
Manger du boudin noir : Dieu l’interdit-il vraiment ?
Faut-il suivre les interdits alimentaires bibliques, comme celui visant le sang ou le porc ? Un pasteur explique pourquoi ces règles avaient un sens pédagogique dans l'Antiquité, et pourquoi Jésus et les apôtres ont ouvert la liberté de conscience à ce sujet : ce qui compte pour Dieu, c'est le cœur, non le menu.
Question posée :
Bonsoir, je m’adresse à vous par rapport à certaines choses que j’ai pu lire ; d’après la Bible, Dieu nous interdirait de manger le porc. Plusieurs questions par rapport à la nourriture me perturbent : j’ai toujours été élevée en mangeant cette viande sans savoir que Dieu l’avait déconseillée… par exemple le boudin noir (le sang), que j’aime beaucoup… Pourriez-vous m’aider sur ce sujet ? Merci à vous, bonne soirée, que Dieu vous bénisse.
Amélie
Réponse d’un pasteur :
Chère Amélie,
Bravo de chercher à suivre la volonté de Dieu.
Des commandements alimentaires venus du fond de l’Antiquité
C’est vrai que dans la première partie de notre Bible (la Bible hébraïque), il y a des commandements concernant les aliments, et bien d’autres commandements assez étranges qui viennent du fond de l’Antiquité. Il serait très difficile d’essayer de les respecter à la lettre, et heureusement que nous ne le faisons pas, car certains sont assez épouvantables. Il y a des raisons à cela, mais votre question porte en particulier sur les commandements alimentaires, et c’est un bon exemple.
Un intérêt pédagogique : nourrir aussi notre foi
Pourquoi la religion nous imposerait-elle de manger ceci et d’éviter cela ? À quoi cela serait-il bon ? Dieu voudrait-il nous compliquer la vie ? Non. À mon avis, ces commandements religieux en ce qui concerne les aliments avaient simplement un intérêt pédagogique, afin de nous aider à penser à Dieu dans les actes simples de la vie quotidienne. L’idée de base qui est derrière tout cela est intéressante : de même que, pour être en bonne santé, il n’est pas bon de manger n’importe quelle nourriture sans hygiène, sans équilibre et sans raison, ces règles alimentaires religieuses espéraient nous appeler à bien nourrir aussi notre pensée, notre foi, notre prière, notre cheminement… à les nourrir avec de bonnes nourritures spirituelles, et non avec n’importe quelle cochonnerie.
Ce qui compte pour Dieu, c’est le cœur, pas le menu
C’est donc a priori une bonne chose que ces règles alimentaires existent, à la base. Mais il ne faut pas non plus exagérer l’importance de ces commandements. Dieu s’intéresse à ce que nous avons dans le cœur, dans la tête, dans notre façon d’être, dans notre foi, notre façon d’avancer dans la vie. Par rapport à cela, le menu n’a aucune importance en lui-même. Comme si Dieu voulait nous empêcher de manger ce que nous aimons, du veau plutôt que du porc, par exemple, ou des épinards à la place des brocolis. Quand on aime vraiment quelqu’un, on ne cherche pas à lui casser les pieds avec des choses comme cela.
Le risque de se focaliser sur la règle plutôt que sur l’essentiel
Je dirais même que si l’on prend trop au sérieux ces commandements alimentaires, il y a une difficulté : du point de vue de notre foi, on risque alors de se concentrer sur les détails (la règle religieuse) et non sur l’essentiel (la foi, le cœur). Mais si l’on veut se donner des règles pour soi-même, comme un exercice pour travailler sa propre foi, c’est génial (tant que l’on ne les impose pas aux autres). Jésus conseille aussi de rester discret dans notre façon de pratiquer, afin que ce soit vraiment libre, personnel et sincère.
L’important est plutôt de se donner les moyens de penser à Dieu, c’est ce que vous faites. De penser à lui dans notre vie quotidienne, et de ne pas vivre en faisant n’importe quoi. C’est le but de la religion, que ce soit le culte, les rites, ou les règles alimentaires pour ceux qui voudraient s’en donner.
Jésus et les apôtres : une liberté assumée face aux interdits alimentaires
C’est pourquoi nous voyons Jésus être très souple sur ces commandements religieux (par exemple Matthieu 15:11). Dans le livre des Actes des apôtres, nous voyons que très vite les apôtres laissent la liberté aux personnes de suivre ou non ces commandements alimentaires (voir Actes 10 : la vision de Pierre et l’échange avec Corneille, ou Paul en 1 Corinthiens 10:25).
À la suite de Jésus, la foi chrétienne est ainsi bien plus centrée sur la confiance en Dieu que sur des règles religieuses impératives, avec des « il faut faire ceci et surtout pas cela, sinon Dieu sera très en colère », etc.
La confiance en l’amour de Dieu, et la liberté de se nourrir dans la joie
Dieu nous aime : il ne nous veut que du bien, il n’a pas besoin de nous tester ou de nous imposer des épreuves. Ce qui compte, c’est la relation à Dieu, aux autres, à notre propre vie. Par conséquent, si vous aimez le boudin noir aux pommes, Dieu espère et vous souhaite d’avoir régulièrement cette joie. Et si on a le bonheur de pouvoir partager cette joie ou l’offrir à une personne que l’on aime, c’est encore mieux. Si on la mange tout seul et que c’est une occasion de louange, c’est parfait aussi.
Pour ce qui est de s’entraîner à penser à Dieu souvent dans sa semaine, sa journée, on est libre de trouver des moyens pour s’y entraîner. Un petit temps de prière le matin et un petit temps le soir ? Une petite « action de grâce » silencieuse et intérieure, invisible pour ceux qui nous regarderaient, plaçant notre temps de repas dans la louange à Dieu et dans la pensée pour ceux qui manquent de nourriture ou d’amis ?
Bref : vraiment, surtout, rassurez-vous, dans la confiance en l’amour de Dieu pour vous en particulier.
Nourrissez votre âme, votre cœur et votre joie de cela. Nourrissez votre corps de choses saines et bonnes. Librement.
Amitiés fraternelles
En écho à ce texte :
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c est bien protestant d opposer la realite du surnaturel et les reflexions sociologists de chercher le Christ historique et non l Etre surnaturel de Dieu
pas etonnant que la religion n ait plus cette force merveilleuse et vibrante et que les gens s eloignent
c est le triomphe ‘etique’ sur ce qui Est Bon
Il y a bien des façons de vivre sa foi. Chacun sa sensibilité.
Dieu vous bénit et vous accompagne