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étude biblique

Une traversée de la Bible 8/9 : Lettres (La lumineuse 1ère lettre de Jean)

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Cet épisode examine le genre littéraire des « lettres », avec l’étude de la première lettre de Jean, un texte biblique radical qui définit Dieu comme pure lumière et amour absolu. À travers une analyse fine du genre littéraire de l’épître, l’auteur souligne l’importance de la communion fraternelle et de l’expérience concrète de la Parole incarnée. Ce parcours invite à un cheminement spirituel où la reconnaissance de notre humanité devient le moteur d’une joie complète et d’une transformation intérieure par l’Agape.


Une traversée de la Bible : Les livres de la Bible : genres littéraires et textes célèbres
un mardi par mois de 18h30 à 19h30, au Chalet paroissial de Vandoeuvres, avec le pasteur Marc Pernot
Voir une introduction, le programme de ce cycle ici, ainsi que les épisodes déjà disponibles.

Séance du mardi 15 avril 2024 – 8ème genre littéraire : Lettres (La lumineuse 1ère lettre de Jean)


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🎧 Podcast audio de la séance

 

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Introduction

Le genre littéraire de la correspondance était très courant dans l’antiquité. Avec deux sortes de lettres : la véritable correspondance répondant à une circonstance et des questions particulières, et l’épître qui est un véritable essai construit, dont le sens est plus général, le public plus large, et qui est faite pour être copiée et diffusée.

Dans le Nouveau Testament, ce genre littéraire est très représenté avec pas moins de 21 lettres, plus quelques lettres qui sont intégrées dans le livre des Actes et dans celui de l’Apocalypse. Certaines sont clairement des correspondances comme les « lettres pastorales » de Paul (lettres à Philémon, Timothée, Tite), les 2ème et 3ème lettre de Jean. Certaines sont clairement des traités théologiques comme la lettre aux Romains, et la 1ère lettre de Jean. D’autres comprennent des éléments particuliers de réponse à des questions dans des circonstances particulières et des pages plus générales comme la 1ère lettre de Paul aux Corinthiens.

Le genre littéraire des lettres continuera à être très courants dans les premiers temps de l’église (Pères Apostoliques : 2ème générations de chrétiens) avec les lettres de Clément de Rome, Barnabé, Ignace d’Antioche, Polycarpe.

La 1ère Lettre de Jean est célèbre pour ses définitions essentielles de Dieu « Dieu est lumière » (1:5) et « Dieu est amour » (4:8, et 4:16), à la fois très épurées du point de vue de la théologie, et aussi très concrètes dans ses implications sur la vie humaine, la foi et la morale.

Textes en français (traduction : Nouvelle Bible Segond) :

1 Jean 1

1Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont palpé, — il s’agit de la parole de la vie 2(car la vie s’est manifestée, nous avons vu, nous rendons témoignage et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous) — 3ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, pour que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or notre communion est avec le Père et avec son Fils, Jésus-Christ.

4Cela, nous, nous l’écrivons, pour que notre joie soit complète.

5Le message que nous avons entendu de lui et que nous vous annonçons, c’est que Dieu est lumière, et qu’il n’y a pas en lui de ténèbres.

6Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons et nous ne faisons pas la vérité. 7Mais si nous marchons dans la lumière, comme lui-même est dans la lumière, nous sommes en communion les uns avec les autres, et le sang de Jésus, son Fils, nous purifie de tout péché.

8Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous. 9Si nous reconnaissons nos péchés, il est juste et digne de confiance : il nous pardonnera nos péchés et nous purifiera de toute injustice. 10Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous faisons de lui un menteur, et sa parole n’est pas en nous…

1 Jean 3

1Voyez quel amour le Père nous a donné, pour que nous soyons appelés enfants de Dieu — et nous le sommes ! Si le monde ne nous connaît pas, c’est qu’il ne l’a jamais connu.

2Bien-aimés, maintenant nous sommes enfants de Dieu, et ce que nous serons ne s’est pas encore manifesté ; mais nous savons que, quel que soit le moment de sa manifestation, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est.

3Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui est pur…

1 Jean 4

1Bien-aimés, ne croyez pas tout esprit ; examinez plutôt les esprits pour savoir s’ils sont de Dieu, car beaucoup de prophètes de mensonge sont sortis dans le monde. 2A ceci vous connaissez l’Esprit de Dieu : tout esprit qui reconnaît Jésus-Christ venu en chair est de Dieu ; 3et tout esprit qui ne reconnaît pas Jésus n’est pas de Dieu ; c’est celui de l’antichrist, dont vous avez entendu dire qu’il vient, et qui maintenant est déjà dans le monde.

4Vous, mes enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, car celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. 5Eux, ils sont du monde ; c’est pourquoi leur parole est du monde, et le monde les écoute. 6Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas : c’est à cela que nous connaissons l’Esprit de la vérité et l’esprit de l’égarement.

7Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres ; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu.

8Celui qui n’aime pas n’a jamais connu Dieu,
car Dieu est amour.

9C’est en ceci que l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. 10Et cet amour, ce n’est pas que, nous, nous ayons aimé Dieu, mais que lui nous a aimés et qu’il a envoyé son Fils comme l’expiation pour nos péchés.

11Bien-aimés, si Dieu nous a tant aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. 12Personne n’a jamais vu Dieu. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est accompli en nous. 13A ceci nous savons que nous demeurons en lui, comme lui en nous : c’est qu’il nous a donné de son Esprit. 14Et nous, nous avons vu et nous témoignons que le Père a envoyé le Fils comme sauveur du monde.

