Mythes Bibliques 3/4 : L’humain-Dieu, une éternelle tentation ou une réalité à vivre ?

Conférence par Marc Pernot, Jeudi 30 septembre à l’Espace Madeleine (Genève)

Voir

La vidéo 

La présentation

 

L’homme-Dieu ou l’humain qui se prend pour Dieu ?  Une éternelle tentation, ou une réalité à vivre ?

  • La Bible est pleine d’une extraordinaire ambition pour la personne humaine, dès sa première page, elle dit que l’humain est créé à l’image de Dieu, créateur, co-créateur. L’humain à la fois mâle et femelle ce qui est extraordinaire dans le contexte de l’époque. Et tout de suite, la Bible raconte le risque fondamental qui consiste à se prendre soi-même pour Dieu.
  • Cette ambition et ce risque sont d’une actualité brûlante (c’est le cas de le dire), en mesurant à la fois le génie créateur de l’humanité et le risque d’une folie où nous risquons bien de tout faire exploser… Science sans conscience pose souvent quelques inconvénients.
  • Nous avons là, un troisième grand mythe, immense et essentiel : celui de l’homme-Dieu. Il ne s’agit pas d’un événement se situant à une certaine époque dans la chronologie de l’histoire, mais concerne chaque génération, chaque personne, homme comme femme. Nous sommes cette créature-là : à la fois fille de l’humanité et fille de Dieu, à la fois humaine et divine par certains côtés, oubliant parfois son côté humain, parfois son côté divin.
  • La Bible creuse encore cette question avec le récit des fils d’Adam et Ève: Caïn et Abel. Caïn évoque la force, la production (il est agriculteur, faisant violence à la terre pour produire des fruits). Abel évoque notre dimension spirituelle. Il est berger, exerçant ainsi la compassion, le soin des plus faibles, la tendresse. Nous sommes les deux. Adam et Eve ne s’occupent de rien, laissent les choses suivre leur cours et Caïn va tuer Abel : l’animal, notre dimension de production va tuer notre dimension spirituelle, l’amour et la tendresse. Comme le dit Rabelais « science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (Pantagruel).
  • Or, nous sommes un être à la fois de chair et de souffle, nous avons besoin à la fois de Caïn et d’Abel. La suite de la Genèse explore comment réconcilier ces deux dimensions, le corps et l’Esprit, l’efficacité et la spiritualité, produire des fruits et avoir de bons liens avec les autres.
  • La suite chrétienne de la Bible hébraïque développe la figure du Christ à partir de la personne historique de Jésus de Nazareth.  Christ est une personne à la fois humaine et divine, source de salut pour les humains, ayant une puissance sur le chaos comme Dieu au début de la Genèse : il calme la tempête et marche sur l’eau. Cela parle de nous, humains, et de notre pouvoir divin de création, de résilience.

Textes abordés :

  • Genèse 1, Genèse 2 : création de l’humain. Genèse 3 : l’humain se prend pour Dieu. Genèse 4 : Caïn et Abel. Genèse 25 : Ésaü et Jacob.
  • Psaumes et prophètes : l’humain divin dans la Bible hébraïque, le Messie.
  • Évangile selon Jean 1:1-18 (la création de l’humain comme enfant de Dieu, pas seulement enfant de la terre et du sang).
  • Évangile selon Luc 1:26-38 (conception miraculeuse du Christ), Luc 3:22 (engendrement par Dieu à son baptême), Matthieu 26:64 (assis à la droite de Dieu et venant sur les nuées du Ciel).
  • Évangile selon Marc 4 : Jésus calme la tempête, Jean 6 : Jésus marche sur l’eau.

Ensemble des conférences de ce cycle :

  1. L’origine du monde : Voir ici 
    Jeudi 16 septembre
  2. Faire un peuple : Voir ici
    Jeudi 23 septembre
  3. L’homme-Dieu : vous y êtes
    Jeudi 30 septembre
  4. La fin du monde : Jeudi 7 octobre de 12:30 à 13:30
    En définitive, qu’est-ce qui reste ? Quelle finalité nous donner ? (en lire plus…)

 

Print Friendly, PDF & Email

3 réponses

  1. Pascale dit :

    Une fois de plus, merci pour la mise à disposition de ces conférences, qu’on écoute toujours avec bonheur. Celle-ci m’a particulièrement enthousiasmée, notamment avec cette affirmation forte qu’un quelconque dénigrement des plaisirs n’est pas une pensée biblique et que l’essentiel est dans l’équilibre entre nos différentes aspirations. Lorsqu’on voit les préoccupations de bien des personnes qui s’expriment ici, ce n’est de loin pas évident pour tout le monde.
    Dans un tout autre registre, si je peux me permettre un peu d’humour (encore un plaisir qu’il ne faut pas négliger) et si je peux me permettre un lien dans un commentaire, voici une version moderne et revisitée du mythe d’Adam et Eve :
    http://protestantsdanslaville.org/gilles-castelnau-libres-opinions/gl1575.htm

    • biduline dit :

      pour qui a un peu « touché » à l’informatique dans sa vie, ce trait de genèse revisité est excellent ! Je ne ris pas tous les jours alors merci Pascale ! ;-)))

    • Jean-Luc Matthieu dit :

      Oui merci beaucoup pour ce nouveau mythe 😉

      Comme pour les manuscrits bibliques, certains copistes peuvent proposer des variantes, ou des petits targums.
      Pour l’épilogue, un manuscrit découvert récemment dans une grotte dans le désert de Judée proposait quelque chose qui pourrait se traduire en français comme :
      « Alors il créa l’histoire de la Pomme croquée pour narguer Bill. Et la marque à la Pomme croquée concurrença Windows. »

      Le ou les « Textus Receptus » ou « Greek New Testament » de référence en seraient-il rendus pluriels mais cohérents, si pour certains versets de chaque histoire nous avions plusieurs variantes historiques attestées et pouvant influencer, enrichir et diversifier au moins un peu l’interprétation, de même que nous avons quatre évangiles dans le canon biblique ? Question vertigineuse.

      Merci !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *