J’aime beaucoup le boudin noir, mais Dieu déconseille de manger cela ?

illustration : peinture italienne du XVIIe

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonsoir , je m’adresse à vous par rapport à certaines choses que j’ai pu lire; d’après la bible, Dieu nous interdirait de manger le porc, plusieurs questions par à apport à la nourriture me perturbent, j’ai toujours été élevée en mangeant cette viande sans savoir que Dieu l’a déconseillée,.. par ex le boudin noir (le sang ) que j’aime beaucoup… pourriez-vous m’aider sur ce sujet ? Merci à vous bonne soirée que Dieu vous bénisse.

Amélie

Réponse d’un pasteur :

Chère Amélie

Bravo de chercher à suivre la volonté de Dieu.

C’est vrai que dans la première partie de notre Bible (la Bible Hébraïque) , il y a des commandements concernant les aliments, et bien d’autres commandements assez bizarres qui viennent du fond de l’antiquité. Il serait très difficile d’essayer de les respecter à la lettre, et heureusement que nous ne le faisons pas car certains sont assez épouvantables. Il y a des raisons à cela, mais votre question porte en particulier sur les commandements alimentaires, et c’est un bon exemple.

Pourquoi est-ce que la religion nous imposerait de manger ceci et d’éviter cela ? A quoi cela serait-il bon ? Dieu voudrait-il nous compliquer la vie ? Non. A mon avis, ces commandements religieux en ce qui concerne les aliments avaient simplement un intérêt pédagogique, afin de nous aider à penser à Dieu dans les actes simples de la vie quotidienne. L’idée de base qui est derrière tout cela est intéressante : comme pour être en bonne santé il n’est pas bon de manger n’importe quelle nourriture sans hygiène, sans équilibre et sans raisonnabilité :  ces règles alimentaires religieuses espéraient nous appeler à bien nourrir aussi notre pensée, notre foi, notre prière, notre cheminement… à les nourrir avec de bonnes nourritures spirituelles et pas avec n’importe quelle cochonnerie.

C’est donc a priori une bonne chose que ces règles alimentaires, à la base. Mais il ne faut pas non plus exagérer l’importance de ces commandements. Dieu s’intéresse à ce que nous avons dans le cœur, dans la tête, dans notre façon d’être, dans notre foi, notre façon d’avancer dans la vie. Par rapport à cela, le menu n’a aucune importance en lui-même. Comme si Dieu voulait nous empêcher de manger ce que nous aimons, du veau plutôt que du porc, par exemple, ou des épinards à la place des brocolis. Quand on aime vraiment quelqu’un on ne cherche pas à lui casser les pieds avec des choses comme cela.

Je dirais même que si l’on prend trop trop au sérieux ces commandements alimentaires il y a une difficulté : du point de vue de notre foi on risque alors de se concentrer sur les détails (la règle religieuse) et non sur l’essentiel (la foi, le cœur). Mais si l’on veut se donner des règles pour soi-même, comme un exercice pour travailler sa propre foi : c’est génial (tant que l’on ne les impose pas aux autres. Jésus conseille aussi de rester discret dans notre façon de pratiquer afin que ce soit vraiment libre et personnel, sincère.

L’important est plutôt de se donner les moyens de penser à Dieu, c’est ce que vous faites. De penser à lui dans notre vie quotidienne, et de ne pas vivre en faisant n’importe quoi. C’est le but de la religion, que ce soit le culte, les rites, ou les règles alimentaires pour ceux qui voudraient s’en donner.

C’est pourquoi, nous voyons Jésus être très souple sur ces commandements religieux (par exemple Matthieu 15:11). Dans le livre des Actes des apôtres, nous voyons que très vite les apôtres laissent la liberté aux personnes de suivre ou non ces commandements alimentaires (voir Actes 10 : la vision de Pierre et l’échange avec Corneille, ou Paul en 1Corinthiens 10:25).

Suivant Jésus, la foi chrétienne est ainsi bien plus centrée sur la confiance en Dieu que sur des règles religieuses impératives, avec des il faut faire ceci et surtout pas cela sinon Dieu sera très en colère etc.
Dieu nous aime : il ne nous veut que du bien, il n’a pas besoin de nous tester ou de nous imposer des épreuves. Ce qui compte c’est la relation à Dieu, aux autres, à notre propre vie. Par conséquent, si vous aimez le boudin noir aux pommes : Dieu espère et vous souhaite d’avoir régulièrement cette joie. Et si on a le bonheur de pouvoir partager cette joie ou offrir cette joie à une personne que l’on aime : c’est encore mieux. Si on la mange tout seul et que c’est une occasion de louange : c’est parfait aussi.

Pour ce qui est de s’entraîner à penser à Dieu souvent dans sa semaine, sa journée, on est libre de trouver des moyens pour s’y entraîner. Un petit temps de prière le matin et un petit temps le soir ? Une petite « action de grâce » silencieuse et intérieure, invisible pour ceux qui nous regarderaient, plaçant notre temps de repas dans la louange à Dieu et dans la pensée pour ceux qui manquent de nourriture ou d’amis ?

Bref : vraiment, surtout, rassurez vous, dans la confiance dans l’amour de Dieu pour vous en particulier.

Nourrissez votre âme, votre cœur et votre joie de cela. Nourrissez votre corps de choses saines et bonnes. Librement.

Amitiés fraternelles

par : pasteur Marc Pernot

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