Je suis responsable du groupe de jeunes dans ma paroisse, que leur dire sur la sexualité ?

illustration : des jeunes en pleine discussion - photo © https://www.instagram.com/epg_geneve

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Je suis responsable d’un groupe de jeunes de 15/16 ans dans ma paroisse, ils ont beaucoup de questions et évidemment le thème de « sexualité et foi » les branche beaucoup! C’est un domaine où je ressens une grande responsabilité, car ils s’attendent à ce que je leur donne des réponses étanches à des questions comme « Un Chrétien peut-il avoir des relations sexuelles avant le mariage? » ou « Peut-on être homosexuel et chrétien » et j’ai peur que mes positions trop philosophiques/libérales ne soient choquantes ou pas assez sécurisantes pour les jeunes.

Je ressens aussi une certaine pression (indirecte) de certains parents qui apprennent à leurs jeunes que la seule relation sexuelle possible est celle d’un couple hétérosexuel marié, et que tout autre relation est à condamner et qui voudraient que je dise la même chose.

Je ne peux pas dire les choses de cette manière, mais je ne veux pas non plus choquer ces jeunes-là.

Il y a aussi dans le groupe des jeunes de familles constituées de divorcés et de parents non-mariés, et je ne veux pas avoir l’air de critiquer le comportement de ses parents!

Auriez-vous des conseils à me donner ?

Merci beaucoup

Réponse d’un pasteur :

Chère Madame,

Voici d’abord quelques pistes de méthode de réflexion pour ce qui est de la morale en général, je crois que les 2 versets clés, dont vous pourriez partir avec vos jeunes, sont :

  • « Tu aimeras Dieu + ton prochain + comme toi-même » (Marc 12:29) = trois amours pas faciles + liés. Attention amour ici n’est pas la sympathie ni le coup de foudre, mais vouloir activement du bien. Du point de vue moral, l’amour du prochain et de soi-même a une application directe évidente. Aimer Dieu => développer ce lien de fidélité avec lui, le rendre présent dans ce monde qu’il aime, agir avec lui et grâce à lui pour plus de vie, d’harmonie, de bienveillance, de joie…
  • « tout est permis mais tout n’est pas utile, tout ne construit pas, et je ne me laisserai asservir (devenir esclave) par rien » (1Corinthiens 6:12, 10:23)

Cela peut être intéressant de chercher avec eux comment on peut faire fonctionner ces 2 versets comme des méthodes pour réfléchir soi-même à ce que l’on veut vivre.

Pour ce qui est du sexe, il peut être utile de rappeler :

  • que le corps est une bonne chose, voulue par Dieu (selon la Bible) => pas quelque chose de sale, ou de négligeable & Dieu veut pour chacun le bonheur, la joie, la santé, le développement.
  • Mais que nous ne sommes pas qu’un corps, nous savons aussi d’autres dimensions à notre être qui interagissent entre elles => la vie de notre corps n’est pas indépendante de ce que nous sommes ni de ce que nous serons demain. (ex. Si je ne respecte pas mon corps, quelle image de moi puis-je avoir)
  • Et qu’il est nocif pour soi et pour les autres d’utiliser qui que ce soit comme un objet, comme un moyen. Hors de question d’utiliser par conséquent une personne comme un moyen de jouissance.
  • que dans les différentes dimensions de notre être, il n’y en pas une qui soit plus digne et valable que les autres, mais qu’il est important de décider qui est le patron dans notre être, quelle chaîne de commandement. Il est préférable que ce ne soit pas le coprs qui nous gouverne, qu’il soit entendu mais que ce soit en nous des « organes » comme l’intelligence, la foi, l’espérance, l’amour qui écoutent et qui orentent. Et que l’Esprit en nous décide. C’est ainsi qu’il pourra être dit d’accord au corps, à la joie, au plaisir, mais pas au détriment de ce que nous sommes, de ce ce que nous croyons comme juste et beau, ni au détriment d’une autre personne et de la qualité des relations.
  • Mais, le plaisir est une bonne chose, et le sexe n’a pas pour seul intérêt de pouvoir faire des enfants. Dans de bonnes conditions de respect de l’autre et de moi-même, le plaisir est bon, saint, voulu par Dieu. Cela dépend dans quel état d’esprit c’est fait. Cela peut être effectivement malsain si on devient esclave, si ça nous coupe des autres, si ça devient trop important pour nous…
  • Que la vie est complexe, et que parfois nous n’avons pas simplement à décider entre une solution 100% mauvaise et une à 100% bonne, mais qu’il y ait du tragique, et que nosu ayons ainsi à choisir entre deux solutions toutes mauvaises d’une certaine façon, à un certain degré. Et qu’il ne faut donc pas juger (trop vite) les autres ou soi-même. C’est ce qui intervient en particulier pour des situations objectivement dramatiques comme le divorce, l’avortement, l’enfermement d’un meurtrier, la guerre, le licenciement…

Une dernière clé importante pour la réflexion sur la morale est de rappeler que la grâce de Dieu l’emporte sur tout le reste. Il hait le péché mais il aime le pécheur, ne réduisant pas la personne à ses actes, à sa vie. Et donc, Même si on se conduit mal, cela ne diminue pas l’amour de Dieu pour nous, cela met fin à tout chantage. La volonté de Dieu n’est pas pour nous évaluer, la vie n’est pas un examen, mais ce qu’il nous propose est une bonne idée parce que ça va dans le sens de la vie, du bien… et faire le mal est très concrètement faire du mal, être source de g^^achis, de souffrance, de division, de mort.

Mais je n’appliquerais pas les versets moraux de la Bible, tels quels, en particulier pas les ordres donnés par Paul, sur l’homosexualité, le mariage, la consommation des viandes, la place de la femme, ou sur l’esclavage… Parce qu’il faut replacer ces paroles cela dans leur contexte (qui est loin du nôtre à travers les siècles, la culture).

Donc, d’une manière générale, il me semble utile et juste d’éviter de faire du moralisme (même si c’est ce que tous attendent de vous : et les parents et finalement les enfants qui veulent des règles claires, quitte à les transgresser). Mais au contraire : complexifier les modèles, faire qu’ils se posent des questions avec une plus complète panoplie de paramètres à prendre en compte, apprenant plus une heuristique de questionnement éthique, avant de prendre une décision. Apprendre à évaluer les conséquences de ses choix, non pour culpabiliser, mais pour apprendre et progresser.

Une telle réflexion me conduit à certaines lignes de conduites personnelles:

A propos des relations sexuelles :

Il me semble utile de distinguer ce qui est de l’odre du désir, du besoin, du devoir. Nous avons besoin d’air et de nourriture, de dignité, de relations. Le sexe n’ets pas de l’ordre du besoin, mais du désir, à mon avis. Et encore moins un devoir. Placer les choses ainsi peut aider à gérer cette question.

J’ai rencontré plusieurs jeunes qui ont été super déçus par leurs premières relations sexuelles, parce qu’ils n’étaient pas prêt(e)s, que ce n’était pas la bonne personne, que c’était juste pour voir, pour « l’avoir fait » et pouvoir le dire à ses collègues. C’est bien dommage quand même.

Je crois très sincèrement que l’idéal c’est effectivement de ne pas coucher à gauche et à droite mais que sexe et amour vrai gagnent à être associés. Ce n’est pas forcément être puritain ou vieille France. On a le droit de faire le choix du romantisme. Ne pas se laisser asservir, c’est déjà cela ne pas se laisser avoir par la pression de la foule, oser . Alors si ce que je veux vivre n’est pas à la mode, cela n’a pas tellement d’importance. Et coucher partout, sans être dans une relation vraie, sans s’engager l’un vis-à-vis de l’autre n’est pas immoral en soi, mais simplement ce n’est pas favorable à l’épanouissement de l’être humain, à mon avis. Qu’on le veuille ou non, le sexe n’est pas quelque chose d’anodin, comme de faire une partie de tennis avec une autre personne. Cela implique bien plus dans notre façon d’être et dans notre regard sur les autres. Il est donc capital que l’amour soit présent.

Et ainsi, plutôt que de se placer dans le domaine du il faut / ne faut pas, peut-être serait il mieux d’aborder ainsi la question, comme Paul, sur le plan du = ça construit / ça ne construit pas / ça démolit. Un bon Psi (chrétien) pourrait être invité qui présenterait des cas concrets, sans jugement moral mais plutôt clinique, de situations vécues et des conséquences sur le développement, l’équilibre de la personne et de son entourage…

Pour ce qui est de l’homosexualité :

En général, la personne homosexuelle assume assez bien ce qu’elle est, car maintenant, heureusement, il y a (un peu) plus de respect des différences. Mais ce n’est jamais facile, et souvent, si cette personne avait eu le choix, elle aurait préféré être hétéro et vivre en couple homme-femme avec des enfants. Parce que c’est ce qui est le plus répendu comme situation. Cela ne veut pas dire que les autres situations ne sont pas « normales », elle sont simplement minoritaires : le couple homosexuel, la personne célibataire. C’est comme d’être roux : c’est tout aussi « normal » que d’être chatain, mais comme c’est plus rare et que c’est voyant, il arrive que dans la cour d’école la personne rousse subisse les moqueries d’autres enfants. C’est inacceptable et doit être systématiquement repris, à mon avis. De même pour toute discrimination.

Par contre cela ne veut pas dire que tout se vaut et que l’on puisse faire n’importe quoi. L’homosexualité comme l’hérétosexualité comme le célibat demandent des comportements dignes et élevés, constructifs. C’est ce qui peut être discuté, à mon avis, avec avantage.

Mais en tout cas, il me semble inacceptable de dire que l’homosexualité serait une maladie (elle ne l’est pas plus que d’être roux ou brun), et encore plus inacceptable de dire que l’homosexualité serait un péché. Cette dernière affirmation est malheureusement souvent entendue dans les milieux intégristes ou traditionnalistes, et elle fait de vrais morts. Car ce n’est pas un acte qui est ainsi critiqué mais la personne est atteinte dans sa personne-même, niée, considérée ainsi comme intrinsèquement sale et rejetée par Dieu. C’est extrêmement destructeur. Et cela fait de vrais morts, des enfants rejetés par leurs parents, des suicides en nombre important.

Pour ce qui est du célibat, cela peut être un choix personnel, pourquoi pas. Mais c’est souvent une situation subie.

Le célibat et le fait de ne pas avoir d’enfant :

Certes, la situation la plus classique est de rencontrer son âme sœur, comme on dit, de s’engager, de vivre ensemble pendant 70 ans entourés de ses enfants et de ses petits enfants. Mais sœur Emmanuelle (une de mes admirations immenses) ne s’est pas mariée et n’a pas eu d’enfant. On ne peut pas dire que sa vie soit misérable et que sa vie n’a pas été féconde.

Le célibat peut être un choix. Pourquoi pas. Pour bien des personnes, ce n’est pas un choix, il me semble que ces personnes doivent rester ouvertes à ce qui peut survenir dans leur vie, mais sans trop se mettre la pression pour entrer dans ce qui leur semble la vie rêvée. Pour avoir longtemps été un célibataire considéré comme « endurci », je sans la pression difficile que peut faire peser la société avec des discours bien intentionnés comme « mais pourquoi tu ne te maries pas, tu pourrais être heureux et donner du bonheur ? ». Comme si la vie célibataire ne pouvait être que malheureuse et égoïste !

De même en ce qui concerne le fait de ne pas avoir d’enfant. Personne, aucun couple ne devrait se sentir obligé. Avoir un enfant doit être une réponse à une vocation, et dépend de ce qui nous est donné comme possibilité. Un couple peut être fécond autrement que par la procréation, et un célibataire aussi. A chacun de trouver, en dialogue avec Dieu et les yeux ouverts sur les circonstances, quelle est sa vocation.

