Jésus, le temple et le figuier maudit (Évangile selon Marc 11:11-23)

Enregistrement audio de la prédication / Enregistrement audio du culte

(Voir le texte biblique ci-dessous)

prédication (message biblique donné au cours du culte)
à Cologny le dimanche 19 septembre 2021,
par : pasteur Marc Pernot

Fresque à Pompéi - Pannier de figues
Il y a quelques jours, une question m’arrive sur internet de la part d’un homme jeune qui a cheminé dans le Bouddhisme et qui mène en ce moment une recherche du côté des évangiles. Il y a bien des passages directement inspirants pour un néophyte dans les évangiles. D’autres passages sont plus difficiles, et cet homme butait sur ce curieux récit où Jésus semble maudire un figuier qui n’avait pas de fruits hors saison.

Notre lecteur des évangiles a eu bien raison de s’interroger. Bien sûr que ce récit n’est pas là pour rien. Il est même particulièrement important.

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Nous voyons ici Jésus entrer en rapport avec deux choses : le temple et un figuier aux belles feuilles. A chaque fois Jésus se déplace pour aller examiner sous toutes les coutures le temple puis le figuier. Les deux fois il a alors une parole forte, un reproche cinglant, puis une indication sur ce qui est essentiel à rechercher.

Ces deux histoires n’en font qu’une seule puisqu’elles sont imbriquées l’une dans l’autre : le temple, puis le figuier, puis le temple, puis le figuier. C’est une indication qui nous fait penser que nous avons là comme deux colonnes essentielles, indissociables : le temple et le figuier. Qu’ils forment comme un porche d’entrée sur l’essentiel puisque cet épisode marque l’entrée de Jésus dans la dernière partie si intense de son ministère.

Le temple et le figuier

Pour certains Juifs de l’époque (comme les Sadducéens), le temple de Jérusalem est véritablement la Maison de Dieu, et les rites qui sont opérés par les prêtres y sont l’essence même de la relation à Dieu. D’autres juifs (comme les pharisiens) accordaient d’avantage d’importance aux débats d’interprétation de la Bible plus qu’au temple. Nous avons donc là, avec le temple et l’étude de la Bible, les deux piliers de l’ouverture à Dieu pour les contemporains de Jésus.

Il est clair que Jésus s’implique ici dans la restauration d’un rôle plus spirituel du temple. Il est donc attendu qu’il travaille tout autant à proposer un juste usage de la Bible. Ce qui nous amène à la rencontre de Jésus avec ce figuier aux belles feuilles. Quel rapport avec l’étude de la Bible ? Dans la culture de l’époque le rapport est clair. Le figuier évoquait l’étude de la Bible à cause de la forme variée de ses feuilles, image de la variété des interprétations. À cause aussi de l’abondance de ses fruits et du fait que le moindre petit bout de figue est fécond car les graines sont disséminées partout dans la pulpe. Le fuit est ainsi à l’image de la multitude de sens possibles de chaque lettre de la Torah.

Nous voici donc avec un double récit qui nous invite à développer une démarche de prière et d’étude pour entrer au cœur de la foi. C’est un programme personnel qui nous est proposé. Et c’est aussi un programme pour une église afin qu’elle puisse rendre un service utile en étant à sa juste place, au service de la vie des personnes.

Démarche de Jésus : aller et voir, avoir faim

La première chose que nous avons à observer dans un épisode de l’évangile est la démarche de Jésus, car ces textes ont été écrit pour cet usage. Cela découle directement de cette conviction qu’ont les auteurs des évangiles que Jésus est le Christ, il est ainsi pour nous à la fois une source qui nous aide à avancer, et il incarne l’humain accompli, tel que Dieu l’espère (l’alpha et l’oméga, Apoc. 22:13).

Jésus entre dans Jérusalem, dans le temple. Il y a là, donc, une invitation pour nous. Ce n’est pas une question de géographie nous invitant à aller faire un selfie à Jérusalem. Cette invitation est de se bouger, de cheminer, d’entrer en nous-même dans le temple de notre corps, là où bat le cœur de notre être, là où respire notre souffle.

