🎄Une courte histoire des fĂȘtes chrĂ©tiennes, et en particulier de NoĂ«l – Pour une aube

Par : pasteur Marc Pernot

aube en montagne - Image par RÜƞTÜ BOZKUƞ de Pixabay

Aube de NoĂ«l, aube PĂąques, aube d’un dimanche matin ? Une aube sur notre vie ?

Le « jour du Seigneur »

Dans les premiers siĂšcles du christianisme, la fĂȘte chrĂ©tienne, la seule fĂȘte, Ă©tait le dimanche. C’est « le jour du Seigneur », comme on peut le voir dans les Actes des apĂŽtres et les lettres de Paul. Chaque dimanche Ă©tait destinĂ© Ă  cĂ©lĂ©brer la rĂ©surrection du Christ, c’est-Ă -dire Ă  replacer au centre de la vie le fait que le Christ est « avec nous tous les jours jusqu’Ă  la fin du monde » (Matthieu 28:20). Le dimanche Ă©tant « le premier jour de la semaine », il rappelle qu’une vie nouvelle nous est donnĂ©e en Christ. Il est appelĂ© Ă©galement le 8e jour, pour rappeler qu’en Christ une nouvelle crĂ©ation apparaĂźt, au-delĂ  des 7 jours de la semaine qui Ă©voquent le temps de ce monde.

PĂąque / PĂąques – Dieu nous donne la vie et la libertĂ©

Les premiers chrĂ©tiens continuaient Ă  fĂȘter les fĂȘtes juives. Mais mĂȘme parmi les chrĂ©tiens d’origine paĂŻenne, on a commencĂ© assez tĂŽt (dĂšs le IIe siĂšcle) Ă  fĂȘter le Christ le premier dimanche aprĂšs la PĂąque juive. En effet, cette principale fĂȘte a une importante place dans la Bible hĂ©braĂŻque, elle rappelle que, comme Dieu a libĂ©rĂ© son peuple d’Égypte, son projet est de libĂ©rer chacune et chacun et mĂȘme l’humanitĂ© en tant que peuple. A l’origine, c’Ă©tait une fĂȘte du printemps et des toutes premiĂšres rĂ©coltes. La fĂȘte chrĂ©tienne de PĂąques reprend cette idĂ©e de libĂ©ration et de vie donnĂ©e en Christ. Par la force de l’amour de Dieu il nous libĂšre de la mort, du pĂ©chĂ©, de la peur de Dieu et de la peur des autres… Chaque dimanche est, pour la plupart des chrĂ©tiens, une façon de remercier Dieu pour cela et poursuivre encore ce cheminement.

PentecĂŽte – Dieu nous donne sa Parole

Le calendrier des fĂȘtes s’est ensuite enrichi d’autres fĂȘtes, d’abord la PentecĂŽte. C’est Ă©galement une interprĂ©tation chrĂ©tienne d’une fĂȘte juive, la fĂȘte du don de la Torah ou « fĂȘte des semaines », 50 jours aprĂšs PĂąques. En Christ, chaque personne reçoit directement de Dieu sa Parole, c’est pour cela que nous fĂȘtons Dieu avec cette fĂȘte de la PentecĂŽte.

NoĂ«l – Dieu nous donne la lumiĂšre

Pour NoĂ«l, il faudra attendre bien plus longtemps dans l’histoire. NoĂ«l a vraisemblablement Ă©tĂ© fĂȘtĂ© pour la toute premiĂšre fois le 25 dĂ©cembre 336, Ă  Rome. Cette façon de cĂ©lĂ©brer la venue du Christ dans le monde va ensuite progressivement se rĂ©pandre dans l’empire romain d’occident, puis en orient vers la fin du IVe siĂšcle.

Cette fĂȘte a pour les premiers chrĂ©tiens une origine romaine, c’Ă©tait une fĂȘte qui cĂ©lĂ©brait « la naissance du soleil ». Mais cette fĂȘte repose sur un Ă©vĂ©nement bien repĂ©rable qui intervient chaque annĂ©e Ă  cette Ă©poque : le solstice d’hiver est le jour le plus court de l’annĂ©e, et Ă  partir de ce moment les jours s’allongent progressivement. Dans bien des cultures du monde, un peu partout et depuis des milliers et des milliers d’annĂ©es, ce jour a Ă©tĂ© repĂ©rĂ© comme spĂ©cial est est une occasion de faire la fĂȘte et d’honorer son Dieu ou ses dieux. Pour les romains aussi c’Ă©tait dĂ©jĂ  une occasion de se rĂ©jouir, de s’offrir des cadeaux et d’illuminer les maisons et la ville. Les premiers chrĂ©tiens ont trouvĂ© que le symbole Ă©tait intĂ©ressant pour dire notre salut en Christ. Cette lumiĂšre qui augmente chaque jour Ă  partir du solstice d’hiver nous rappelle les pages de l’Évangile oĂč le Christ est appelĂ© la lumiĂšre du monde venant nous apporter la lumiĂšre (Jean 1), Et la fĂȘte fraternelle que semblaient avoir les Romains Ă  cette occasion va bien avec le message du Christ.

NoĂ«l – fĂȘte de JĂ©sus comme fils de Dieu, notre frĂšre

On sait que JĂ©sus de Nazareth est nĂ© approximativement en -6 (le dĂ©but de notre Ăšre a Ă©tĂ© fixĂ© par erreur un petit peu en retard). Mais on ne connaĂźt pas le jour de l’annĂ©e. D’ailleurs, avant d’ĂȘtre fĂȘtĂ©e le 25 dĂ©cembre, la naissance de JĂ©sus Ă©tait plutĂŽt cĂ©lĂ©brĂ©e le 6 janvier, oĂč l’on fĂȘtait Ă  la fois la naissance de JĂ©sus et son baptĂȘme. C’est assez logique puisque c’est Ă  cette occasion qu’il est dĂ©signĂ© par « une voix du ciel » comme Fils de Dieu (Luc 3:22), selon certains textes cette voix dit mĂȘme qu’il est engendrĂ© (comme fils de Dieu) ce jour lĂ . C’est vrai que c’est Ă  partir de cet Ă©vĂ©nement qu’il va commencer Ă  exercer ce mĂ©tier trĂšs spĂ©cial qui consiste Ă  ĂȘtre Christ, pour sauver les humain.

Faire la fĂȘte = il est bon de se rĂ©jouir, remercier Dieu, Ă©changer avec d’autres

Alors, 25 dĂ©cembre, 6 janvier, ou chaque dimanche? Toutes les occasions sont bonnes pour remercier Dieu, chanter ses louanges, faire un pas de plus dans la foi du Christ. Et de vivre cela, si possible, avec d’autres personnes est trĂšs prĂ©cieux.

Un beau symbole aussi de se faire des cadeaux, de faire la fĂȘte avec ceux que l’on aime. Symbole des dons de Dieu, et de son espĂ©rance que nous formions un corps oĂč chacun a sa place, attachĂ© aux autres.

Un bon symbole peut ĂȘtre puissant pour nous rappeler quelque chose d’essentiel et d’invisible. Le risque est que plus un symbole devient puissant, plus il a tendance Ă  nous faire oublier que son sens Ă©tait de renvoyer Ă  plus important que lui.

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