J’ai l’espérance de me tourner davantage vers l’amour du Christ : pouvez-vous m’aider ?

Par : pasteur Marc Pernot

illustration - by celynek https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/ http://www.flickr.com/photos/31431925@N06/2942449980

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Merci beaucoup pour les précieuses pistes de lecture des Actes des Apôtres 2 au cours du groupe biblique de mercredi soir à Saint-Eustache.

Dans une période de désert spirituel et psychologique, comme nous pouvons tous en connaître, j’ai un jour été bouleversée par ces mots de Paul : « … car quand je suis faible, c’est alors que je suis fort ». Pas de miracle, juste ces paroles révolutionnaires.

Depuis, Paul m’est comme un grand frère spirituel (surtout pas une idole) dont je ne comprends pas toujours les propos obscurs et virulents. Mais il est comme il est, tellement humain (avec un fichu caractère ! et des « casseroles » comme nous en traînons tous…), rempli et débordant de l’amour du Christ. C’est cette proximité dans son humanité qui m’a permis de reprendre ma route vers Jésus. Oui, depuis lors, tout est possible, dans les faiblesses, dans les angoisses, dans les bonheurs terrestres (aussi et heureusement) parce que dans « la foi, l’espérance et l’amour » du Christ.

Alors, je vais cahin-caha, comme mes frères, pas moins pas mieux mais tendue vers Lui (dans la prière -pas toujours facile-, dans la lecture de la Bible -aussi lumineuse qu’ « inintelligible »- dans les actes – alors là, je fais modestement du mieux que je peux et pas toujours… me « plantant » même parfois…). J’ai la certitude aujourd’hui que Jésus ne me demande pas de me fustiger. Je l’entends plutôt me dire « Allez, ne te décourage pas. Tout cela n’est pas grave. Relève-toi. Cet oiseau, cette fleur, cet ami, ce regard d’enfant ou de personne âgée peuvent t’y aider si tu les regardes. Ne te juge pas toi-même quand Dieu ne le fait pas. » (« Je l’entends me dire » ne signifiant bien sûr pas « toujours l’écouter »…).

C’est dans l’Espérance de me tourner chaque jour davantage vers l’amour du Christ, dans cet Essentiel (que les dogmes et les dorures de l’Église catholique ont dévalorisé -je ne sais pas si ce terme est bien choisi d’une part, d’autre part j’ai eu le grand bonheur de connaître des prêtres vrais « bons pasteurs ») que je désire me convertir au protestantisme libéral. J’ai conscience que liberté n’est pas facilité (bien au contraire). J’ai un réel besoin d’accompagnement pour préparer ma profession de foi que j’aimerais mûrir et approfondir de manière éclairée pendant l’année à venir (à partir du mois de septembre).

  • Un pasteur pourrait-il m’y aider ?
  • Comment un pasteur choisit-il les lectures du culte (il n’y a pas de calendrier liturgique n’est-ce pas ?)
  • Si j’ai le plaisir de vous rencontrer un jour, comment préférez-vous que l’on vous appelle : « Monsieur », « Monsieur le pasteur » ? (Peut-être cela vous semble-t-il futile mais entrer dans une communauté n’est pas si facile…)
  • Une dernière question dans ce long message (qui part dans tous les sens…) : pourquoi les chants sont-ils tristes alors que certains psaumes sont remplis d’amour et d’allégresse ?

Merci pour le temps que vous prenez pour nous lire et nous répondre. Quelle chance nous avons !
A bientôt,

Réponse d’un pasteur :

C Chère Madame

Bravo pour cet élan. C’est vraiment formidable. Et je sais l’énergie, le courage que cela demande.

Vous trouverez sur le site plein de ressources pour débuter (voir l’encadré « devenir protestante » sur la page d’accueil). En plus de ces pratiques de lecture de la Bible, de réflexion et de prière personnelles, si vous en aviez la possibilité il est assez favorable d’aller au culte de temps en temps, chacun à son rythme, c’est une des activités qui semblent nourrissantes pour la réflexion et la foi des participants (sans ce ce soit obligatoire, bien entendu).

Mais vous avez raison, rien ne vaut la relation directe et c’est tout à fait quelque chose d’habituel de rencontrer un pasteur pour accompagner cette démarche. Mon collègue James Woody & moi-même sommes à votre disposition, c’est quand vous voulez.

En octobre, commencera également une nouvelle session du cycle d’initiation à la théologie, en 6 soirées, que nous faisons deux fois par an et qui réunit en général de 20 à 30 personnes découvrant le protestantisme et/ou la foi chrétienne.

Pour répondre à vos autres questions :

Il existe des listes de lectures pour les cultes, qui sont élaborées de manière œcuménique. Mais c’est vrai que mon collègue et moi prenons la peine de chercher des textes qui nous semblent être plus adaptés, des textes moins connus, également. Car le calendrier liturgique fait revenir les mêmes textes tous les trois ans, est loin d’explorer l’ensemble de la Bible, et ne choisit pas les textes de l’ancien testament pour eux-mêmes mais uniquement pour induire un angle de lecture du texte de l’Evangile. Bref, cette liste de lecture n’est pas inintéressante, mais nous semble bien réductrice. Or, nous avons l’ambition, pour toute personne fréquentant l’église, qu’elle puisse avoir plus d’autonomie dans sa recherche.

On appelle un pasteur « monsieur le pasteur » (très solennel), ou « monsieur » (solennel), ou par son prénom (assez rapidement).

La forme du culte que j’aime personnellement est délibérément recueillie et « vintage » (mais d’autres personnes, d’autres pasteurs aiment des formes de cultes différentes, et c’est bien légitime) :

  • L’ambiance est recueillie, afin d’être comme un temps de pause, de calme et de paix, car c’est cela nous semble le plus favorable à l’épanouissement d’une réponse intérieure personnelle, plutôt que de « mettre l’ambiance », ce qui amène l’individu à être un peu manipulé par cette ambiance de foule.
  • Vintage, car chacun a besoin d’un pôle d’identité, de stabilité, d’enracinement. Nous préférons avoir une forme liturgique et des textes qui sont enracinés dans une fidélité aux générations passées, afin de chercher la nouveauté dans le fond théologique spirituel, existentiel, moral. Il est intéressant d’avancer, mais il n’est pas inutile de partir de ce qu’ont apporté les générations passées, et de monter ainsi sur les épaules des géants qui nous ont précédés, de sorte que la génération présente apporte un pas de plus. Il est assez facile d’observer que les églises qui cherchent une forme moderniste on souvent un fond réactionnaire. Il existe aussi des églises où le fond et la forme sont réactionnaires.

Avec mes amitiés
& mes remerciements pour vos encouragements

Marc

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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