Marc Pernot le 29 mars 2024
Prédication

Judas livre Jésus : trois lectures d’Évangile (Marc 14)

Le fait que Jésus a été trahi et abandonné par ses disciples est historique. Les évangiles reprennent ce fait en trois prédications différentes possibles : Judas figure du méchant, ou faible face aux idéologies, ou pris dans le tragique.

Texte, vidéo et poscasts de la prédication. Ceci est un témoignage personnel. N’hésitez pas à donnez votre propre avis ci-dessous.

pasteur Marc Pernot

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(Voir le texte biblique ci-dessous)

texte de la prédication à imprimer

prédication (message biblique donné au cours du culte)
à Genève, le Vendredi Saint, 29 avril 2024,
par : pasteur Marc Pernot

Jésus abandonné et livré par ses disciples. C’est ce dont témoignent nos quatre évangiles unanimes. C’est ce que confirme les Pharisiens qui s’opposent à Jésus à l’époque, ils ont écrit dans le Talmud : « Jeshu fut pendu la veille de Pâque. Quarante jours avant, on avait annoncé dans la ville sa condamnation :  » Il s’en va à la lapidation parce qu’il a pratiqué la sorcellerie et qu’il a égaré Israël, le conduisant à rejeter Dieu. Si quelqu’un à quelque chose à dire en sa faveur, qu’il vienne et le dise.  » Mais comme personne ne présenta quoi que ce soit en sa faveur, il fut pendu à la veille de Pâque. »(Sanhédrin, 43a).

Pendu à une croix par les Romains, présenté comme coupable et abandonné par ses disciples. En pensée avec chaque personne qui est abandonnée ou maltraitée par ses proches, avec en plus son bourreau qui cherche à la faire se sentir coupable, comme toujours. Cette histoire de l’exécution de Jésus rejoint chaque personne en lui disant : tu es le Christ. Chaque personne est aussi précieuse que Jésus lui-même. Vous aussi avez droit aux meilleurs soins, aux plus fraternelles attentions, vraiment : vous êtes digne d’être honoré comme Jésus aux Rameaux et non pas maltraité et injurié comme à la Passion.

Mais voilà, on ne refait pas l’histoire et Jésus a été abandonné par les apôtres et même livré par l’un d’entre eux. Ça s’est passé comme ça, et les évangiles en portent le récit. Ensuite, comme toujours, ils font en sorte que cette histoire nous apporte un sujet de réflexion porteur de vie pour nous. Ils le font de différentes façons.

Regardons comment les évangiles présentent Judas :

1) Judas : la figure du méchant

C’est l’interprétation la plus classique. C’est cette interprétation que l’on trouve en particulier dans l’Évangile selon Jean, qui ajoute que Judas volait dans la caisse que Jésus avait pour aider les pauvres (Jean 12:4) et que Jésus savait très bien qu’il était méchant : « Jésus dit aux apôtres : N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze ? Et l’un de vous est un diable ! Il parlait de Judas Iscariot, fils de Simon ; car c’était lui qui devait le livrer, lui, l’un des douze. » (Jean 6:70-71)

C’est manifestement exagéré de qualifier une personne de « diable ». Aucune personne humaine n’est parfaite (même Jésus refuse qu’on dise qu’il est « bon » car Dieu seul est bon, dit-il Marc 10:18). Et aucune personne n’est le mal incarné à 100% (parfois à 99% certes). C’est pourquoi chaque fois que la Bible dit qu’une personne est parfaite ou qu’une personne est le diable, qu’est ce que cela veut dire ? La Bible parle alors de notre côté gentil et de notre côté méchant.

C’est ainsi que Judas est, dans l’Évangile selon Jean, la figure du méchant, et que cela concerne toute personne au monde, pas seulement le monsieur Judas historique. C’est loin de nous culpabiliser, car Jean dit aussi que Jésus a choisi Judas comme apôtre en connaissance de cause. Cette lecture nous dit que même ce qui est diable en nous est accueilli, appelé, choisi, aimé par Dieu et accueilli à sa table. En effet : c’est comme cela que l’on aime. Cela ne veut pas dire que l’on aime tel mauvais côté de telle personne ou de l’humanité. Mais aimer c’est aimer la personne telle qu’elle est. La personne réelle, telle qu’elle est, pas la personne que l’on rêve.

Cette façon d’aimer est celle de Dieu. C’est ce que nous dit déjà l’histoire du déluge dans la Genèse : Dieu choisit d’aimer l’humain tel qu’il est, sachant bien que nous sommes habités d’une part de violence, que nous avons un léger petit côté diabolique, parfois. C’est vrai, mais Dieu a choisit de nous aimer et de nous appeler quand même.

C’est ainsi que Judas fait partie « des Douze » : ce nombre 12 évoque dans la Bible l’humanité bénie par Dieu. Ce n’est pas que ça fasse plaisir de voir Judas parmi les Douze : on rêve d’une humanité parfaite et c’est bien ce qu’il faut faire, mais en continuant à aimer l’humanité telle qu’elle est aujourd’hui, en prendre soin et continuer à l’appeler. Aimer c’est ça. C’est ainsi que nous pouvons apprendre à nous aimer nous-même tel que nous sommes, et c’est à partir de là que nous pouvons avancer vers le mieux, avec l’aide de Dieu (heureusement car ce n’est pas facile).

C’est pourquoi Christ appelle aussi Judas, le nourrit à sa table et lui confie des responsabilités. Cette histoire nous dit que nous ne serons jamais si nul que Dieu cesse de nous aimer, de nous choisir, de nous envoyer pour faire du bien.

Il existe d’autres prédications intéressantes données par les évangiles à partir de la personne historique de Judas :

2) Judas où la liberté de choisir

Luc dit à deux reprises que Judas était au début un apôtre comme les autres et qu’à un certain moment il a changé : il « devint traître »(6:16), que « Satan entra dans Judas Iscariot, qui faisait partie des douze. » (22:3).

Judas, comme les autres apôtres et quelques femmes qui les accompagnaient avait choisi de suivre Jésus dans son travail de messie. C’était loin d’être évident, cela demande du courage de changer de vie ainsi. Pour suivre Jésus, avec ce projet de faire la différence dans le cours du monde. Trois années de chemins inattendus. Avant que Judas ne change en sens inverse.

Luc insiste souvent sur la liberté que Dieu nous donne. Dieu compte sur chacun, il appelle, suggère, souffle son Esprit mais il ne peut obliger personne. De multiples chemins sont ouverts devant nous, de multiples pensées et même la possibilité de ne pas penser. Nous avons sans cesse un certain choix. Même ne pas choisir est encore un choix : celui de laisser d’autres choisir à notre place, le hasard, ce qui nous passe par la tête, notre égo ou nos hormones, nos peurs.

Mais ici, ce qui est vraisemblable c’est que des idéologies se soient emparées de Judas. Il est dit qu’il était « Iscariot », on pense qu’il faisait partie de ces activistes potentiellement violents appelés « sicaires » qui voulaient chasser les romains. Aux Rameaux encore, Judas a dû acclamer Jésus comme roi, espérant qu’il prendrait le pouvoir, et voilà que Jésus ne se dirige pas vers le palais du gouverneur : il se dirige droit vers le Temple de Jérusalem afin d’appeler chacun à prier directement. C’est comme cela que Jésus travaille à changer le monde : en cherchant à élever le niveau de conscience de chacun, le libérer et le reconnecter à Dieu.

Avec cette façon de présenter Judas, nous sommes, je pense, appelés à nous libérer des idéologies et à avoir plutôt de l’idéal, nous forger notre propre capacité d’agir, grâce à Dieu.

Ensuite, je vois une troisième possibilité explorée par les évangiles pour saisir ce personnage de Judas :

3) Judas apporte la source, pas seulement un verre d’eau

L’Évangile selon Marc ne dit pas que Judas serait méchant, ou qu’il tournerait mal. Marc dit simplement que Judas a « livré » Jésus, il le dit même 7 fois dans ce seul passage. Or ce verbe « livrer » est ambigu (en français comme en grec, παραδίδωμι). « Livrer » c’est dénoncer une personne poursuivie, et « livrer » c’est aussi apporter un colis, comme quand Jésus dit que « toutes choses m’ont été livrées par le Père » (Luc 10:22).

Le choix de ce verbe ambigu laisse supposer que Judas a « livré » Jésus dans les deux sens du terme. C’est possible : il a mis en contact Jésus et les autorités qui le recherchaient, dans l’idée qu’une fois les présentations faites, Dieu saurait bien les aider à saisir que Jésus porte le salut du monde.

C’est ce que Jésus explique dans une parabole que Dieu l’a envoyé, lui, Jésus, vers l’humanité en se disant « ils respecteront mon fils » (Marc 12:6). Judas a pu penser aussi que ça marcherait.

Dieu a-t-il échoué dans ce projet ? Nous sommes rassemblés aujourd’hui spécialement en mémoire d’un échec à court terme de ce projet, oui, mais aussi du fait que Dieu continue à espérer, à agir et à nous appeler afin que son projet « ils respecteront mon fils » se réalise chaque jour un petit peu plus, pour le salut de tous.

Selon cette façon de comprendre : Judas aurait été le plus avancé des apôtres de Jésus. C’est ce que dit un texte connu depuis Irénée au IIe siècle et que l’on a retrouvé seulement il y a une 20aine d’années : « l’Évangile selon Pilate » (qui a été exposé à la fondation Bodmer). Ce fameux baiser de Judas dont parle l’évangile est à l’époque un geste solennel entre maître et disciple, comme une transmission directe de la parole dans la bouche du disciple.

Judas aurait cherché ainsi à livrer Jésus : à l’apporter au monde. La façon dont Judas le fait nous dit quelque chose d’essentiel, à mon avis : « livrer Jésus » ce n’est pas comme enseigner une idéologie, c’est mettre en contact avec Jésus lui-même. Il s’agit de livrer la source et non seulement le message, de livrer un principe actif, un levain qui fera livrer la pâte entière. Tel est le Christ. Le message n’est qu’une préparation. Ce qui nous fait vivre c’est une foi, c’est une relation avec cette personne.

L’objectif de Judas de livrer Jésus serait excellent. C’est ce que dit aussi l’Évangile selon Matthieu, Jésus appelle Judas « mon ami » et il lui dit : « Mon ami, ce que tu es venu faire, fais-le ». (Matthieu 26:50)

Et pourtant, Jésus a cette parole terrible où il dit qu’il faut bien que cela soit fait « mais que malheur à cet homme par qui le Fils de l’homme est livré ! Mieux vaudrait pour cet homme ne pas être né. » (Marc 14:21). Cela semble une malédiction, ce n’en est absolument pas une. Ce « malheur » est le mot grec « οὐαί », c’est un sanglot de compassion de Jésus en faveur de Judas qui doit livrer Jésus pensant que « ils respecteront le Christ », et qui verra dès le lendemain qu’en réalité il a envoyé à la mort son ami et maître. Par avance, Jésus entrevoit la culpabilité insoutenable de Judas.

Cela nous dit qu’il y a du tragique dans la Passion du Christ : Jésus aime la vie, il veut la vie, la sienne et embellir la vie de chaque personne vivant au monde : et il sera exécuté pour cela. Judas aurait pris sa part dans ce tragique, en endossant le rôle du traître par la foi.

Que l’Évangile reconnaisse qu’il y a du tragique dans la vie en ce monde est une bonne nouvelle, paradoxale.

Cela nous dit que Dieu a compassion de nous quand notre vie est compliquée, que nous avons à prendre une décision alors que toutes les solutions comportent une part de mort : Dieu sait, il comprend, il a compassion de nous, et il nous pardonne.

Alors qui était le Judas historique ? le méchant, le faible ? ou le héros tragique ? Par tous ces côtés, il est notre frère. Et Dieu nous vient en aide.

Amen

pasteur Marc Pernot

Textes de la Bible

Évangile selon Marc 14

10Judas Iscarioth, l’un des Douze, alla trouver les grands prêtres afin de le leur livrer. 11Quand ils l’entendirent, ils se réjouirent et promirent de lui donner de l’argent. Il cherchait une occasion pour le livrer

17Le soir venu, Jésus arrive avec les Douze.18Pendant qu’ils étaient à table et qu’ils mangeaient, Jésus dit : Amen, je vous le dis, l’un de vous, qui mange avec moi, me livrera.19Attristés, ils se mirent à lui dire l’un après l’autre : Est-ce moi ? 20Il leur répondit : C’est l’un des Douze, celui qui met avec moi la main dans le plat. 21Le Fils de l’homme s’en va, selon ce qui est écrit de lui. Mais quel malheur pour cet homme par qui le Fils de l’homme est livré ! Mieux vaudrait pour cet homme ne pas être né.

42 Jésus leur dit : Levez-vous, allons ; celui qui me livre s’est approché. 43Aussitôt, comme il parle encore, survient Judas, l’un des Douze, et avec lui une foule armée d’épées et de bâtons, envoyée par les grands prêtres, les scribes et les anciens. 44Celui qui le livrait leur avait donné un signal : Celui que j’embrasserai, c’est lui ; arrêtez-le et emmenez-le sous bonne garde. 45Aussitôt arrivé, il s’approche de lui et lui dit : Rabbi ! Et il l’embrassa. 46Alors ils mirent la main sur lui et l’arrêtèrent.

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14 Commentaires

  1. Catherine dit :

    Cher Monsieur,

    Merci du sermon de vendredi saint .

    Voici quelques commentaires à ce sujet :
    Trois points ( et même plus) m’ont interpellée lors de votre lecture de Marc 14:
    Vous avez dit que Judas était un disciple que Jésus aimait .
    Où puis-je trouver la référence de ce fait ?
    (Il me semblait que c’était Jean qui se disait le disciple préféré .
    Les autres je ne sais pas et à propos de Judas rien. )
    Un certain masochisme fait-il partie de la personnalité Jésus?
    Vous avez également dit avec un petit sourire m’a-t-il semblé que Jésus était riche . Tant mieux ; et où puis-je trouver la référence de cette assertion ?
    Marc 14.7 ´…vous avez toujours les pauvres avec vous …’ et les riches alors , sont-ils écartés ?
    Et encore 14:12 Quelle drôle d’idée de se faire en embaumer à l’avance ! Pourquoi cette ´ pratique ´ n’est-elle pas entrée dans les mœurs ? Ce serait peut-être serait moins triste .
    Et: ‘…on immolait la Pâque…’ : que faisait-on au juste ? Encore des moutons sacrifiés?
    Et: 14:24 De quelle alliance s’agit il ? ( mon ignorance est sans limite) .
    Et 14: 26 : quels cantiques chantait-on ?
    Et encore (!) : 14:27 ´… il est écrit ´ : où trouver ce qui est écrit ( réf demandée) . Pourquoi frapper le berger et disperser les brebis ?

    Je m’arrête là maintenant.

    Bien sûr il n’est pas nécessaire de répondre , peut-être sont-ce des sujets discutés le mardi soir mais moi , depuis des années , je ne suis pas libre à ce moment .

    En vous remerciant encore je vous prie de recevoir , cher Monsieur, mes meilleurs messages .

    1. Marc Pernot dit :

      Chère Madame

      Bravo de chercher et de creuser.

      « LE disciple que Jésus aimait »

      Vous avez raison, « LE disciple que Jésus aimait » est un mystérieux personnage dont parle d’Evangile selon Jean. Et le rédacteur à la fin du chapitre 21 suggère que l’auteur de cet évangile serait ce « disciple que Jésus aimait », et ce serait Jean. C’est possible. On pense aussi que si Jean a mis cette curieuse expression « le disciple que Jésus aimait », c’est pour faire place au lecteur de son texte : ce disciple que Jésus aime et a aimé : c’est nous, chacun de nous.

      Ensuite, je pense que dans la prédication j’ai dit que Jésus aimait Judas, ce qui est autre chose : Jésus n’aime pas seulement un unique disciple, il aime chaque personne de l’humanité, et donc même Judas aussi.

      Jésus moins pauvre qu’on le dit parfois ?

      Pour ce qui est du fait que Jésus n’était pas si pauvre qu’on le dit parfois, il y a plusieurs mentions dans les évangiles qui permettent de dire cela :

      • Effectivement, il y a le fait que Jésus avait une cagnotte pour acheter ce qu’il fallait pour leur groupe et pour aider les pauvres, cela signifie que Jésus avait de quoi vivre (c’est déjà ne pas être démuni) et même qu’il a plus que ce nécessaire. Voir Jean 12:6 et 13:29.
      • La tunique de Jésus était suffisamment belle pour susciter l’envie des soldats romains qui le crucifiaient, ce n’est donc pas rien pour une tunique d’occasion. Voir Jean 19:23-24

      C’était juste une remarque en passant, alors que ce n’était pas le sujet de la prédication, mais cela me semblait pouvoir être utile afin d’aider les auditeurs à ne pas prendre tout ce que disent les prédicateurs pour argent comptant : on a dit et répété que Jésus était pauvre et n’aimait que les pauvres… ce qui est manifestement faux. Il n’est pas si pauvre, Pierre avait une entreprise de pêche et on voit qu’il l’a encore après avoir suivi Jésus (Jean 21), Jésus est proche ami de Marthe qui a une grande propriété…

      Et encore 14:12 Quelle drôle d’idée de se faire en embaumer à l’avance ! Pourquoi cette ´ pratique ´ n’est-elle pas entrée dans les mœurs ? Ce serait peut-être moins triste

      • Parce que c’est un piège de penser que la personne est dans la tombe : quand le corps est mort, la personne est autrement vivante. Comme le disent ces récits du matin de Pâques : dans le tombeau il n’y a plus rien d’intéressant, rien de Jésus.

      Et: ‘…on immolait la Pâque…’ : que faisait-on au juste ? Encore des moutons sacrifiés?

      • >Oui. Et mangé en méchoui : c’est institué ainsi depuis l’origine de cette fête (Exode 12:3). Manger l’agneau, le partager avec ceux qui manquent : c’est afin de prendre des forces pour se mettre en route le lendemain, en route vers le salut que Dieu nous donne.

      Et: 14:24 De quelle alliance s’agit il ? ( mon ignorance est sans limite) .

      • L’alliance nouvelle : celle fondée par l’amour infini de Dieu pour chaque personne de la multitude, sans condition. Et c’est aussi l’alliance nouvelle annoncée par les prophètes, où chaque personne individuelle sera prophète ou prophétesse, directement par l’Esprit de Dieu, par sa Parole dans le cœur de la personne (Jérémie 31:31-34)

      Et 14: 26 : quels cantiques chantait-on ?

      • Des Psaumes, les mêmes que ceux que nous avons dans la Bible, mais avec des airs que nous ne connaissons plus, à ma connaissance. La mélodie de nos Psaumes datent du XVIe siècle.

      Et encore (!) : 14:27 ´… il est écrit ´ : où trouver ce qui est écrit ( réf demandée) . Pourquoi frapper le berger et disperser les brebis ?

      • Il est écrit « Le roi des Juifs. » (une erreur de manipulation avait effacé une ligne dans ma feuille. Désolé.

      Dieu vous bénit et vous accompagne

      1. Catherine dit :

        Cher Monsieur,

        Merci de vos promptes et intéressantes réponses, utiles et apaisantes pour certaines ( notamment ´dans le tombeau il n’y a plus rien d’intéressant ´) .

        Cependant par exemple comment peut-on mélanger des données si terrestres ( manger des moutons) pour avoir la force d’aller chercher le salut de Dieu ( notion immatérielle ) ?

        Et (je pourrais continuer sans fin) pourquoi est-il demandé à l’homme de chercher le (son) salut ? Est-ce afin d’échapper à l’enfer ? Pourquoi toujours ces menaces ?

        Moi la Bible me fait peur .

        Je vous laisse maintenant et vous souhaite ainsi qu’aux vôtres la meilleure période de Pâques possible.

        1. Marc Pernot dit :

          Bonjour Madame

          L’humain n’est pas un pur esprit, c’ets pourquoi cela nous aide de nous donner des signes, des rites, ses symboles afin de mieux prendre en compte les réalités spirituelles. A conditon de ne pas prendre le signe comme aucci, voire plus, important que la réalité qu’il devrait servir, bien sûr. C’est à cela que servait le fait de partager et de manger un agneau à Pâque.

          Vous avez raison. je pense que le salut est donné par Dieu sans que nous le cherchions. Comme père et mère nous ont donné la vie dans que nous la cherchions. C’est pourquoi il est juste et bon de ne pas se sentir menacé par Dieu, mais comme j’essaye de l’expliquer sans cesse, faire peur aux gens est souvent un outil de manipulation des gens.

          Il y a des façons de lire la Bible qui ne font pas peur. Puisque nous sommes sous la grâce de Dieu, son amour immérité et éternel, qu’il cherche à nous soigner, nous élever, nous faire du bien… il suffit d’interpréter la Bible sous cet angle là.

