J’aimerais savoir, pourquoi autant de confessions dans le christianisme ?

foule de personnes floues - Image parFree-Photos de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour! J’aimerai savoir, pourquoi autant de confession dans le christianisme ?
J’ai une hypothèse qui est la suivante: Jésus n’est pas venu ramener de religion, mais l’homme lui a besoin de cadres et de règles, ce qui explique que l’homme a inventé les diverses religions selon son interprétation. Qu’en pensez-vous?

D’ailleurs, j’ai laissé un commentaire sous le poste suivant: pourquoi le christianisme nous demande d’abandonner notre bon sens pour avoir la foi. Je me suis trompée croyant que c’était un lieu pour vous envoyez nos questions… j’aimerai que l’on efface mon commentaire, j’espère que vous comprenez, bien à vous

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Oui, Jésus n’est pas venu pour apporter une religion, mais pour nous libérer par la connaissance de l’amour de Dieu, motivant notre envie d’en vivre, et de vivre notre vie d’une belle façon.

Ensuite, c’est vrai que cela aide de chercher à quelques uns pour nous appuyer les uns sur les autres, et de bénéficier de leur éclairage, de nous compléter, de faire corps ensemble, d’apprendre à nous appuyer aussi sur les avancées des générations passées, en prendre et en laisser et ajouter notre pierre à l’édifice. C’est pour ça que de génération en génération, les chrétiens se rassemblent pour lire la Bible, faire de la théologie, chanter pour rendre gloire à Dieu.

A mon avis, c’est dommage que la religion devienne des cadres et des règles, mais c’est vrai que certaines personnes aiment cela, peut-être qu’elles ont l’impression que cela leur donne une sécurité.Normalement, en Christ, notre sécurité est fondée sur le fait qu’il nous aime et gardera son amour pour nous même si nous faisons un petit peu ou beaucoup n’importe quoi (il travaillera alors pour nous aider à guérir). Parfois aussi, ce sont des personnes qui veulent jouer au chef et qui arrivent à prendre des personnes sous leur pouvoir. Hélas. Parce que cela peut vraiment aliéner les personnes, réduire leur personnalité au lieu de l’épanouir… et se sentir en danger face à des personnes différentes, les écarter. Ce n’est certes pas ce que veut Dieu. En tout cas si l’on regarde comment le Christ vivait.

C’est ainsi que le mot même de « religion » a, parait-il, deux étymologies possibles : cela viendrait de « règle », ou de « relier ». Je pense que la religion devrait être plutôt « relier » : relier à Dieu pour se relier avec les autres, dans le respect du fait que chaque personne est unique. Se relier aux autres afin de mieux se relier personnellement à Dieu. Et se relier à soi-même en vérité : unifier son être, arriver à mieux se connaître et s’aimer, se recentrer sur ce cœur du cœur de notre être profond, où quelque chose de Dieu anime notre personnalité profonde. Alors, une religion est belle et utile, elle est féconde.

Je trouve normal qu’il y ait de multiples religions, et de multiples confessions chrétiennes. C’est un petit peu comme des langues, chacun à la sienne et a des raisons de l’aimer. Ou comme des sports différents : qui a raison, celui qui aime le foot ou celui qui aime l’escalade en montagne ? Chacun sa sensibilité. Un exercice fera du bien à une personne et casserait une autre ? Pour la religion : la bonne religion pour une personne, ce sont des exercices personnes et des exercices collectifs bien choisis, au rythme adapté, de sorte que la personne évolue positivement : est plus et mieux en relation avec Dieu, plus en mieux en relation avec les autres, et plus et mieux en relation avec soi-même. Pour cela, il convient d’adapter soi-même, d’évoluer.

Pour moi, personnellement, ce qui me convient est la foi chrétienne, avec une sensibilité mettant en articulation de la réflexion théologique, et de la prière personnelle, cela librement et en confiance dans l’amour de Dieu, et dans l’émerveillement devant ce qu’il y a de beau dans le monde et dans l’humain, et dans la vie, dans chaque journée. Réflexion et prière. Prière et réflexion. L’un nourrissant l’autre et évitant aussi les dérives possible de l’autre s’il restait seul. Cela me semble génial. Et c’est ce à quoi ouvre l’Evangile du Christ. Si quelqu’un préfère une autre religion, ou une autre façon de vivre sa foi chrétienne, il a sans doute ses raisons, et je ne vais pas me battre. Mais pour moi, c’est la foi chrétienne, avec une façon de la vivre : libre, aimée, joyeuse, responsable.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Si vous voulez, vous pouvez voir aussi, dans le petit dictionnaire de théologie :

Print Friendly, PDF & Email

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *