La traduction courante indique « celui qui fait la justice », c’est un petit peu simplifié afin de permettre une lecture plus fluide. Nous avons « celui (ou celle) faisant la justice », ce participe présent indique une façon d’être, et non un acte ponctuel. La question n’est donc pas seulement une question d’actes, mais une question d’être. Comme le dit Jésus à plusieurs reprises « un bon arbre donne de bons fruits » (Matthieu 7:17). Jean reprend ce principe savant d’arboriculture pour nous inviter à travailler sur notre façon d’être. Jésus ne cherche pas à faire du dressage, il ne nous fait pas la morale, il ne nous dit pas que faire ni pour quoi voter, mais il fait en sorte de nous aider à devenir une bonne personne.
Une justice fondée sur l’amour et le soin
C’est en ce sens que Jésus est juste, qu’il est lui-même « faisant la justice ». Or, il ne juge personne (Jean 3:17, 8:15, 12:47), poursuivons notre enquête : quelle est cette « justice » qui est au cœur de ce verset ? L’Évangile nous apprend que la justice de Dieu est en réalité l’amour : cette qualité d’amour, appelée en grec agapè, qui consiste à chercher à faire du bien à une autre personne, à l’aider à s’épanouir, à devenir meilleure, à être plus en paix et plus heureuse, plus ouverte à Dieu, et peut-être même bienfaisante. C’est ainsi que le Christ a aimé les personnes qu’il croisait au hasard de sa route, soignant les corps et les âmes, soignant la confiance en Dieu et le regard sur la vie, retissant des liens rompus entre les personnes. C’est ainsi que Jésus-Christ était « faisant la justice ». Ça ne marchait pas avec tout le monde, mais avec bien des personnes.
Un pouvoir créateur à notre portée
Comment donc est-ce que Jean nous voit ici ? Comme une personne à qui il arrive spontanément de faire que quelqu’un se porte mieux après l’avoir rencontrée. C’est un pouvoir extraordinaire, un pouvoir comme celui de Jésus-Christ, à notre niveau, là où nous sommes, mais quand même, c’est à chaque fois un véritable miracle. Cela révèle que nous sommes source de vie, ce qui est proprement divin. C’est non seulement très utile, mais très joyeux d’être ainsi, de vivre cela.





