Seuls les chrétiens seraient dans la vérité, pourraient parler à Dieu ?

Par : pasteur Marc Pernot

une main jette un vieux mouchoir dans une poubelle - Image par analogicus de Pixabay

Non, Dieu ne nous jettera pas comme si nous étions un vieux mouchoir d’occasion.

Question d’un visiteur :

Bonjour

Bonjour pasteur j’espère que vous allez bien.

Dans la bible c’est écrit que nul ne vient au père que par moi en parlant de Jésus ,est ce que ça veut dire que les autres religions qui n’ont pas Jésus ne peuvent parler à Dieu.

Il est dit aussi : Quiconque nie le Fils n’a pas non plus le Père – quiconque confesse le Fils a aussi le Père (1 Jean 2:23), donc seuls les chrétiens seraient dans la vérité ?

merci pasteur pour votre réponse

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Il y a effectivement quelques versets assez forts pour dire que hors du Christ point de salut. Ils sont principalement dans le courant johannique, me semble t-il. Cela est d’autant plus intéressant est que Jean est par ailleurs le plus ouvert, le plus universaliste. Par exemple dans cette première lettre de Jean, nous avons à la fois :
  • « Tout esprit qui se déclare publiquement pour Jésus-Christ venu en chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne se déclare pas publiquement pour Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist. » (1 Jean 4:2-3).
  • « Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour. » (1 Jean 4:7-8).
La première proposition semble dire que seul un chrétien convaincu et proclamant sa foi en public est sauvé
La seconde proposition semble dire que toute personne animée d’une certaine générosité est sauvée, est même enfant de Dieu.
Nous retrouvons cette paire d’équivalence une deuxième fois un tout petit peu plus loin (la pédagogie est l’art de la répétition), cette fois là dans la même phrase :
  • « Celui qui déclarera publiquement que Jésus est le Fils de Dieu, Dieu demeure en lui, et lui en Dieu. Et nous, nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour; et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. » (1 Jean 4:15-16).
Cela veut dire que « se déclarer publiquement pour Jésus-Christ venu en chair » est synonyme de « ‘aimer ». Ce qu’il confirme par ailleurs à plusieurs reprises dans ce passage en disant quelque chose de ce genre :
  • « Si quelqu’un dit: J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur; car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas? Et nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son frère. (1 Jean 4:20-21).
Donc, la vraie « confession de foi » en Dieu, c’est d’aimer.
Il n’y a pas plus ouvert non seulement aux autres religions mais même aux athées que cette affirmation. Mais quand on détache la moitié de la proposition de l’ensemble de la démonstration de Jean, cela donne effectivement un terrible message d’exclusivisme : seul celui de ma petite religion à moi sera sauvé, tous les autres sont dans les ténèbres de l’erreur, voué aux enfers, bien entendu. Avec à la clef la présentation d’un dieu terrible, au lieu de Dieu non seulement qui aime, mais qui est amour, à 100%, qui est Lumière et en qui il n’y a pas la moindre ténèbre, nous dit Jean en introduction de cette lettre.
Donc, un verset comme celui que vous citez « nul ne vient au père que par moi » en parlant de Jésus (Jean 14) peut être lu de deux façons diamétralement opposées :
  • Comme une fermeture, un exclusivisme : seule la foi en Christ est bonne, et nul ne peut avoir accès à Dieu en dehors de la foi chrétienne.
  • Comme une ouverture, un respect : toute personne qui prie, ou même toute personne que l’on constate être un petit peu vivante (!) a bien dû avoir accès au Père, au Dieu créateur, sinon cette personne ne serait même pas vivante (puisque c’est Dieu qui est source de vie), et elle n’aurait même pas eu l’idée de prier. Donc cette personne est d’une certaine façon, même faiblement, un frère ou une sœur du Christ.

Il va de soi que je préfère la seconde façon de comprendre. Je pense sincèrement que c’est ce que veut dire Jean.

Toute prière, tout soupir inexprimable est entendu par Dieu. Il écoute (lui).

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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