Psaume 85 « Tu as aimé, Éternel, cette terre… »

Par : pasteur Marc Pernot

une personne assise au sommet d'une montagne contemple le panorama - Image par StockSnap de Pixabay

Psaume 85

Tu as aimé, Éternel, cette terre
Tu as fait revenir les déportés de Jacob
Tu as ôté le péché de ton peuple
Tu as couvert toute sa faute
Tu as mis fin à toutes tes colères
Tu es revenu de ta grande fureur.
Fais-nous revenir, Dieu notre salut  !
Oublie ton ressentiment contre nous
Seras-tu toujours irrité contre nous  ?
Maintiendras-tu ta colère pour toujours  ?
N’est-ce pas toi qui reviendras nous faire vivre
et qui seras la joie de ton peuple  ?
Fais-nous voir, Seigneur, ton Amour
et donne-nous ton Salut  !
J’écoute : Que dira l’Éternel Dieu  ?
Ce qu’il dit c’est la paix pour son peuple et ses fidèles
qu’ils ne reviennent jamais à leur folie  !
son salut est proche de ceux qui le cherchent
et la gloire habitera notre terre.
Amour et Fidélité se rencontrent
Justice et Paix s’embrassent
la Fidélité germera de la terre
et du ciel se penchera la Justice.
L’Éternel donnera aussi le bonheur
et notre terre donnera son fruit.
La Justice marchera devant lui
et ses pas traceront le chemin.

 

Quelques remarques

  • Dans la traduction grecque de la Bible hébraïque, ce Psaume porte le N°84.
  • Ce Psaume 85 évoque donc un salut ancien, appris des générations passées, et il nous invite à nous réjouir et à espérer un salut spirituel, existentiel et moral que Dieu nous a donné à nous aussi et qu’il peut donner aujourd’hui encore. Nous ne sommes pas encore complètement développé, nous sommes perdu loin de nous-mêmes, loin de Dieu et loin des autres. Dieu nous a pardonné, il nous recherche, il nous porte, nous ramène d’exil.
  • Ces quatre valeurs, quatre façon d’être sont ici mises au centre, comme quatre colonnes qui formeraient le Temple de notre être :
    • L’amour se recherche en se laissant aimer par Dieu, en se laissant construire par sa grâce, par cet amour qui est sans limites ni conditions. Cet amour dont parle la Bible, ce n’est pas forcément avoir de la sympathie pour l’autre, ni même de l’admiration, mais c’est au moins voir les autres, c’est les reconnaître comme dignes d’exister et d’être heureux, eux aussi, et peut-être contribuer un peu à ce bonheur. Seul un amour que nous recevons sans le mériter vraiment nous permet d’aimer un peu ainsi à notre tour. C’est pourquoi, il est si utile de s’ouvrir à la grâce de Dieu pour avancer dans cette façon d’être.
    • La Vérité, ou la Fidélité puisqu’il y a un seul mot pour dire les deux en hébreu. L’essentiel n’est pas la vérité au sens des dogmes ou des faits, mais c’est la relation vraie, la fidélité qui permet à l’autre de compter sur nous, qui permet à l’autre de savoir où il va quand il est en relation avec nous. Cette 2e colonne rejoint l’amour et forme avec lui une voûte solide du temple de notre être. Il peut arriver qu’à un moment donné, le sol tremble : nous ne croyons plus en Dieu ou nous en avons marre de lui, être fidèle c’est continuer à nous tourner vers lui comme avant, par principe, par choix. Peut-être qu’un jour nous ne croyons plus en une personne, ou même que nous ne croyons plus personne, que nous sommes las d’aimer, de pardonner… être fidèle c’est continuer à aller vers cette personne, vers les gens. La fidélité, nous dit le psaume, germe de la terre, elle est une graine que Dieu sème, et qui germe dans le cœur de celui qui s’ouvre à lui avec simplicité, comme le dit Paul.
    • La Justice : c’est la façon dont Dieu nous regarde, nous dit le Psaume, et c’est la façon dont il marche. La justice, c’est la façon dont Dieu regarde les autres et la façon dont il avance lui-même qu’il nous propose de vivre aussi, à notre mesure. La justice, comme on le voit dans ce Psaume, c’est de calmer sa colère, c’est de pardonner, de sauver l’autre alors même qu’il retourne sans cesse à ses folies, la justice c’est de vouloir libérer l’autre, le rendre à lui-même. La justice, c’est d’aimer, c’est d’être fidèle même unilatéralement, c’est de vouloir la paix et d’offrir le bonheur… Voilà le Dieu que révèle la Bible, voilà ce qu’est la justice de Dieu. Une justice qui n’est pas équitable mais généreuse, surabondante, qui ne désespère jamais de personne.
    • La Paix que Dieu propose à l’homme mais qui n’est possible que si l’homme ne retourne pas à cette folie que le psaume appelle littéralement la seule “ confiance en soi ”, un recroquevillement sur soi-même qui est le contraire de l’amour, de la fidélité et de la justice. La Paix ne s’impose pas, évidemment, Dieu ne la tend pas du ciel comme la justice, il ne la sème pas comme la fidélité, il ne la transmet pas comme l’amour. La Paix se demande à l’autre. Je vous en supplie, nous dit Paul, soyez réconciliés avec Dieu. Telle est la prière que Dieu nous adresse humblement, avec une incroyable simplicité.

 

 

Si vous le désiriez, voici d’autres Psaumes aidant à prier, et quelques pistes d’appropriation de ces textes.

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