’abandon est hélas très courant quand quelque chose ne va pas dans notre vie.

Et vous avez raison de rapprocher cela du Psaume 22 qu’ont prié David, et donc Jésus lui-même sur la croix. Ce Psaume nous aide à mettre des mots sur notre sentiment d’abandon, après une longue lamentation, suppliant Dieu de venir à son secours. Survient, comme dans un jaillissement, cette expérience « Tu m’as répondu ! » (v. 22)

Vous aimez profondément votre mère, cela me fait supposer qu’elle vous a aimé. Même si personne n’est parfait, elle sait ce que c’est qu’aimer son enfant, veiller sur son enfant, particulièrement quand il est malade, faire tout son possible pour qu’il aille bien.
Si nous, qui sommes simplement humains, sommes en général capables de veiller sur notre enfant, vous pouvez rassurer absolument votre mère : Dieu est infiniment plus aimant, fidèle, proche, bienveillant que nous ne le serons jamais. Donc : non, absolument non : Dieu ne l’a pas abandonnée, oubliée, négligée.

Cependant, effectivement, dans la détresse nous avons tendance à implorer Dieu de nous aider. De nous guérir, nous soulager. Et quand cela ne va pas mieux, ce qui arrive hélas, bien des personnes se mettent à douter de Dieu, soit de son existence, soit de sa bonté, soit de son pardon, soit de sa volonté de nous aider nous en particulier pour une raison ou une autre. C’est impossible. Dieu est amour et fidèle pour nous, et je suis certain que c’est le cas pour votre mère. Dieu est là et il l’accompagne. Dieu n’est pas du côté de sa maladie, ni de ses souffrances. Il encourage les médecins, il cherche à rassembler les forces de votre mère pour que son corps et son moral puissent mieux lutter contre la maladie. Et ne pas garder espoir.

C’est vrai que parfois la maladie est plus forte. Ce n’est jamais parce que Dieu aurait abandonné la personne ou qu’il aurait permis la maladie.

Une chose est certaine c’est que Dieu l’accompagne, et vous accompagne, vous. J’espère que, comme David et comme Jésus priant chacun Dieu à leur façon, votre mère pourra sentir cette présence et ce secours de Dieu en eux, sentir son écoute et sa réponse dans un souffle d’amour, qu’elle se sente être dans la bonne main de Dieu.

C’est compréhensible de demander à Dieu la santé, la guérison, la force et la paix. Bien sûr. Et pourtant. Si nous sommes préoccupé par notre santé, je pense qu’il est plus sage de penser à notre santé devant Dieu mais sans lui demander de nous guérir, plutôt en lui disant que nous lui faisons confiance pour faire tout ce qui est possible de faire. Et de s’ouvrir à sa force, son souffle de vie et de réconfort, de paix, de lumière. C’est ainsi que l’on peut être plus ouvert pour reconnaître que Dieu est là, et vivre de ce qu’il nous apporte.

Comem autre Psaume, je vous propose le Psaume 121.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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1 réponse

  1. Claire-Lise Rosset dit :

    Bonjour,

    L’annonce de la maladie grave est une rupture d’avec le quotidien,  » une réduction de l’ être », comme dit un philosophe.

    Deux tableaux de Carlos Schwabe au MAH à Genève que vous pouvez voir sur internet décrivent ce qu’est le sentiment de déréliction qu’est la maladie grave :

    1.- La douleur : cette douleur physique et morale qui envahit l’être tout entier, tellement projeté dans sa finitude et l’éphémère de la vie

    2.- La vague : toutes tes vagues et tes flots ont passé sur moi, dit le psaume 42. Le sentiment de se noyer par et dans l’épreuve.

    Dans ce lent processus de deuil d’une santé qui ne sera plus , comment, mais comment y discerner la présence de Dieu ?
    Il faudra du temps, beaucoup de temps pour sortir de ce Gethsémani – Seigneur, tout, tout mais pas ça, éloigne de moi la maladie ! – pour s’abandonner entre les mains de Dieu et lui dire comme Job : je ne comprends rien à rien à ce qui m’arrive , mais Toi tu connais mon chemin.

    Je pense que l’émission sur la journée des malades du site KTOV du 7 février 2021 , intitulée La souffrance peut donner des pistes de réflexion à votre maman et lui aider à peu à peu apprivoiser l’inacceptable dans sa vie.

    https://www.ktotv.com/video/00341550/2021-02-07-la-souffrance

    Un livre qui m’a beaucoup aidée à émerger de ma noyade existentielle est celui du dominicain et théologien Marie-Joseph le Guillou atteint de la maladie de Parkinson :
    Du scandale du mal à la rencontre de Dieu, éditeur : Saint-Paul éditions religieuses, 1991.

    Avec toute ma compassion. Dieu est le Dieu caché et présent tout à la fois
    Claire-Lise Rosset

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