Jésus : « Je suis venu afin que les brebis aient la vie en abondance. » (Jean 10:10)

un enfant émerveillé lors d'une lecture - Image par saralcassidy de Pixabay↪ Jésus : « Moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance. » (Jean 10:10)
⤑ De quelle vie parle t-il ? Comment pourrait-on avoir « la vie » en abondance, une vie qui déborde tellement elle est vivante ?

⤑ Le grec (langue originale des évangiles) est assez riche en vocabulaire pour parler de la vie.

  • Il y a la vie appelée bios, la vie biologique, Dieu est à son origine, mais elle dépend aussi de nos autres parents, ainsi que nos propres soins et celui des médecins. Cette vie biologique est une bénédiction précieuse.
  • Nous avons aussi la vie appelée psychè, la vie de l’esprit dans le développement de laquelle Dieu a un rôle majeur et que nous pouvons aussi cultiver et transmettre. Cette vie est une excellente et formidable bénédiction aussi.
  • Il y a enfin la zoè, la vie spirituelle, la dimension divine de l’humain. C’est ce terme que Jésus emploie ici. Ce qui ne l’empêche pas non plus de soigner les corps et de nous stimuler pour travailler et exercer notre intelligence. Jésus nous promet cette « vie-là en abondance », en débordement.

⤑ Nous sommes vivant ainsi personnellement de ces dimensions de notre vie personnelle, individuelle. Ce n’est pas tout. Nous sommes aussi vivant comme membre d’un corps, Paul parle du corps dont Christ est la tête, le principe (1 Corinthiens 12). Nous sommes vivant aussi par ce corps. Il a sa vie propre : une bios qui se prolonge sur des centaines de milliers d’années, une psychè nourrie de milliers d’année de culture, une zoè par l’Esprit qui nous a été donné à tous et par l’amour que nous avons les uns pour les autres. Comme individu nous avons une vocation, nous en avons aussi une collectivement, dans les groupes auxquels nous appartenons et par l’humanité, ainsi que par la planète entière.

⤑ Dieu fait ainsi vraiment de nous ses enfants en abondance. Cette abondance est si grande qu’elle déborde, nous donnant envie non seulement d’être vivant biologiquement, psychologiquement et spirituellement, mais encore vivifiant, à l’image du Christ, lui-même image de notre père qui est dans les cieux.

par : pasteur Marc Pernot

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5 réponses

  1. Wilfred HELMLINGER dit :

    Merci pour cette exégèse. Trois mots pour la vie, c’est super !

    D »après mon « Bailly », zoè (on ne dispose pas d’oméga en français) signifie la vie en tant qu’existence, temps de vie, moyens de vivre, ressources. Cela colle donc très bien avec le verset de Jean.

    J’entends même le souffle de Paul Tillich, disant : « La vie a du sens quand on a le courage de lui « oui » en dépit du malheur, des conflits et de la mort. Dieu est la puissance qui donne ce courage. Il est la source d’une vie qui a du sens alors même qu’elle se débat avec l’absurde ».

    Merci, Wilfred

    • Marc Pernot dit :

      Le Bailly est un dico de grec classique, ce qui est bien utile (comme c’est un gros et lourd livre, il est fort pratique pour repasser les rabats entre deux dimanches). Seulement le grec biblique a parfois ses spécificités, surtout pour les mots les plus lourds de sens, ou des notions tirées de la Bible Hébraïque traduite en grec. Pour l’évaluer, il n’est pas vain d’utiliser une concordance, donnant tous les versets utilisant le mot, et les versets utilisant un mot apparenté. C’est souvent le plus sûr que le Bailly. Pour le grec biblique, en plus des concordances, j’utilise aussi le Bauer qui intègre également les écrits des Pères de l’Eglise des premiers siècles.

      • Wilfred HELMLINGER dit :

        Merci pour ces précisions ! Il peut être intéressant d’ajouter que la Septante avait déjà traduit « souffle de vie » (Genèse 2,7) par « pnoèv zoès ».

  2. biduline dit :

    Personnellement, je n’ai jamais aimé cette métaphore biblique de la bible en nous comparant brebis et berger… Je n’ai rien contre les bergers, ni leurs brebis, ce que je n’aime pas c’est être comparé à un mouton !
    Les expressions et proverbe contenant des moutons sont légions et sont toutes liées à la stupidité de cet animal !
    Mon frère a des moutons et j’ai en effet pu constater par moi même la  » crétinerie » des ces mammifères qui en dehors de mon assiette sont vraiment déplorables !

    L’idée que l’on puisse « me tondre » comme un mouton, résonne chez moi comme s’il y avait » tromperie », volonté d’abuser de moi, de la part de dieu envers moi… En ce qui me concerne cette métaphore n’est vraiment pas la bonne…

    • Marc Pernot dit :

      Chère Biduline
      C’est la difficulté du langage imagé. Il est très utile, en particulier pour parler de ce qui ne peut se dire facilement, par exemple pour expliquer à un esquimau le goût de la fraise, ou à un sourd de naissance ce que telle musique provoque comme émotion. Seulement il est vrai que ces images ont leur limites, en particulier quand on change de milieu culturel. Car si le soleil est source de bienfaits ici, il est peut-être source de sécheresse là-bas, et la même réalité dit des choses complètement opposées en tant qu’image. Je pense qu’il en est de même pour la figure du berger dans la Bible, et des moutons. Ces images peuvent devenir pour nous de l’hébreu. Pour saisir ce que dit un texte en hébreu : soit on le traduit en français (ce qui est toujours un peu trompeur), soit on apprend suffisamment d’hébreu. En ce qui concerne les images bibliques, elles demanderaient soit à être traduites dans notre référentiel avec d’autres images (pas facile), soit de se renseigner sur le sens de l’image rencontrée dans contexte culturel des personnes qui ont écrit le texte, et comprendre ainsi un petit peu mieux ce qui se dit ainsi.

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