Ensuite, Jésus observe, il regarde bien tout. Puis il prend le temps de la réflexion pour analyser avant d’agir. C’est une démarche existentielle toute simple, d’entrer en nous même et d’observer notre façon d’être. L’entrée dans le temple nous invite, je pense, à avoir une observation tout particulièrement attentive sur ce que nous mettons en place comme exercice pour travailler notre spiritualité, notre relation à Dieu. Car une grande part de notre liberté sur ce que nous serons demain réside là : dans ce que nous mettons en place personnellement pour travailler sur l’évolution de notre être.

Il est donc urgent de bien examiner cela. Et il est urgent de prendre le temps du discernement afin de nous organiser dans ce domaine, de bâtir et de réformer, de purifier ce qui gagnerait à l’être. C’est ainsi que l’on pourra espérer de bons fruits, en travaillant à la racine de notre être, qu’elle puise dans l’essentiel.

À deux reprises nous avons ici cette démarche de Jésus d’aller voir : tant pour le temple que pour le figuier. Dans les deux cas, Jésus intervient ensuite avec vigueur, avant d’ajouter une phrase d’enseignement et de promesse. Ses gestes sur le temple et sur le figuier évoquent tous les deux un travail de désencombrement. Afin de remettre l’essentiel au cœur. Ce travail de Jésus s’étend sur trois jours trois jours marquant l’entrée dans la dernière phase de son ministère de Christ, trois jours comme pour ressusciter notre façon d’être en relation à Dieu.

Le temple et la prière

En ce qui concerne l’action choc que Jésus mène dans le temple, la question pour nous n’est pas d’y voir une critique de la religion pratiquée par les Sadducéens, cela ne nous regarde pas. C’est pour ressusciter la foi de son lecteur que l’Évangile donne ce récit. La question est de lire ce geste salutaire de Jésus et de le recevoir ensuite sur notre propre religiosité, notre propre église. À nous, à chacun de nous, de faire ce travail pour que nos exercices religieux soient au service de notre prière, comme nous y invite Jésus, au service de notre relation particulière avec Dieu, nous reliant à lui sans intermédiaire. Le bon culte est celui qui nous donnera envie de prier, non pas pendant le culte, mais de prier pendant la semaine qui vient, de prier un petit peu plus ardemment, comme on voit Jésus le faire, se retirant à l’écart, seul, pour prier son Père dans le secret (Marc 1:35, 6:46, 14:35). De même, le bon rite de baptême, de communion ou de mariage est celui qui nous aidera ensuite à avoir une meilleure relation avec Dieu par la suite.

Afin de mieux nous recentrer sur cette intériorité de la relation à Dieu, Jésus désencombre physiquement le temple de ses accessoires. Il y a quelque chose de cistercien dans ce geste de Jésus, quelque chose d’iconoclaste. Une épuration des signes extérieurs pour faire place à la relation, pour donner faim d’être avec Dieu dans une simple relation, d’être devant lui, avec lui. Même Dieu est ici dématérialisé, ce qui est essentiel et pas évident pour l’humain si prompt à s’attacher à ce qui est tangible : Jésus rappelle ce verset de la Bible où la maison de Dieu c’est la prière d’une personne ordinaire. C’est là que Dieu fait sa demeure, dans la prière de la personne. Même la prière du barbare dans sa steppe lointaine est bien plus la maison de Dieu que le temple de Jérusalem avec son formidable chandelier d’or.

Dégager l’essentiel, le désencombrer. C’est comme en cuisine, j’ai eu la chance de goûter cette semaine une tomate qui m’a rappelé que la tomate pouvait avoir du goût, avec trois gouttes d’huile d’olive et deux grains de sel : quelle émotion. C’est la simplicité qui rend justice à un bon produit, qui le met en avant. Or, excusez moi, mais il n’y a pas meilleur produit que d’être un instant avec Dieu.

Le figuier et la foi, la confiance en Dieu

En chemin vers le temple, Jésus a faim et voit un figuier aux belles feuilles. Ça tombe bien.

Avoir faim. Nous avons ici encore une attitude de Jésus qui est une invitation pour nous, bien sûr. Surtout que cette faim est ici mise en relation avec le figuier, évoquant l’étude de la Bible, ce second lieu d’action de Jésus dans ce récit. Il est intéressant que ce figuier et cette faim se trouvent sur le chemin qui mène à la prière. Cela oriente déjà le but de notre effort d’interprétation de ces écritures anciennes. Le but n’est pas d’en tirer des choses belles, brillantes, joliment découpées comme les feuilles de figuier peuvent l’être, chacune pouvant se montrer fière de sa jolie forme unique. Non. Le but de notre étude de la Bible et de nos recherches théologiques est de nourrir un cheminement vers une belle relation personnelle à Dieu. Devenir un lieu où il habite.

