« Ceux qui veillent : le maître les installera à table et il viendra lui-même les servir. » (Luc 12:37)

un enfant émerveillé lors d'une lecture - Image par saralcassidy de Pixabay↪ « Heureux les serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller ! Amen, je vous le dis, il se mettra à son tour en tenue de travail, il les installera à table et il viendra les servir ! » (Luc 12:37).

⤑ Jésus dit, comme si c’était tout à fait normal, qu’un maître revenant de voyage se met a servir ses serviteurs !?!!!
Pourquoi est-ce que Jésus évoque un scénario aussi surréaliste comme s’il était naturel ? Parce que Dieu est comme cela, et donc qu’une telle histoire devrait être naturelle à une personne qui a senti l’amour dont Dieu nous aime.

  • Cela devrait être naturel quand on se laisse inspirer par la façon d’être de Jésus avec ceux qu’il rencontre.
  • Cela devrait être naturel à une personne qui a été touchée par la promesse de l’Éternel disant à Jacob qu’il peut tracer son propre chemin, que Dieu le suivra pour le soutenir et l’aider, comme le ferait un serviteur fidèle. (Genèse 28:15).
  • C’est naturel de savoir que Dieu se fait notre serviteur quand dimanche après dimanche on a reçu en pleine figure cette formidable bénédiction de Moïse « l’Éternel lève son visage vers toi et te donne la paix !», non pas seulement « tourne son visage vers toi », mais bien « l’Éternel lève son visage vers toi et te donne la paix ! » (Nombres 6:26).

⤑  Seulement, notre propre instinct de domination résiste : un chef doit dominer, doit attendre d’un air supérieur qu’on le prie, qu’on se plie en quatre jusqu’au sol pour éventuellement tourner son noble visage vers l’autre.

⤑  Dieu, lui, est certes infiniment supérieur à nous par nature : et il s’est déjà mis en place, en dessous de nous, pour nous soutenir chaque fois que nécessaire.

⤑  De sorte que pour avoir la joie de regarder notre visage, déjà, Dieu a levé le sien.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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6 réponses

  1. Pascale dit :

    Deux articles rapprochés (cf Perspective : Bénir ? À quoi bon ? ) qui évoquent le même verset (Nombres 6:26) avec deux versions différentes : « que le Seigneur tourne sa face vers toi et t’accorde sa paix » et « l’Éternel lève son visage vers toi et te donne la paix ! ». C’est certainement un détail, mais il arrive que les détails aient leur importance : pour moi la première version sonne comme une prière, avec une incertitude à la clé et la personne qui prononce cette parole me donne l’impression de se placer en intermédiaire entre Dieu et celle qui reçoit la parole. Alors que dans la deuxième version, cela sonne comme une promesse, une promesse faite par Dieu, donc une certitude et il n’y a plus d’intermédiaire mais simplement une personne qui donne un bon tuyau à une autre.

    • Marc Pernot dit :

      Merci. C’est tout à fait exact. Chaque détail compte dans ces passages où tout est condensé à l’extrême :

      • « Le Seigneur » : fait un peu féodal, seigneurie de Dieu, l’infiniment supérieur. Alors que YHWH, c’est l’être en soi, la source de l’être, source de vie et de pardon dans la Bible. La traduction « l’Eternel » est imparfaite mais au moins elle n’apporte pas ce biais théologique inquiétant de la traduction en « le Seigneur » (même si cette traduction est très ancienne, car ces différentes options théologiques existent depuis des millénaires)
      • Mettre le verbe à l’inaccompli « YHWH te bénit, te bénira » me semble meilleur que d’imaginer ici un jussif « Que le Seigneur te bénisse », car dans ce 2e cas, comme vous dites, celui qui bénit se place en intermédiaire entre les humains et Dieu. La première traduction dit une confiance, elle dit la grâce de Dieu, la seconde traduction nie la grâce de Dieu : il faudrait qu’un prêtre fasse un rite, qu’il intercède pour obtenir des dieux leurs faveurs, le prêtre devrait convertir une divinité absente ou indifférente à faire preuve, enfin, de bienveillance.
      • Remplacer l’original « lève sa face » par « tourne sa face » ou « regarde », est vraiment étrange car c’est précisément une des grandes révolutions proposées par ce texte.
      • Remplacer le singulier « vers toi » par le pluriel « vers vous », est aussi lourd de sens. C’est le peuple entier qui est béni ainsi, mais ce n’est pas une bénédiction globale, c’est fait en bénissant chaque personne individuellement, sans en oublier une seule. Et cela aussi, ouvre à une tout autre perspective, non ? Mais il est vrai que tutoyer les gens ne se fait pas (sauf chez Ikéa et McDo), je m’y risque en général, à la fin du culte, en m’excusant souvent de devoir le faire à cause de l’importance théologique ici du singulier

      Donc oui, en changeant juste quelques détails insignifiants, la traduction propose une tout autre théologie du salut de Dieu. Et ce ne peut pas être innocent de la part d’un traducteur ou d’un théologien professionnel. Ils connaissent l’hebreu et mesurent les enjeux théologiques, surtout avec un texte comme celui-ci. C’est un bon verset pour voir ce que vaut une « traduction ». La « colombe » est ici une des meilleurs, la « Nouvelle Français Courant » est une des pires, comme souvent.

      • Pascale dit :

        Dans ce cas les anglophones en ont une pas mal du tout avec la King James !

        • Marc Pernot dit :

          C’est vrai. Avec en plus la noblesse shakespearienne du tutoiement anglais. Reste « Ze LORD » qui fait un peu noblesse féodale quand même, plus qu’un rapport de tendresse et de soi, non ?

          • Pascale dit :

            Personnellement j’aime bien « le Seigneur (ou Ze Lord) », cela ne m’évoque rien d’autre que Dieu (le moyen âge étant un peu loin) et peut donc englober toutes ses qualités. Il ne contient en soi rien d’autre que le respect auquel je suis très attachée et n’empêche en rien la tendresse. La tendresse est une façon d’être qui n’est liée à aucune fonction en soi, une mère peut être brutale, un chef peut être plein de sollicitude.

          • Marc Pernot dit :

            Ok, je comprends. Et c’est vrai que la référence au père n’est pas toujours bien vécue non plus, effectivement. Tout dépend de ce que l’on a vécu et comment on l’a vécu… 🙄

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