pierre de guérison en pendule - Image par OSTC de Pixabay
Développement

Médecines parallèles, guérisseurs : un chrétien a-t-il le droit d’y recourir ?

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Un pasteur interrogé sur les médecines parallèles (homéopathie, guérisseurs, magnétiseurs…) rappelle que le chrétien est libre sous la grâce de Dieu : « tout est permis », à condition de discerner par soi-même, avec intelligence et Esprit, sans tomber dans le moralisme ni négliger les soins vitaux.


Par : pasteur Marc Pernot

Question posée :

Bonjour Marc,

Une fois n’est pas coutume, je prends l’initiative de partager une question que j’ai abordée avec quelqu’un il y a peu : si on est chrétien, a-t-on le droit de recourir à des médecines parallèles : homéopathie, fleurs de Bach… Ou de faire appel à un « guérisseur » ou à quelqu’un qui a le « secret » ? Ne serait-ce pas la porte ouverte au Mal ?

Merci de ta réponse éclairante, comme à chaque fois.
Bien à toi. Amitiés,

Réponse d’un pasteur :

Cher collègue,

Mille mercis pour tes encouragements, tes articles et tes partages fraternels.

Et merci pour cette question.

Un chrétien est sous la grâce : « tout est permis »

Je commencerai déjà par répondre que, par définition, « un chrétien a le droit de ». Car il est sous la grâce de Dieu.

Ensuite, comme le dit très justement l’apôtre Paul : « Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile ; tout m’est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit. » « Tout est permis, mais tout n’édifie pas. » (1 Corinthiens 6.12 et 10.23)

Discerner par soi-même : intelligence et Esprit

Cela ouvre à d’assez bonnes questions, que la personne doit se poser pour elle-même, afin de trancher par elle-même dans un choix qui pourra être : je choisis de ne pas le faire, je choisis de le faire, ou de le faire un petit peu, en complément… Les organes, si je puis dire, permettant de se décider devraient être l’intelligence (eh oui), éclairée par le Saint-Esprit (qui souffle comme il veut, comme il peut, et qui est plein de surprises). Ces « organes » se renforcent, s’assouplissent et s’affinent dans l’exercice régulier, comme tous les muscles et talents de notre magnifique personne. Mais pour cela, encore faut-il précisément que le chrétien se sente autorisé à pratiquer cet exercice du questionnement libre et responsable, l’exercice du choix personnel, puis du retour plus tard sur ce que l’on a fait, pour voir (toujours avec l’aide de Dieu, afin de pouvoir observer avec plus d’intelligence et de clairvoyance).

Le rôle des Églises : éviter le moralisme, annoncer la grâce

C’est pourquoi je pense que les Églises et les prédicateurs doivent faire eux-mêmes un travail sur soi afin d’éradiquer tout moralisme, et aider plutôt chacune et chacun à progresser dans ce geste du « tout est permis mais… », à assumer cette vocation chrétienne. L’annonce de la grâce inconditionnelle de Dieu est bien entendu la base de la base pour entrer dans cette démarche.

Et sur les médecines parallèles en particulier ?

Ensuite, sur cette question très pratique des médecines parallèles et autres guérisseurs, magnétiseurs, énergies et chakras… c’est vrai que je ne suis absolument pas client. Il me semble que cela distrait des véritables enjeux. Mais c’est très personnel. Si cela fait un peu de bien à telle personne, si cela ne l’empêche pas de faire appel, quand il le faut, à des soins vitaux, si elle n’encourage pas des personnes influençables à se détourner de soins vitaux…

La personne humaine est une réalité extrêmement riche et complexe, les interactions entre nos différentes dimensions existent, et la notion même d’« être en bonne santé » n’est qu’en partie objective.

Avec mes amitiés.
Dieu te bénisse et t’accompagne dans ton ministère.

Marc Pernot, pasteur à Genève

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