Du rôle des psaumes d’imprécation (par Claire-Lise Rosset)

chemin dans une campagne, au petit matin - Image par pen_ash de Pixabay

Déjà, se mettre en chemin, ou espérer se mettre en chemin.

La justice de Dieu, mais laquelle ?

Face à la violence, quelle justice ?

Les psaumes d’imprécation sont là pour nous montrer comment l’orant jeté à terre appelle Dieu à la vengeance des ennemis, répondant à la violence subie. Ces psaumes ont leur place dans le canon biblique, ils aident l’orant à crier sa colère contre l’injustice subie et surtout ne pas la refouler.* La colère contre l’injustice protège de la dépression. Tant que je ne décolère pas contre l’injustice, je suis vivante. Tant et si bien que Jésus donne ce commandement : Cherchez premièrement le Royaume de Dieu et sa justice et toutes ces choses vous seront données par-dessus.
(* cf Psaumes censurés, Quand la prière a des accents violents, André Wénin, Cerf, 2017)

Mais suit le commandement divin : Tu ne te vengeras pas. On sait bien que la Vendetta peut être pire dans ses actes que la violence subie. Il ne s’agit pas de faire le dos rond, de se taire face au mal subi, ni de ne pas déposer une plainte pénale suivant quoi, mais la question que je me pose est : que faire des persécutions dans nos propres familles, dans nos églises ou autre qui ne trouvent que du déni ?

Comme Asaph au psaume 73 qui envie la prospérité des «méchants », j’ai « réfléchi là-dessus pour m’éclairer » , et cela a été pour moi-même un véritable et éprouvant combat spirituel, comme Jacob qui se roule dans la poussière avec Dieu au torrent du Jabbok en Genèse 32.

« Nous sommes des êtres finis. Et les expériences négatives et malheureuses de nos vies nourrissent ce que Paul Ricoeur appelait la tristesse du fini : le manque, la perte, la crainte, le regret, la déception, la dispersion, l’irrévocabilité de la durée. »

(Méditations du crépuscule, Bernard Poupard, Salvator, 2015, p. 24)

Que faire de cette tristesse du fini, sinon l’accueillir au crépuscule de ma vie où tant de regrets m’accompagnent ?

Et pourtant, dans un retournement de la notion de justice, malgré mon épuisement, malgré des symptômes physiques qui ne cessent de s’ajouter les uns aux autres, ma joie – très intériorisée – est dans ma filiation divine à ce Père des miséricordes et du Dieu de toute consolation. Aimée d’un amour fou par ce Dieu qui a voulu que j’existe, m’identifiant à ce Christ crucifié plus que glorifié, ma joie est dans la méditation de sa Parole qui est Esprit et Vie.

Est-ce cela « recevoir au centuple » lors de persécutions de toutes sortes dont il est parlé en Marc 10 : 30 ?

Claire-Lise Rosset

N’hésitez pas à proposer un beau texte de foi qui vous aurait inspiré.

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Marc Pernot

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