          Ce n’est donc pas le salut que nous cherchons mais c’est à vivre d’une belle façon, et cela demande effectivement une recherche, un investissement en temps et en énergie. Mais cela n’a rien d’étonnant car tout est ainsi : pour la forme physique, pour l’intellect, pour la paix intérieure, pour la paix avec les autres, pour apprendre à jouer de la musique… Pour travailler notre intériorité et notre façon de vivre et d’espérer aussi.

          Dieu vous bénit et vous accompagne

          Marc

    2. Pascale dit :

      Bonjour
      Apparemment, le verset Marc 14:27 fait référence à Zacharie 13:7.

  2. Philippe dit :

    Merci pour cette lecture sur le rôle et la personnalité de Judas qui fait réfléchir à une autre hypothèse. Et si Judas n’avait pas livré Christ ? Et si Christ avait continué à aimer, à professer et transmettre l’amour de son Père aux hommes, jusqu’à renverser et chasser les Romains ? Le sacrifice de la mise en croix aurait été évité et peut-être que les hommes auraient davantage compris que l’amour est le seul but de Dieu.

    1. Marc Pernot dit :

      Je suis du même avis que vous, l’histoire aurait pu tourner autrement. Même sans Judas, Jésus savait se protéger et en montant encore une fois à Jérusalem pour la Pâques il fait un peu de la provocation, il la joue un petit peu « ça passe ou ça casse », non ? Ça ça a tenu à peu de chose près que Jésus soit reconnu par le Sanhédrin, ou par Pilate.
      J’aurais aimé avoir des tomes entiers de parole et d’actes de Jésus. Cela aurait été effectivement assez différent, moins radical. Mais génial aussi.

  3. Pascale dit :

    Merci pour cette prédication que j’ai lue comme une invitation à éviter les jugements hâtifs, les tendances à ranger les gens dans des cases. La phrase qui m’a particulièrement touchée : « Par tous ces côtés, il est notre frère. »

    1. Florence dit :

      Bonjour ! En ce lundi de Pâques 1er avril 2024, je ne suis pas certaine que nous aurions été plus « gagnants » si Jésus avait eu un autre destin final et pas cette mort abjecte. En restant victime consentante de notre folie à nous, les humains, Jésus, en souffrant, dans ses malheurs, Jésus le « Supérieur » et Jésus le Lointain par ses qualités, se rapproche de nous, nos souffrances, notre fragilité, notre « infériorité » pénible, et nous pouvons ainsi aussi se percevoir un peu en Lui, Lui pardonner sa « Supériorité » naturelle, qui peut nous sembler autrement accablante, séparatrice, insurmontable. Il fait ce pas vers nous sans recours à une force « supérieure » à la nôtre, même la plus excellente, car dominés par cette force, cela restera toujours une domination, par nature exécrable, et pas un libre-choix.
      Jésus a choisi une autre voie, plus acceptable, digérable pour nous, la voie qui signifie sa « royauté » en cela qu’elle ne correspond pas à la nôtre mais qui nous y inclut paradoxalement.
      Le sang du Christ, c’est nous qui en avions besoin. Dieu n’a jamais eu le moindre besoin de gouttes de sang.
      Jésus a joué « perdant » à une échelle supérieure pour que nous soyons « gagnants » sur un autre plan et puissions nous réconcilier avec nous-mêmes et avec notre Père, ce qui n’est pas évident du tout !
      Très belles Fêtes de Pâques et un merci spécial au pasteur Marc Pernod pour vos interactions si bénéfiques !!!

  4. Lili dit :

    Merci pour cette analyse invitant à relire le rôle du fascinant personnage de Judas.

    Je ne suis pas tellement sûre non plus que Jésus condamne Judas mais qu’il ait pitié de lui et qu’il lui pardonne sa trahison (le « malheur »), oui, après tout, c’est bien possible. Je ne serais pas allée jusque là mais je veux bien vous suivre sur ce point parce que cette dimension des relations humaines est quasi inévitable. Elle s’entend aussi lorsque les disciples se demandent dans un examen de conscience « est-ce moi ? ». Ce n’est pas de la fausse modestie mais voilà, c’est si vite arrivé : Pierre, si certain de ne pas renier le Christ, le trahit aussitôt ou presque, les disciples ne peuvent rester éveillés seulement une heure au moment où leur maître vit dans une angoisse terrible et il ne reste pas grand monde au pied de la croix… oui douze trahisons sont si vite arrivées. Et je suppose que la question est aussi implicitement adressée au lecteur.

