Lisant la bible pratiquement tous les jours, je trouve le livre des nombres particulièrement rébarbatif, pourquoi l’avoir gardé ?

Par : pasteur Marc Pernot

Statue de Moïse - Photo by Fr. Barry Braum on Unsplash

Question d’un visiteur :

Lisant la bible pratiquement tous les jours, depuis un certain temps maintenant, j’ai donc eu l’occasion de la relire en entier plusieurs fois, mais je dois bien admettre que le chapitre des nombres est particulièrement pénible et rébarbatif… Je me demandais si vous, vous en aviez une interprétation qui pourrait m’aider à apprécier ce chapitre différemment, car je dois bien admettre que je me demande même pourquoi on a conservé ce livre dans la bible ?!
Je doute en effet que nous ayons besoin dans des temps proches de reconstruire une arche d’alliance ou un temple aux parfums ?
Et vous ? Qu’en pensez vous ?

Merci.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Et grand bravo de creuser ainsi la Bible, de vous poser des questions.

Je reconnais que bien des ces passages ne sont pas toujours d’un bénéfice extraordinaire pour notre développement personnel, en tout cas en première lecture. Les évangiles et les psaumes sont pour cela bien plus nourrissants. C’est vrai.

Néanmoins, j’aime ces textes, et à mon avis il y a pire, bien pire que le livre des Nombres, ils fait à mon avis partie des grands.

  • En première lecture, au moins, il y a du récit dans ce livre. C’est une belle histoire et j’aime les belles histoires. Certes, elle a été écrite il y a 2500 ou 3000 ans dans un pays oriental, il y a donc un saut culturel, mais un peu d’exotisme ajoute à son charme (pour moi). Et ce sont les mêmes questions humaines qui se posent partout.
  • Cette saga de Moïse est importante. Elle a marqué notre culture, notre civilisation. Dans son ensemble elle est pleine de sens, non pas comme récit ancien, mais comme parlant de nous, comme étant à vivre dans le présent. C’est ce que signifie la grande grande fête juive de la Pâque et sa relecture chrétienne. Une invitation à l’émancipation, à une naissance à un nous-même libéré, plus épanoui, plus clairvoyant, à une relation pacifiée et vivifiante avec Dieu et avec nos collègues en humanité, une façon de faire corps, des valeurs fondamentales, aussi. Cette traversée de la mer, traversée du désert, est inspirante, nous invite à des courages et des cheminements, des traversées du chaos et des aridités ?
  • Il convient de se laisser, donc, simplement inspirer tout simplement. Ces départs et ces pauses inspirés par la Nuée, cette présence féminine de Dieu (la Shekkhina). On peut le comprendre comme on veut mais il y a pour le moins quelque chose qui peut nous inspirer pour notre existence très pratique.
  • Et oui, on peut se construire une « arche d’alliance », une sorte de trésor que l’on se constitue et que l’on trimbale pour soi-même pour accompagner notre marche, notre traversée du désert. Un trésor constitué de souvenirs :
    1. de ce qui a nourri notre être profond (comme la manne, qui soit dit en passant signifie littéralement du « qu’est-ce que c’est que ça ? », un questionnement, une curiosité),
    2. et puis dans le coffre aux trésors il y a aussi les 10 paroles, ce pourrait être pour nous les valeurs et la foi essentielle que nous tenons à garder, ou les rencontres, expériences qui ont compté pour nous, ou nos Psaumes chéris, une parabole.
    3. Enfin il y a le bâton qui fait des miracles, souvenir d’expériences passées de bénédiction, de bonne surprise. Je pense que l’on peu se constituer ce genre de trésor, mentalement, consciemment, délibérément. Et que cela peut vraiment nous aider en temps difficile et dans les temps sereins pour avancer plus haut et plus fort.
  • Il y a Myriam frappée de lèpre car elle a été mauvaise langue, dit-on. Je suis persuadé que jamais Dieu n’envoie de maladie pour punir, mais cela nous interroge sur les conséquences de nos mauvaises paroles, en terme de souffrances pour nous et autour de nous ?
  • Ensuite, il y a des textes extraordinaires, dans les nombres, à commencer par la bénédiction de Nombres 6:22-27 qui est un des plus beaux textes de la Bible, un des plus profonds.
  • Et puis enfin, si on n’aime pas ce genre de littérature. On a tout à fait le droit, il suffit de passer. Une grande diversité de genre littéraires et de sensibilités théologiques ont heureusement été intégrés dans la Bible, cela laisse bien d’autres textes à lire pour s’en inspirer, à étudier pour approfondir, et à prier pour s’approche cœur à cœur de Dieu.

Bravo pour votre démarche, pour votre passion de lire ces textes. Une grande richesse de sens arrive quand on commence à mieux connaître ces livres, car alors les citations ou allusions à d’autres textes, les débats entre diverses opinions exprimées apparaissent.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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