Ce que Jésus reproche à ce figuier c’est de ne pas avoir de fruit pour celui qui passe et qui a faim. Ce n’était pas la saison des figues ? La belle excuse ! C’est quand l’autre a faim que c’est la saison de produire du fruit. Après ce sera trop tard, ce sera inutile. Pour élever son enfant, il faut être disponible quand lui en a besoin, pas quand cela nous arrange. C’est cela aimer quelqu’un.

Cette logique de la disponibilité pour le besoin de l’autre, Jésus en parle et il la met en pratique par exemple en guérissant des gens à tout moment, même quand ce n’était pas normalement le bon moment, pas le bon jour, si l’on en croit les intégristes de l’époque.

Le figuier, donc, emploie sa sève à produire de magnifiques feuilles. Le mot feuille (עָלֶה alèh) en hébreu signifie également la montée, l’élévation, donc bravo pour les magnifiques interprétations poétiques et virtuoses, il y a là une élévation, c’est vrai. Seulement, cette élévation sera bonne seulement si elle produit des fruits nourrissant un beau cheminement spirituel. Alors qu’avec le figuier que dénonce Jésus, l’élévation personnelle est une fierté pour soi-même, pour la montrer, sans rien de nourrissant pour personne. Il y a là un poison, une logique asséchante, nous mettant même en danger. Même nos racines profondes peuvent alors se dessécher, ne plus faire monter en nous cette sève qui nous fait grandir et produire de bons fruits de vie.

C’est le diagnostic que Jésus pose sur ce figuier. Et il ajoute comme enseignement : « Ayez foi en Dieu (ayez confiance en Dieu) ». Voilà le fruit qui nous nourrit pour avancer sur le chemin vers notre capacité à prier Dieu d‘une façon sincère, personnelle et vraie.

Et cette confiance en Dieu, ajoute Jésus, rend efficace notre prière, elle la rend habitée par Dieu. Elle nous permet de faire ce miracle fort utile de pouvoir dire à cette montagne « Ote-toi de là et jette-toi dans la mer », et que cela lui soit donné.

Là aussi, cela tombe bien, je pense, car votre rêve le plus cher était précisément de pouvoir dire à telle ou telle montagne de dégager le chemin et d’aller se jeter dans la mer ? Non ? Pourtant cela devrait car nous avons faim d’être le plus en forme possible. Et que pour cela, Jésus nous propose de nous débarrasser effectivement de tas de fausses élévations qui encombrent notre capacité à avancer dans la vie. Pour nous, il jette tous les artifices religieux qui prenaient la place d’une vraie relation avec Dieu. Pour nous aussi, il jette l’élévation intellectuelle qui ne nourrissent pas de vrai cheminement. Il réalise cette espérance d’Ésaïe 40 :

Consolez, consolez mon peuple, dit l’Éternel,
Parlez au cœur de Jérusalem et criez-lui :
Que son combat est terminé !
Une voix crie dans le désert :
Ouvrez le chemin de l’Éternel,
Que toute montagne soit abaissée !
Alors le salut de l’Éternel sera manifesté,
Et toute chair le verra !

Qu’il en soit ainsi, pour vous et pour les vôtres.

Amen.

pasteur Marc Pernot

Textes de la Bible

Évangile selon Marc 11

11Jésus entra dans Jérusalem, dans le temple. Quand il eut tout regardé, comme il était déjà tard, il sortit vers Béthanie avec les Douze.

12Le lendemain, comme ils sortaient de Béthanie, il eut faim. 13Apercevant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s’il trouverait quelque chose sur lui, mais en y arrivant, il n’y trouva rien que des feuilles — car ce n’était pas la saison des figues. 14Jésus lui dit alors : Que plus jamais personne ne mange de ton fruit ! Et ses disciples l’entendirent.

15Ils allèrent à Jérusalem. Entrant dans le temple, il commença à chasser ceux qui vendaient et ceux qui achetaient dans le temple, il renversa les tables des changeurs et les sièges des vendeurs de colombes. 16Et il ne laissait personne transporter un objet à travers le temple. 17Il les instruisait et leur disait : N’est-il pas écrit : Ma maison sera appelée maison de prière pour toutes les nations ? Mais vous en avez fait une caverne de bandits.

18Les grands prêtres et les scribes l’entendirent, ils cherchaient comment le détruire, ils avaient peur de lui parce que toute la foule était changée par son enseignement.

19Quand le soir fut venu, Jésus et ses disciples sortirent de la ville. Et le matin, en passant, les disciples virent le figuier desséché depuis les racines. 21Pierre, se rappelant ce qui s’était passé, lui dit : Rabbi, regarde, le figuier que tu as maudit s’est desséché.

22Jésus leur dit : Ayez foi de Dieu. 23Amen, je vous le dis, celui qui dira à cette montagne : « Ote-toi de là et jette-toi dans la mer », sans hésiter dans son cœur, mais en ayant confiance que ce qu’il dit arrive, cela sera à lui.

(Cf. traduction NBS)

 

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6 réponses

  1. Pascale dit :

    1) Vu comme cela, l’histoire du figuier devient tout à coup sympathique ! C’est d’ailleurs votre spécialité de rendre sympathique n’importe quel passage des évangiles.
    2) « C’est là que Dieu fait sa demeure, dans la prière de la personne … Devenir un lieu où il habite. » En rapprochant cette phrase du Psaume 27 « Il y a une chose que je demande : Habiter la demeure de l’Éternel chaque jour de ma vie. », finalement chacun habite chez l’autre, ce qui somme toute est assez logique. Quel beau programme que de tendre vers cette intimité !
    3) Beaucoup d’émotion en lisant cette phrase : « il n’y a pas meilleur produit que d’être un instant avec Dieu.» Enthousiasme communicatif.

    • Marc Pernot dit :

      Chère pascale, Grand merci !
      Bien vu pour cette curieuse image d’habiter en Dieu et que Dieu habite en nous, elle se retrouve je pense une demi-douzaine de fois dans les derniers entretiens de Jésus selon Jean 14 et 15.

  2. Tyanne dit :

    J’ai beau essayer – comme à chaque fois que vous parlez d’un sujet sur lequel je bloque – non ça ne passe pas… Il y a un temps et une saison pour chaque chose. Il y a un temps pour donner des fruits, il y un temps ou on ne peut tout simplement pas en donner. Et l’amour, c’est aussi savoir accepter cela chez l’autre. L’amour, ce n’est pas qu’une question de donner et recevoir au moment qui arrange les autres. C’est aussi une faculté de comprendre que parfois, on ne peut pas donner, on ne peut pas recevoir. Parfois, ce n’est pas le moment, et puis c’est tout! C’est cela, les saisons de la vie, et c’est ainsi que Dieu lui-même les a créées. Je trouve cela extrêmement culpabilisant de laisser supposer que ce serait une excuse pour ne pas donner aux autres ce qu’ils attendent de nous. Et je trouve cela extrêmement perturbant que Jésus ait eu l’idée de maudire à travers le figuiers, les pauvres gens qui font ce qu’ils peuvent et qui ne peuvent tout simplement pas toujours être à la hauteur de ses espérances. Le temple, le figuier.. ok.. Quant à l’image du figuier qui ne porte pas de fruits et se contente d’être fier de ses feuilles, je n’ai personnellement jamais été fière de moi. Et je porte pas de fruits non plus. Parce que la vie, le passé, la famille, l’éducation, les souffrances, les blessure font que je suis le figuier que je suis. J’en ai marre d’être accusée d’être qui je suis. Je suis qui je suis! Mais j’ai l’outrecuidance de croire que Dieu m’aime, même si Jésus lui, n’est pa satisfait de moi.

    • Marc Pernot dit :