    Pour moi aussi, cette trahison accentue l’humanité de Jésus et en fait sur ce point quelqu’un d’accessible, un frère aussi peut-être : il va douter, demander que la coupe s’éloigne si possible, son âme est triste à en mourir… toute chose qu’une vie humaine décline à l’envi. Alors qu’auparavant je ne le trouve pas si accessible : il parle par énigmes, réalise des prodiges, randonne mieux que Kilian Jornet et évite toutes les embuches tendues par ses opposants, choses qu’on ne se rappelle pas avoir réalisées, en général. Pour Judas, la fraternité est plus évidente de bout en bout.

    Alors, je trouve vraiment décisive la trahison qui va permettre l’affichage, certes dramatique, de la parole. Une parole peut-elle se soutenir longtemps sans une contestation qui vient lui donner toute sa couleur, son épaisseur, ses développements, toute sa précision – d’où suivent les démarches de Paul, de Saint Augustin et d’autres tout au long des siècles – ce qui participe à la rendre visible et désirable ?

    Je ne crois pas que si Jésus était retourné à ses charpentes ou s’il avait continué ses prédications la suite eût été de la même dimension. On aurait toujours pu protester que l’Ecriture n’était pas accomplie entièrement et qu’on s’était trompé de Messie. Le soufflet serait retombé peut-être.
    Et Jésus n’aurait pas ajouté grand chose au fondement de sa pensée en vivant cinquante ans de plus car l’essentiel était déjà là, non ? Peut-être des variations en kilomètres, oui, agréables à lire, d’autres paraboles et quelques miracles supplémentaires mais il y a déjà assez de propos décisifs pour agir à sa suite si l’on veut. En plus, on peut déjà se perdre dans quatre évangiles, et même dans un seul, alors si on en avait rempli une bibliothèque…

    1. Marc Pernot dit :

      Mil mercis !

      Très intéressant. En particulier votre remarque sur l’apport décisif de la contestation.

      Je suis de votre avis. Jésus a dû ce dire qu’il avait à peu près fait le tour du sujet. Et que ce qu’il pouvait ajouter était d’aller droit au but, ça passe ou ça casse. Et ça a cassé.

      Mais perso, j’aurais préféré cinquante ans d’exercice de plus, j’imagine son discours grandir avec ses disciples, peut-être explorer d’autres dialogues qu’avec les pharisiens, avec un stoïcien, avec un disciple d’Esculape sur les techniques de soins, avec un maître du talmud, avec un gnostique… qu’il fasse équipe avec Paul. Qu’il nous surprenne.

    2. Pascale dit :

      « Je ne crois pas que si Jésus était retourné à ses charpentes ou s’il avait continué ses prédications la suite eût été de la même dimension. »
      En filigrane, cela signifierait alors que la violence était préférable, ce dont j’ai du mal à imaginer de la part de Dieu. En tout cas, une chose est certaine, c’est que cela aurait évité l’horrible théorie du sacrifice nécessaire à la rémission des péchés, ce qui n’est pas rien !

    3. Florence dit :

      Que de différents points de vue intéressants ! Je me suis mal exprimée auparavant, j’ai dit « nous » à la place de « je », généralisant mes sentiments, excusez-moi, vraiment sans prétention de vérité de ma part, mais pour exprimer le sentiment fort éprouvé par le calvaire du Christ qui passe de l’ excellent « maître » théorique et pratique au rang de pauvre hère brimé. Il vit une tribulation. Il l’accepte. Il embrasse la totalité. Il rejoint physiquement/psychiquement les opprimés qu’il a su sauver. Cela crée pour moi comme un « passage » entre Ciel et Terre, qu’on peut à loisir reprendre en sens inverse selon un exemple exemplaire. Cette incarnation spéciale (naissance/mort) du Fils de Dieu et aussi (son Père, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font !) me frappe particulièrement, peut-être bêtement mais c’est malheureusement ainsi pour moi !

      1. Marc Pernot dit :

        Très très bien !
        Merci beaucoup

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