Transgenre, j’ai peur que la religion entre en contradiction avec le principe même de ce que je suis

illustration : jeune homme dans des feuilles d'automne - Image par Free-Photos de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Je suis un jeune homme transgenre (né femme, faisant actuellement une transition sociale, médicale et administrative) pour être reconnu en tant qu’homme.
Je m’intéresse depuis quelques temps à la foi, et envisage une conversion au protestantisme. Cependant, j’ai peur que la religion entre en contradiction avec le principe même de mon existence et de mon identité (à laquelle je ne souhaite en aucun cas renoncer)
Quelle est la situation des personnes transgenre dans le protestantisme en Suisse? Avez-vous connaissance de l’existence de pasteurs transgenre ?

Je vous remercie de votre attention, et, d’avance, de votre réponse

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Monsieur

Il n’est absolument pas question dans notre église protestante que qui que ce soit porte un jugement sur qui vous êtes et ce que vous êtes. Bien sûr, on n’est jamais à l’abri d’une personne ayant des problèmes psychologiques l’amenant à blesser son entourage. Ce serait tout à fait exceptionnel, et devrait amener le pasteur à réagir en rappelant à cette personne les fondamentaux du vivre ensemble. De plus, je ne vois pas en quoi cela regarderait qui que ce soit que vous soyez né femme.

Il est possible que dans des églises dites « évangéliques » et dans certaines paroisses « catholiques » vous rencontriez un accueil bien différent.

Je ne connais pas de pasteur transgenre en Suisse ou en France, mais ce n’est pas impossible qu’il y en ait. Comme je vous l’ai dit, le passé de quelqu’un ne nécessite pas nécessairement de publicité quand il ou elle est consacré(e) pasteur. Si votre question est d’envisager éventuellement de devenir pasteur vous-même, la question est ailleurs. Être pasteur ce n’est pas se passionner pour le Christ, la Bible ou Dieu car cela est commun à tous les chrétiens engagés. Pour être pasteur, il faut en plus se passionner pour les gens (quels qu’ils soient, et c’est parfois un peu triste), et encore plus difficile : s’intéresser à l’église. Je vous conseillerais donc de vous engager d’abord dans une paroisse protestante comme paroissien, puis comme bénévole actif pendant quelques temps avant de discerner si la fonction de pasteur vous correspondrait.

En Suisse, comme dans le reste de l’Europe, il existe des personnes homophobes, racistes, transphobes, xénophobes… en proportion plus ou moins importante. Le populisme nouveau ne respecte apparemment pas le rempart des valeurs de base d’une société civilisée ni dans ce domaine ni dans son rapport à la vérité. Cela n’aide pas. Mais dans le protestantisme, les choses avancent. Certes trop lentement à mon goût, mais elles avancent en tout cas sur la plan théologique et pastoral. Dans les églises protestantes suisses, il y a encore quelques hésitations quant à la cérémonie religieuse de mariage de deux personnes de même sexe, alors que dans le monde bien des églises protestantes ont pu avancer sur cette question depuis des années. Cette question devrait être résolue tout prochainement en Suisse en en particulier à Genève.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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1 réponse

  1. Marc Pernot dit :

    C’est fait! L’Eglise protestante de Genève a choisi ce soir 28 novembre 2019, d’offrir un accompagnement totalement inclusif, en particulier envers la communauté LGBTI en ce qui concerne notamment la bénédiction des unions civiles de couples de même sexe.

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