Dans le « Notre Père », que signifie le …que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel… ?

Par : pasteur Marc Pernot

coucher de soleil en montagne - Image par Dan Fador de Pixabay

Question d’un visiteur :

Bonjour Marc ,

C’est toujours avec un grand plaisir que j’écoute et que je lis vos messages du dimanche. Merci pour cette fin de message illustrant bien cette semaine d’œcuménisme que nous vivons . « puisqu’il y a une seule source, nous avons tous la même ».

J’ai aussi relevé « Ce « Mon Dieu, j’ai fait ce que j’ai pu avec ce petit geste, je te confie la suite» qui m’a fait penser à une parole de Mère Theresa. « Je fais simplement tout ce que je peux faire…le reste n’est pas de mon ressort. »

J’ai aussi une remarque-question suite à l’écoute du passage « Vivre la joie parfaite, délivrée du mal, en ce monde. » vous avez rajouté à l’écrit pour que la volonté de Dieu soit faite les mots dits : comme elle l’est au ciel.

Question : dans Le Notre Père , le …que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel … le comme Kai est-il un comparatif ou un additif ? Le désordre est-il sur terre et aussi dans les cieux ?

Une belle semaine

Que Dieu nous accompagne en cette nouvelle année

Réponse d’un pasteur :

Cher Philippe

Merci pour la belle citation de Mère Térésa.

Vous avez raison, il y a bien des façons de comprendre ce « sur la terre comme au ciel ». En particulier parce qu’il n’y a pas seulement un « kai » mais deux conjonctions : à la fois un ὡς (comme) puis un καί (et) = « comme au ciel et sur la terre ».

Il me semble que ce petit bout de phrase fait l’articulation entre les demandes pour Dieu (les trois premières) et les demandes pour « nous » (les 4 dernières). Ce petit bout de phrase se trouve donc au cœur de l’ensemble de la prière, à l’articulation entre les deux. Cela le met en valeur comme le point clef, le principe même de l’ensemble de cette prière (et de la prière en général, d’ailleurs).

Seulement la traduction habituelle est très mauvaise. Pourquoi avoir inversé en mettant la terre en premier ? C’est très dommage. Précisément, ce que dit ce petit bout de phrase clef c’est cette projection, cette descente du ciel vers la terre. C’est un point tout à fait essentiel de l’événement du Christ. C’est l’incarnation : la parole devient chair (Jean 1), c’est la descente du Christ, c’est Dieu qui crée l’humain à son image, c’est l’Emmanuel « Dieu avec nous ». C’est une bonne nouvelle, car nous n’avons pas à monter de la terre au ciel pour être aidé par lui, ou seulement considéré comme aimable. Nous n’avons pas à monter au ciel par nos seuls efforts pour être sage, Dieu vient à nous et sa Parole descend du ciel vers la terre comme le dit déjà Moïse nous n’avons pas à dire « Qui montera pour nous au ciel et ira nous le chercher? » (Deutéronome 30:12), « c’est une chose, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton coeur ».

Ce petit bout de phrase ne concerne pas seulement la volonté de Dieu, mais les 7 demandes : la sanctification de Dieu, sa capacité à agir, sa volonté : que cela puisse : que cela qui est « au ciel » (dans le spirituel, dans l’idéal, dans la foi), que cela s’incarne en ce monde, certes. et les autres demandes, qui sont dans l’espérance de Dieu (au ciel) pour chacune et chacun, s’incarne aussi dans la réalité de ce monde, et que personne ne soit oublié.

Notre existence humaine s’inscrit précisément dans cette tension, dans cette incarnation « comme au ciel, et aussi sur terre », c’est pourquoi la prière est tellement essentielle.

Votre écoute attentive et remarques sont un grand encouragement pour moi !

Dieu vous bénit et vous accompagne

Marc

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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