      Chère Tyanne
      Vous avez raison. Et je suis tout à fait d’accord avec ce que vous dites.
      J’ai dû mal m’exprimer.
      Il n’est pas question ici d’œuvres, mais d’exercices spirituels. Le figuier n’est pas une vigne. Le figuier évoque la lecture de la Bible et la question est d’examiner ce que procure en nous la lecture de la Bible. Est-ce de la fierté de pouvoir exprimer des interprétations virtuoses ? Des connaissances subtiles ? Ou est-ce que notre lecture de la Bible, notre recherche philosophiques nous élève l’âme, nous donne soif de Dieu, du Dieu vivant ?
      Il n’ jamais été question de la part de Jésus de mépriser les personnes qui font ce qu’elles peuvent et qui ne peuvent pas beaucoup ». Bien sûr. Et je ne pense pas que ce soit la questions ici dans ce passage à propos du figuier. Il a parfois été interprété comme figurant telle ou telle catégorie de personnes, des lectures se sont même laissées aller à l’antisémitisme, ou pour fustiger les personnes non pratiquantes en œuvres de piété ou de charité. Je ne pense pas que ce soit pertinent, personnellement.
      Ce qu’il faut c’est que le figuier de votre recherche théologique, biblique et spirituelle vous inspire. C’est à dire travaille à la racine de votre être. Elle ne peut de toute façon pas travailler au niveau des fruits, ce serait comme d’attacher des grappes de raisin avec une ficelle sur les branches d’un sapin en espérant que le raisin murira bien, ça ne marche pas comme ça.
      Manifestement, votre figuier interne a produit ses fruits puisque vous avez cette conviction que Dieu vous aime telle que vous êtes. C’est exactement le fruit que j’attendais d’un figuier de réflexion biblique, c’est d’apporter à manger à la personne qui passe le fruit de la foi, de la confiance en Dieu. Votre figuier a donc fait un sacré bon boulot. Vosu avez assimilé ce fruit. La racine, votre racine est solidement implantée dans une terre profonde irriguée par la Parole de Dieu (comme le dirait le Psaume 1er). Effectivement, maintenant l’arbre que vous êtes est bien engagé dans la vie, vous pouvez grandir et porter votre fruit en votre temps, votre saison (comme le dit encore le Psaume 1er).
      N’ayez crainte, ni Dieu ni Christ ne vous accusent, ils aiment ce que vous êtes, comme vous êtes. J’en suis absolument persuadé.
      Dieu vous bénit et vous accompagne

  3. HL dit :

    C’est génial d’avoir évoqué par un léger clin d’œil malicieux mon cheminement face à des passages des la Bible « plus étonnant » comme le « figuier maudit  » de l’Evangile de Marc

    Je vous en remercie et je trouve vraiment sincère de vous baser sur dès questionnements réels de personnes comme moi en recherche spirituelle
    Je suis actuellement sur Paris et je n’arrive pas à trouver une paroisse , une communauté pour assister aux cultes … « gymnaser » selon votre terme et participer aux activités et pourtant j’ai essayé
    Cela suffit il que je reste sur une paroisse en ligne ?
    Naturellement c’est à moi de poursuivre mon cheminement et de chercher ..
    Bien fraternellement

    • Marc Pernot dit :

      C’est moi qui vous remercie. Franchement.

      Oui, on peut « gymnaser » sa foi et sa réflexion comme on veut, ou plutôt comme on peut et selon notre propre sensibilité, notre propre fonctionnement. Ce qui correspond à telle personne peut convenir ou non à telle autre. Cela fait partie de la richesse de l’humanité. Dans ce domaine, le mieux est d’être pragmatique : expérimenter, sentir si cela nous fait avancer ou non, si ça nous rend plus bienveillant, espérant, priant.

      Je pense qu’il est bon de rejoindre de temps en temps une assemblée, c’est vrai. C’est le fait de sortir physiquement de chez soi pour aller dans un lieu étrange par rapport à notre vie quotidienne, un lieu évoquant pour nous une recherche de Dieu, un lien avec les générations, y retrouver des personnes non choisies, diverses, différentes et pourtant humaines ! S’ouvrir à ces paroles millénaires, chanter (même faux) ces chants comme un exercice du corps, le nôtre vibrant, et le corps que nous formons avec les autres. Se questionner avec les paroles de la Bible, et quelques remarques dessus, éventuellement prendre et manger un bout de pain, le goûter dans sa bouche comme une saveur. Repartir après ce temps hors du temps, hors de la vie quotidienne, et observer souvent, de façon diffuse, que cela nous a fait du bien, prendre un temps d’écart dans tout ce qui fait notre quotidien. C’est effectivement une dimension irremplaçable, à mon avis que cette dimension collective. J’aime qu’elle soit calme et belle. Simplement. Mais bien entendu, si vous n’y êtes pas sensible, ce n’est pas non plus indispensable. Bien sûr.

      Dieu vous bénit et vous accompagne

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