En ce qui concerne le divorce :

C’est vrai que ce n’est pas bon. Je pense que tout le monde est d’accord là-dessus. Mais parfois c’est quand-même mieux de divorcer que de gâcher la vie de toute la famille. On peut aussi essayer de le faire le moins défavorablement possible, avec humanité et respect, avec un travail sur soi pour reconnaître ses fautes, ses échecs afin d’en sortir grandi néanmoins. Alors, pourquoi pas refaire sa vie avec un(e) autre si c’est vraiment avec cette idée que maintenant, ce sera pour la vie toute entière et dans la fidélité.

J’espère que cette improvisation libre vous donnera quelques pistes.

Amitiés fraternelles

par : pasteur Marc Pernot

 

Réponse du visiteur :

Bonjour
Tout d’abord, merci pour cet article, comme d’habitude très ouvert et intéressant. Mais une question subsiste :Vous dites que l’homosexualité n’est pas un péché (ce sur quoi je suis entièrement d’accord). Mais que répondriez-vous à une personne qui dirait que si l’homosexualité n’est pas un choix (et donc, pas un péché), le passage à l’acte (relations sexuelles, mise en couple) l’est lui, et est donc un péché ? Je ne sais jamais quoi répondre quand on me pose la question.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Je dirais que cette façon de parler est hypocrite. Sous des airs de « je ne vous juge pas » la personne l’est quand même gravement. En effet, si l’acte homosexuel était par principe un péché (même si c’est dans le cadre d’un couple stable, engagé, aimant et fidèle), cela veut dire que l’homosexualité serait en dehors du plan de Dieu. C’est un jugement terrible contre la personne. Car ce n’est pas seulement l’acte que l’on juge, mais la personne même, en réalité. Cela affirme, tout en se cachant derrière son petit doigt, que la personne est une anomalie.

Ce que vous pouvez répondre à une personne osant dire une horreur comem cela, c’est de poser la question : pensez-vous que c’est dans le plan de Dieu qu’il existe des personnes homosexuelles ? Cela laisse moins de place à l’hypocrisie (même s’il y a des champions dans ce domaine). La personne est alors souvent obligée de poser le masque. Si elle pense que ce n’est pas dans le plan de Dieu qu’il existe une personne homosexuelle, et qu’elle reconnaît que ce n’est pas le choix de la personne, alors ce serait quoi ? Une maladie ? Une possession par des démons ? Ce genre de discours est extrêmement traumatisant, blessant.

A mon avis, c’est plus l’homophobie qui est un problème, voire un péché (pour ceux qui aiment ce terme). Si une personne n’a pas de désir homosexuel, c’est tout à fait son droit évidemment, mais ce n’est pas une raison pour injurier gravement une autre personne en disant que « parce que tu n’es pas comme moi, tu es une anomalie par rapport à la volonté de Dieu » (c’est n’importe quoi).

par : pasteur Marc Pernot

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5 réponses

  1. Mike dit :

    Bonjour,
    Je reviens sur votre dernier paragraphe, celui concernant le divorce.
    Vous dites que le divorce peut être envisagé si cela permet de retrouver une vie stable, d’éviter de gâcher tout une vie de famille, de faire en sorte de comprendre ses erreurs pour pouvoir réussir sa prochaine union. .. mais pourquoi ne pas mettre toute cette énergie pour sauver son premier couple? Si à chaque fois on se réfugie derrière la possibilité de faire mieux la prochaine fois, on aura toujours cette envie d’aller vivre aulleurs à la moindre petite difficultés de couple. Fondamentalement je suis contre le divorce sauf dans des cas précis (violence, adultère à répétition etc).
    Quand nous avons un problème avec nos parents, est-ce pour autant qu’on en change? Alors oui les parents on ne les choisit pas…mais à plus forte raison quand on choisit son conjoint. Dieu vous donne des parents, c’est aussi lui qui met sur votre route votre femme ou votre mari.
    Je reprends vos propos:
    « On peut aussi essayer de le faire le moins défavorablement possible, avec humanité et respect, avec un travail sur soi pour reconnaître ses fautes, ses échecs afin d’en sortir grandi néanmoins. Alors, pourquoi pas refaire sa vie avec un(e) autre si c’est vraiment avec cette idée que maintenant, ce sera pour la vie toute entière et dans la fidélité. »
    Pourquoi ne pas avoir les mêmes propos pour la sauvegarde du mariage?
    J’attends avec impatience votre réponse.
    Bien cordialement,
    Mike.

    • Marc Pernot dit :

      Bonjour,
      Je pense, que dans la structure même de poser la question, nous sommes d’accord:

      1. Il existe des cas où la vie ensemble n’est plus possible, avec une situation morbide qui souvent se manifeste comme une spirale descendante, broyant les personnes. Bien sûr il y a les cas de violence, d’adultère, etc. Mais toutes les violences ne laissent pas des œdèmes et du sang, il y en a qui détruisent l’intérieur de la personne. Et là, choisir le divorce va dans le sens de la vie.
      2. Et il y a des divorces pour se distraire, pour continuer à jouer au lieu de construire, des divorces par manque d’engagement, de construction et d’efforts. Il y a des divorces parque que, comme on dit « changement d’herbage réjouit les veaux »… Et là, choisir le divorce est du côté de la mort. Et , d’accord avec vous, il est bon de choisir la vie en mettant toute son énergie à construire, reconstruire, dans la fidélité et la bienveillance.

      Je suis parfaitement d’accord avec ce schéma. Ensuite, il est très difficile de mettre au point une casuistique, une grille de critères permettant de décider objectivement si le couple est dans la situation 1 ou la situation 2 (sauf en cas de violence physique ou de torture psychique). Parfois il est plus aisé de voir clair de l’extérieur. Parfois c’est d’une témérité folle de donner son avis.

      Car si des cas sont clairement dans le cas 1 ou le 2, bien souvent on est à 1.2 ou 1.6 ou 1.8 ou dans un glissement insidieux… et le temps qui passe.

      C’est là qu’un éclairage et une force supplémentaire, venant d’amis fidèles, et venant de Dieu, sont très très précieux. Pour voir le plus lucidement possible, pour décider, et ensuite avancer le mieux possible.

  2. C dit :

    Bonjour,
    Tout d’abord, merci pour cet article, comme d’habitude très ouvert et intéressant. Mais une question subsiste :Vous dites que l’homosexualité n’est pas un péché (ce sur quoi je suis entièrement d’accord). Mais que répondriez-vous à une personne qui dirait que si l’homosexualité n’est pas un choix (et donc, pas un péché), le passage à l’acte (relations sexuelles, mise en couple) l’est lui, et est donc un péché ? Je ne sais jamais quoi répondre quand on me pose la question.

    • Marc Pernot dit :

      Je dirais que cette façon de parler est hypocrite. Sous des airs de « je ne vous juge pas » la personne l’est quand même gravement. En effet, si l’acte homosexuel était par principe un péché (même si c’est dans le cadre d’un couple stable, engagé, aimant et fidèle), cela veut dire que l’homosexualité serait en dehors du plan de Dieu. C’est un jugement terrible contre la personne. Car ce n’est pas seulement l’acte que l’on juge, mais la personne même, en réalité. Cela affirme, tout en se cachant derrière son petit doigt, que la personne est une anomalie.

      Ce que vous pouvez répondre à une personne osant dire une horreur comem cela, c’est de poser la question : pensez-vous que c’est dans le plan de Dieu qu’il existe des personnes homosexuelles ? Cela laisse moins de place à l’hypocrisie (même s’il y a des champions dans ce domaine). La personne est alors souvent obligée de poser le masque. Si elle pense que ce n’est pas dans le plan de Dieu qu’il existe une personne homosexuelle, et qu’elle reconnaît que ce n’est pas le choix de la personne, alors ce serait quoi ? Une maladie ? Une possession par des démons ? Ce genre de discours est extrêmement traumatisant, blessant.

      A mon avis, c’est plus l’homophobie qui est un problème, voire un péché (pour ceux qui aiment ce terme). Si une personne n’a pas de désir homosexuel, c’est tout à fait son droit évidemment, mais ce n’est pas une raison pour injurier gravement une autre personne en disant que « parce que tu n’es pas comme moi, tu es une anomalie par rapport à la volonté de Dieu » (c’est n’importe quoi).

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