Dans l’Ancien Testament, pourquoi autant de violence et d’inceste ?

illustration - foudre - http://www.flickr.com/photos/24030845@N07/3567635422

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour mon père , je vous envoie encore une question .

J’ai commencé à lire l’ancien testament après avoir lu le nouveau testament et j’avoue que je suis très troublée. J’ai seulement lue la genèse ,mais pourquoi il y a autant de violence et d’inceste ?

Pouvez vous m’éclairer sur pourquoi autant de différences entre l’ancien et le nouveau testament ?

Merci et bonne journée!

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Stéphanie,

Oui, ces textes ne sont pas toujours facile à lire. Bravo d’avoir commencé par les évangiles, car bien des personnes pleines de bonne volonté commencent à lire la Bible par la Genèse et sont découragées. Bravo d’être choquée car cela prouve que vous avez de l’idéal.

Je suis bien d’accord avec vous, il y a effectivement pas mal de violences et d’horreurs dans la Bible.

on peut y voir le reflet de notre propre monde, cette violence et ces horreurs sont une composante de ce que nous vivons. Qu’elles soient présentes ne veut pas dire qu’on doive les approuver. Le point fixe pour nous est effectivement la théologie, l’idéal de vie, et la foi du Christ. Et nous lisons l’Ancien Testament avec cette clé d’interprétation là. Nous faisant lire comme vous, devant tel ou tel passage : Ah non, ça non ! Cela veut dire que la Bible n’est pas un livre d’histoires bien morales et que les personnages de la Bible ne sont pas des exemples à suivre, comme les saints dans les histoires pieuses.

Comment les lire et en tirer quelque chose de ces histoires ?

  • Les personnages et les situations ne sont pas morales, pas toujours corrects. Ils sont donc à prendre non comme des modèles mais comme des situations faites pour réfléchir, pour nous poser des questions, et donc nous indigner. Effectivement. Ou pour admirer, cela arrive aussi. Bref, cela nous invite à nous poser des questions, à réfléchir, à faire preuve de discernement, et à garder le meilleur. Comme dans la vraie vie, mais nous avons là des exercices intéressants.
  • Par ailleurs, bien souvent, ces textes sont intéressants pour leur sens figuré. La mort du méchant n’est pas à prendre comme la mort d’une personne, mais comme la fin de la méchanceté, celle du monde et la nôtre, la fin de ce qui nous tue, qui nous fait souffrir, nous tire vers le bas.

Voir éventuellement ces explications :

Par exemple, j’ai essayé de relever le défi de passages les plus incompréhensibles et choquants de la Genèse dans ces prédications :

Mais si un texte nous semble horrible ce n’est pas grave. La question n’est pas d’être d’accord avec tout, comme si la Bible était un livre de réponses. Il vaut mieux l’utiliser comme un livre de questions posées sur Dieu, sur le monde et sur nous-mêmes, sur l’idéal de justice et de bonté. Et apporter notre propre réponse, en lien avec notre sensibilité, notre foi, notre expérience de Dieu, l’évolution de notre pensée théologique et éthique. Et si nous ne voyons pas que tirer d’intéressant de tel passage, ce n’est pas grave, il suffit de passer. C’est comme dans le supermarché quand on passe devant un rayon qui ne nous intéresse pas, peut-être qu’il nous intéressera une autre fois, ou pas, ou peut-être intéressera-t-il d’autres personnes.

Avec mes amitiés fraternelles

par : pasteur Marc Pernot

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