Des versets qui m’interpellent, qui me parlent. Quels sont les vôtres ?

Par : pasteur Marc Pernot

Illustration : manuscrit de la mer morte - fichier wicommons auteur वियानी विन्सेंट डिसिल्वाCe travail d’un ami me donne envie de faire un appel à votre contribution.
Si vous nous disiez quels versets de la Bible résonnent d’une manière particulière en vous ?
Ce serait un beau service, un geste fraternel.
Et merci à Raphaël de créer ainsi et d’inaugurer avec profondeur, une intelligence et une sincérité qui ne peuvent laisser indifférent :

Matthieu 7:7-8

« Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve et l’on ouvre à celui qui frappe. »

Ces versets m’interpellent. En effet, au fond il est assez facile de donner. Donner son sang, donner de son temps etc… Mais l’aptitude à recevoir est bien plus compliquée à développer. Surtout lorsque, dans mon cas, Dieu est synonyme de Dignité. Pourtant, quitte à faire une réponse de catéchisme, c’est en apprenant à recevoir que l’on apprend à donner.

Matthieu 13:31-32

« Le Royaume des cieux ressemble à un grain de sénevé qu’un homme a pris et semé dans son champ. C’est la plus petite de toutes les semences, mais quand il a poussé, il est plus grand que les légumes et devient un arbre, de sorte que les oiseaux du ciel viennent habiter dans ses branches. »

Au-delà de la poésie des mots et des images j’aime cette idée de progression lente, de cette pointe de lumière timide et chatoyante qui se transformerait graduellement en soleil rayonnant. C’est le terme qui me revient souvent lorsqu’une personne m’impressionne par son humanité : je la qualifie d’être rayonnant. Je trouve cette métaphore tout à fait parlante car le sentiment religieux est à la fois la chose la plus élémentaire et la plus prometteuse. Et avec un peu de culture et d’entretien ce sentiment primaire peut devenir véritablement constructif et fructueux.

Matthieu 14:14-21

La Multiplication des pains.

Contrairement à bien des gens les récits de miracles me touchent beaucoup. Je comprends l’épisode de la multiplication des pains comme une invitation au partage. Un don d’amour gratuit en appelle nécessairement un deuxième puis un troisième, qui en provoqueront d’autres à leur tour, et ce de façon exponentielle. En d’autres termes, quand je donne, je ne perds rien, bien au contraire.

Matthieu 28 :20

« Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. »

Cette promesse de fidélité formulée au présent en clôture de Matthieu est bouleversante. Je crois avoir lu quelque part qu’il s’agissait d’un ajout postérieur. Quoiqu’il en soit, avec cette phrase Jésus devient ce roc sur lequel on peut bâtir sa maison, cette étoile que l’on peut suivre dans la nuit noire etc….

Marc 2:11

« Lève-toi, prends ton lit et va dans ta maison. »

Un miracle qui m’invite à transformer ma faiblesse en force, à toujours me tenir droit, et à me mettre en marche.

Marc 4:17

Le Semeur.
« …quand ils entendent la parole, ils la reçoivent d’abord avec joie; mais ils n’ont pas de racines en eux-mêmes, ils croient pour un temps et, dès que survient une tribulation ou une persécution à cause de la parole, ils y trouvent une occasion de chute. »

Comme tout lecteur assidu de la Bible j’ai lu cette parabole des dizaines de fois en pensant, très satisfait de moi, être la bonne terre. Et pourtant, qu’elle ne fut pas ma surprise lorsque, dans une période d’abattement, j’ai compris que ce verset était pour ma pomme. J’adore ces moments où l’Evangile s’impose à nous et nous prend en flagrant délit !