15Celui qui reconnaît que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, comme lui en Dieu. 16Et nous, nous connaissons l’amour que Dieu a pour nous, et nous l’avons cru. Dieu est amour ; celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.

17C’est en cela que l’amour est accompli parmi nous, pour que nous ayons de l’assurance au jour du jugement : tel il est, lui, tels nous sommes aussi dans ce monde. 18Il n’y a pas de crainte dans l’amour, mais l’amour accompli bannit la crainte, car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n’est pas accompli dans l’amour. 19Quant à nous, nous aimons, parce que lui nous a aimés le premier.

20Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », et qu’il déteste son frère, c’est un menteur, car celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne peut aimer Dieu, qu’il ne voit pas. 21Et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère…


Résumé de la vidéo :

L’Épître : Bien plus qu’une simple lettre

L’étude des textes bibliques millénaires peut parfois impressionner par sa complexité, mais elle reste une source d’inspiration inépuisable. Aujourd’hui, nous nous penchons sur un genre littéraire spécifique : les lettres ou épîtres. Contrairement à une correspondance privée, une épître est un traité théologique construit, adressé à une communauté pour être partagé et recopié. Si certaines lettres de Paul, comme celle à Philémon, sont des écrits de circonstance, la première lettre de Jean s’apparente davantage à un petit traité de foi.

Le message radical de Jean : Dieu est Lumière

La lettre de Jean se distingue par une pureté théologique frappante. Jean y affirme de manière radicale que Dieu est lumière et amour à 100 %. Il n’y a aucune part d’ombre en Lui. Cette vision s’oppose à certaines traditions anciennes suggérant que Dieu pourrait être à l’origine du mal ou de la souffrance pour éprouver l’homme. Pour Jean, Dieu est amour massif ; il ne sait faire que cela, c’est sa nature profonde.

Un style poétique et tourbillonnant

Le style littéraire de Jean diffère grandement de celui de Paul. Là où Paul utilise la rhétorique et une pensée démonstrative linéaire, Jean adopte une pensée poétique et circulaire. Il procède par grandes parenthèses, revient sur ses pas, tourbillonne comme une « feuille morte dans le vent ». Cette structure, bien que parfois complexe à suivre, est d’une grande finesse pour décrire la complexité de la vie humaine, à la fois juste et pécheresse.

La Parole de vie : Une expérience sensorielle

Le chapitre premier de la lettre insiste sur le caractère concret de la révélation. Jean ne parle pas d’une idée abstraite, mais de ce qu’il a entendu, vu et touché de ses mains. En Christ, la Parole de vie s’est manifestée physiquement. Cette insistance sur le toucher et la vue souligne la bonté du monde créé et de la chair, s’opposant aux philosophies qui mépriseraient la matière au profit du seul monde des idées.

Sortir du « disthéisme »

Jean récuse fermement le disthéisme, cette idée que Dieu pourrait être une source de malheur. En affirmant que Dieu est lumière, il nous libère de la méfiance envers le divin. Si le tragique existe dans l’existence, il n’est pas le fait de Dieu. Reconnaître nos manques, nos « péchés », n’est pas une condamnation, mais le point de départ nécessaire pour laisser Dieu nous purifier et nous faire grandir.

L’amour (Agape) comme moteur de communion

Le sommet de cette lettre se trouve dans le célèbre passage du chapitre 4 : « Dieu est amour ». Jean utilise le terme Agape, qui désigne un amour concret, une disposition à reconnaître l’autre comme un être digne d’exister. Ce n’est pas seulement un sentiment, c’est un acte de communion.

Jean nous rappelle que celui qui prétend aimer Dieu mais déteste son frère est un menteur. L’amour pour le prochain est la preuve tangible de notre relation avec le divin. C’est dans cette communion fraternelle que notre joie devient complète et que nous devenons véritablement « enfants de Dieu ».

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Un commentaire

  1. Pascale dit :

    Merci pour ce travail sur une lettre que vous citez si souvent. J’adhère totalement à l’idée selon laquelle Dieu n’est en aucun cas source d’une quelconque souffrance, y compris si ce serait en fin de compte pour un bien. Mais cela n’a pas toujours été le cas, et si j’ai changé de paradigme c’est, d’une part parce que les circonstances de ma vie ont fait que la façon que j’avais de penser Dieu ne me permettait plus d’être en relation avec lui, et d’autre part parce que j’ai rencontré une personne (vous) qui m’a montré qu’une autre voie était possible. Ce que je veux dire par là, c’est que ce changement ne s’est pas fait à la lecture de la Bible. Ma théologie ne me paraissait absolument pas contradictoire avec des versets comme 1 Jean 1:5 (Dieu est lumière, et il n’y a pas en lui de ténèbres.) ou 1 Jean 4:16 (Dieu est amour), car les souffrances étaient perçues comme pouvant apporter du bien. Pourtant ces mêmes versets vous paraissent à vous, énoncer l’inverse de façon tout à fait claire, et cela me convient bien. Mais je me demande tout de même si on peut être sûr que c’est réellement ce que Jean voulait dire, et de façon plus générale, si on n’a pas tendance à interpréter n’importe quel verset selon une conception de Dieu que l’on a déjà en amont, y compris ceux que l’on utilisera ensuite comme clés de lecture pour l’ensemble. Je trouve qu’il est difficile de démêler ce qu’on nous a dit de Dieu, ce qu’on aimerait qu’il soit, ce qu’on expérimente dans sa propre vie, ce qui vient peut-être réellement de Dieu, ce qu’on lit dans la Bible, etc … Tel point de vue, tiré de la lecture de la Bible, peut nous sembler clair parce qu’il est en réalité conforme à ce que l’on pensait déjà.

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