Lisant Sagesse 4, je comprends que Dieu n’acceptera pas les enfants adultérins ?

Par : pasteur Marc Pernot

Grand frère et son petit frère bébé - Image par sathyatripodi de Pixabay

Quand la lecture au premier degré est une horreur particulièrement nocive.

Question d’un visiteur :

Bonjour
Pourriez-vous me rassurer par rapport à ce que je viens de lire dans Sagesse 4 à propos des enfants adultérins?
Je comprends que Dieu ne les acceptera pas et qu’ils seront les témoins du péché de leurs parents!
Cela m’angoisse beaucoup…
Merci pour votre réponse

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Monsieur

Le livre de Sagesse ne fait pas partie de la Bible Hébraïque, mais d’une liste secondaire (les livres « deutérocanoniques« ).
De toute façon, même si c’était dans la Bible, il n’est absolument pas question une seconde de penser que Dieu n’aimerait pas un enfants conçu dans l’adultère. Au contraire, Dieu fait tout pour aider, Dieu redouble de soins, de prévenance, de présence, de bénédictions pour une personne qui a besoin d’aide, par exemple quand elle est née dans des conditions qui ne sont pas optimales.
En plus, dans la généalogie de Jésus selon les évangiles, il y a pas mal de naissances qui n’ont pas eu lieu dans une bonne petite famille tout bien rangée comme il faut. Jésus lui-même a été traité de fils adultère, et c’est vrai qu’il semble bien qu’il n’ait pas été conçu par Joseph et Marie unis sous les liens du mariage.
Comment comprendre alors ce genre de phrases de ce livre apocryphe Sagesse 4 « La nombreuse progéniture des impies sera inutile ; issue de rejetons bâtards, elle ne jettera pas de racines profondes et elle n’établira pas une base solide. Même si, pour un temps, elle pousse des branches, mal assurée, elle sera ébranlée par le vent et déracinée par la bourrasque. Ses rameaux seront brisés avant terme, leur fruit sera perdu, trop vert pour être mangé et bon à rien. » ?
Au sens matériel, cette parole semble ne laisser aucune chance à un enfant né de personnes pas bien religieuses, ou avec une généalogie pas très simple. Ce serait parfaitement cruel et injuste, ce qui n’est pas le genre de Dieu, bien sûr. Cette interprétation au 1er degré est donc manifestement impossible, scandaleuse, et même injurieuse contre Dieu. Dans ce cas, la règle classique d’interprétation des Ecritures conduit à chercher le sens figuré, allégorique : le mariage est le type même de l’alliance avec Dieu, comme on peut le voir dans le Cantique des cantiques, dans les prophètes (Osée), ou dans les évangiles. D’ailleurs, ici, le texte parle des « impies », ce qui confirme que c’est bien une question de foi qui est ici le cœur de la question. Les enfants sont souvent une image pour parler de ce qui nous survit, on parle aussi de fruits, comme si nous étions une vigne ou un arbre. Les enfants produits dans l’impiété ou dans l’adultères n’évoquent alors pas des enfants maudits par Dieu (cela est impossible), mais des actes produits sur la base d’injustice, d’égoïsme, de méchanceté, de rejet du spirituel, des actes qui cherchent à démolir, diviser… actes qui sont ainsi source de morts et de souffrances. Que Dieu lutte, brise, élimine peu à peu ces actes nocifs est une extrêmement bonne nouvelle et une belle promesse. Inspirante pour nous aussi, afin de produire plutôt des actes d’amour, de paix, de vie, de bonheur pour notre entourage.
Que Dieu vous bénisse ainsi.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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1 réponse

  1. Michel de Bibletude dit :

    L’Ancien Testament se comprend à la lumière du Nouveau.

    P.ex. les batailles de Josué pour des territoires sont la conquête de notre territoire intérieur par Jésus, les murailles de Jéricho qui s’effondrent sont nos murs intérieurs ou entre personnes qui tombent, etc.

    Dans la même optique, les enfants adultérins sont les choses que nous avons enfantées mais qui ne sont pas bonnes.

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