Marc 12:34

« Jésus, voyant qu’il avait répondu avec intelligence, lui dit : Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu. Et personne n’osa plus lui proposer de questions. »

Ce verset assez décalé me fait rire et réfléchir. Quels que soient nos élans, n’oublions pas d’user de notre sens critique. L’intelligence, comprise comme notre capacité de faire appel à une sorte de bon sens, est primordiale dans une démarche religieuse. Cette précaution résonne profondément en moi car, bien que d’apparence taciturne, je succombe facilement à la ferveur, la passion…

Luc 17:20-21

« Les Pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le Royaume de Dieu. Il leur répondit :<< Le Royaume de Dieu ne vient pas manière à frapper les regards. On ne dira point : Il est ici, ou : Il est là. Car voici, le Royaume de Dieu est au milieu de vous.>> »

Je ne suis pas sûr de faire une bonne lecture de ce passage. Quoiqu’il en soit je le comprends ainsi. Le Royaume de Dieu n’est pas à attendre. Il peut advenir dès aujourd’hui et je peux vivre dedans – quitte à en être le seul habitant – en vivant de la parole du Dieu de Jésus Christ. C’est un Royaume intérieur.

Luc 21:34-36

« Prenez garde à vous-mêmes, de crainte que vos coeurs ne s’appesantissent par les excès du manger et du boire, et par les soucis de la vie, et que ce jour ne vienne sur vous à l’improviste; car il viendra comme un filet sur tous ceux qui habitent sur la surface de toute la terre. Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous ayez la force d’échapper à toutes ces choses qui arriveront, et de paraître debout devant le Fils de l’homme. »

Je ne pense pas être tout à fait au point sur les discours eschatologiques du Nouveau Testament. J’aime à croire que Jésus nous parle moins de la fin des temps, que de la fin de notre ancien être. Et donc de notre ‘nouvelle naissance’. J’aime cet appel à la vigilance. Veiller et prier pour que notre coeur ne soit pas engourdi ou atrophié par les difficultés de la vie, le confort moderne et la paresse spirituelle. Vivre en relation avec Dieu demande des efforts quotidiens et nécessite même une certaine discipline. Car malheureusement l’essoufflement, la lassitude ou le désenchantement arrivent promptement.

Romains 8:22-26

« Nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement. Et ce n’est pas elle seulement; mais nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps. Car c’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance qu’on voit n’est plus espérance : ce qu’on voit, peut-on l’espérer encore ? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance. De même aussi l’Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables. »

L’essentiel est invisible pour les yeux, comme l’écrivait St Exupéry. Mais il est exprimable. Le terme ‘prémice’ me semble tellement juste. Avec l’Evangile je devine presque les contours du visage de Dieu, et pourtant, Il reste par essence un mystère insondable. Je le touche du bout des doigts car Jésus dessine du bout de son doigt les lignes de ce visage. Et c’est cette tension, ce portrait à jamais inaccompli qui est le coeur même de la foi. Je n’ai que les prémices de quelque chose d’incroyable, mais ce qu’il me manque je l’accepte avec joie et confiance.

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2 réponses

  1. Pascale dit :

    Une très modeste contribution à cette liste.
    Un des passages de la Bible que je préfère est tout bêtement le premier chapitre de la Genèse, il me dit tellement de choses sur Dieu. On ouvre la Bible et paf, en quelques lignes, on se retrouve avec une telle richesse. J’aime en particulier les versets 2, 3 et 4 :
    « La terre était un chaos, elle était vide ; il y avait des ténèbres au-dessus de l’abîme, et le souffle de Dieu tournoyait au-dessus des eaux.
    Dieu dit : Qu’il y ait de la lumière ! Et il y eut de la lumière. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière et les ténèbres.»
    Dieu n’a pas créé les ténèbres mais seulement la lumière, cela me dit que Dieu est source uniquement de bonnes choses, qu’aucun mal ne vient de Dieu.

    • Marc Pernot dit :

      Excellent.
      Grand merci.
      L’effet « j’ouvre, et paf richesse énorme », je trouve qu’on le retrouve avec l’Evangile selon Jean (qui s’est inspiré du « j’ouvre et paf » de la Genèse, d’ailleurs).

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