Proclamation de la grâce

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Par : pasteur Marc Pernot

Célébrer.ch vient de se donner un tout nouveau tout beau site internet. Dans celui-ci, une nouvelle section est consacrée au culte de manière générale et à la liturgie. L’équipe de rédaction a demandé à quelques théologiens de Suisse Romande d’écrire chacun une partie, et par chance j’ai hérité d’un joli grand moment du culte :

La proclamation de la grâce

Cette annonce est le cœur même de l’Évangile. Jésus affirme que Dieu va jusqu’à aimer, bénir et faire du bien à son ennemi (Mat. 5:44-48), que Dieu est comme un berger qui cherche même la plus perdue de ses brebis perdues, et qui la trouve (Luc 15:1-10). Il y a là une logique contraire à celle de la sélection des plus performants. En Christ, nous voyons que Dieu redouble d’efforts pour nous aider quand nous sommes pécheur, faible, égaré, souffrant. C’est ce que fait d’ailleurs un bon parent, un amoureux, ou un médecin.
C’est ce qu’affirme cette proclamation de la grâce.

Puisque c’est une grâce, Dieu n’a pas attendu notre début de repentance pour nous vouloir du bien. Heureusement ! Dans notre culte, nous pourrions donc proclamer la grâce de Dieu avant notre prière de repentance. Ce serait même juste, car précisément, si nous avons le courage de présenter à Dieu nos manques, c’est bien parce que nous avons pris conscience de son amour.

Cependant, la prière de repentance nous prépare, nous, très utilement à entendre la proclamation de la grâce de Dieu. Car son salut n’est pas seulement notre amnistie, ce salut est un soin… et même le meilleur des pères ou la meilleure des mères élèvera plus facilement son enfant quand celui-ci a soif de grandir.

Cette proclamation de la grâce de Dieu nous dit plusieurs choses, à recevoir personnellement, et à avoir ensuite si possible pour notre prochain :

  1. Le pardon de nos fautes et de notre péché (oubli ou rejet de Dieu). C’est toujours bon de se l’entendre dire, tant la peur de Dieu est malheureusement répandue. Ce pardon de Dieu est sans obstacle ni condition, ni obligation pour la suite (par définition même de ce que c’est qu’aimer).
  2. Cette proclamation de la grâce dit la dignité de chaque personne, de chaque vie. Même de celle qui n’est pas performante parce qu’elle serait trop jeune, trop âgée, trop faible, ou n’ayant pas encore trouvé son chemin.
  3. Cette proclamation de la grâce affirme que Dieu a de l’espérance pour nous et en nous. Même si nous avons du prix à ses yeux tel que nous sommes aujourd’hui, Dieu a de l’ambition pour nous, celle de nous voir approfondir encore notre existence, celle de nous voir plus en forme et épanoui. Et que nous trouvions peut-être une belle chose à faire maintenant, ou un jour…

La proclamation de la grâce nous dit que Dieu y travaille et se réjouit du moindre de nos progrès, comme des parents voyant leur bébé sourire pour la première fois.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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3 réponses

  1. Christine dit :

    Bonjour Pasteur,
    Je viens de lire votre article, et encore une fois, une grande joie (ou paix, ou espérance…) m’envahit ! Chaque matin, ces lectures me donnent le goût, la force d’avancer … Merci !
    Dans le Notre Père, on « sanctifie » Dieu, on Lui demande que Sa volonté (notre bonheur par Son amour et Sa grâce !) soit faite avant de Lui demander de nous pardonner nos fautes….
    Dans mes prières, je Lui demande la prise de conscience par mes enfants de cette grâce…(en ajoutant que cette prise de conscience concerne aussi tous les êtres de ce monde ….) car les prières sont parfois égoïstes…et en même temps, n’est ce pas trop demander que « tous » les êtres humains soient conscients et croyants ?
    Mes enfants, qui sont adultes, semblent peu se soucier de Dieu…mais oui, ils bénéficient aussi de cette grâce !! Il faut juste qu’ils s’en rendent compte ! Et c’est cela mon plus grand désir !

    • Marc Pernot dit :

      Bonjour et merci pour vos encouragements.
      Je suis persuadé que Dieu est à fond pour aider vos enfants à avancer dans la foi, et il n’a donc pas besoin qu’on le persuade de faire plus et mieux.
      Toutefois, il me semble que vous avez bien raison de prier ainsi car cela aide Dieu à vous apprendre à vous d’avoir les mots, les gestes, l’écoute de ces personnes que vous aimez, et de pouvoir ainsi optimiser les chances de ces personnes de pouvoir avancer dans ce domaine.
      En même temps, comme vous le dites, il n’est bien entendu pas question de les obliger, et cela doit se sentir dans votre façon de témoigner que vous ne les aimerez ni plus, ni mieux, ni moins s’ils sont croyants ou non. Que c’est simplement à eux que vous pensez. Et pour cela, rien de tel qu’une grand mère qui dit quelle intérêt, joie, paix elle a tiré de tel culte, de telle lecture, ou d’un certain blog ?
      Si vous enfants ne s’intéressent pas à Dieu, cela peut venir, et en attendant, j’espère qu’ils prennent le temps, au moins, de philosopher un peu (ce qui ne remplace pas, mais peut aussi les y préparer d’une belle façon).
      Dieu vous bénit et vous accompagne, Dieu les bénit et les accompagne.

  2. Christine dit :

    Oui ! il faut que j’apprenne à être plus patiente….et à oser parler….sans faire de grands discours !
    Dieu est avec vous avec nous !

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