27 avril 2026

Jeune ghomme semblant songeur (illustration) - Image: 'IMG_5356-1-4' http://www.flickr.com/photos/48815372@N07/31748681760 Found on flickrcc.net
Ethique

Prisonnier d’une addiction sexuelle : Dieu peut-il encore me pardonner ?

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Un homme chrétien depuis peu confie sa honte et son désespoir face à une addiction aux escortes, avec des pensées suicidaires et la peur d’un pardon impossible. Le pasteur Marc Pernot répond avec une vision de Dieu qui ne condamne pas, mais accompagne — et propose une piste concrète pour avancer, inspirée d’une parabole de Jésus.


La question

Monsieur le Pasteur,
Chrétien depuis peu, je suis plongé dans un profond désespoir. Je multiplie les recours à des escortes (22 fois en deux ans), un péché de fornication que je vis comme une horreur impardonnable. Malgré mes efforts en développement personnel et ma foi naissante, je n’arrive pas à briser ces chaînes, nées d’un complexe lié au regard des autres.
Aujourd’hui, je ressens un tel dégoût de moi-même et une telle peur de l’Enfer que j’ai des idées suicidaires. Je suis suivi pour des troubles psychiques et ma sexologue minimise la situation, alors que je sens que ce comportement détruit mon esprit.
Je me sens prisonnier du mal. Dieu peut-il encore me pardonner ou suis-je définitivement perdu ?

La réponse du pasteur Marc Pernot

Cher Monsieur,

Je comprends votre souffrance, toute addiction est difficile à surmonter : c’est la définition même d’une addiction. Il n’y a donc pas de honte à avoir du mal à s’en sortir, c’est comme cela pour le sexe, pour la cigarette, l’alcool, le portable…

Il n’y a pas une seule seconde le risque de fâcher Dieu, d’abord parce que Dieu est infâchable comme le diamant est inoxydable, par nature. Dieu est amour, donc il vous aime et quand on aime on comprend la personne qu’on aime, et on la garde dans son cœur et on est à ses côtés pour lutter contre ses difficultés.

Par ailleurs, coucher avec une escort n’est pas comme agresser et violer une personne, quand même ! Je suppose que c’est entre adultes consentants qui savent tous les deux pourquoi ils sont là (il existe aussi le risque que ce soit une personne prostituée contre son consentement, c’est alors effectivement une peine infinie pour elle).

En ce qui vous concerne, le problème est que ce n’est pas génial comme relation, cela ne construit pas une vraie relation de qualité, d’où le sentiment d’insatisfaction. Par ailleurs, l’addiction vous prive d’une authenticité, d’une union avec vous-mêmes, mais ce n’est effectivement pas en termes d’horrible péché que je qualifierais la situation, je dirais que le problème est plutôt une addiction dans laquelle vous êtes tombé et dont vous souhaitez vous guérir : c’est une bonne idée de chercher à vous libérer. Le second problème est que cela contrarie votre propre conscience, et que ce n’est jamais bon de vivre contre sa conscience.

Concrètement, comment avancer ?

Je pense à cette parabole que raconte Jésus : « Lorsque l’esprit impur est sorti d’un homme, il va par des lieux arides, cherchant du repos, et il n’en trouve point. Alors il dit : « Je retournerai dans ma maison d’où je suis sorti » ; et, quand il arrive, il la trouve vide, balayée et ornée. Il s’en va, et il prend avec lui sept autres esprits plus méchants que lui ; ils entrent dans la maison, s’y établissent, et la dernière condition de cet homme est pire que la première. » (Matthieu 12:43-45).

L’avantage de ces histoires que Jésus raconte est qu’on peut les adapter aux circonstances de notre propre vie.

Jésus ne condamne pas celui qui lutte contre ses démons

On remarque d’abord que Jésus n’a jamais condamné une personne qui a son ou ses démons. Bien sûr.

Ensuite, ces « démons » ne sont pas des sortes de créatures qui viendraient nous infester, « démon » est le mot pour désigner ce qui vit en nous comme malgré nous, et qui nous empoisonne la vie.

Ce que dit Jésus ici correspond assez bien, je trouve, à ce que vous décrivez : j’essaye de chasser mon addiction et elle revient, et peut-être même qu’elle s’empire.

Chasser ses démons en remplissant sa vie de bonnes choses

Comment faire alors ? Je dirais qu’il vaut mieux chasser nos démons en ajoutant de bonnes choses, du bon esprit, et que cela va encombrer le démon, cela le poussera dehors sans qu’il y ait de la place lui permettant de revenir. C’est ce que je vous conseillerais : par exemple vous investir dans des actions utiles et belles de service : dans la paroisse ou au Restau du Cœur, dans du soutien scolaire, de l’aide aux personnes âgées, devenir chef scout, trouver quelque chose d’utile et propre à vous passionner. C’est très enrichissant, et en plus c’est utile.

Dieu est d’une grande aide, aussi, il lutte à vos côtés. Ensemble, lui et vous, allez avancer.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

pasteur Marc Pernot

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