24 février 2024

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Question

Peut-on aujourd’hui faire « le vœu d’un nazir » comme évoqué dans la Bible ?

Par : pasteur Marc Pernot

Question posée :

Bonjour ,

Peut-on aujourd’hui faire « le vœu d’un nazir » et surtout sortir de ce vœu ?

Merci de votre réponse

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Le vœu de Nazir dans la Bible

C’est vrai que ce vœu est évoqué dans la Bible au chapitre 6 du livre des Nombres :

L’Eternel parla à Moïse, et dit: « Parle aux enfants d’Israël, et tu leur diras: Lorsqu’un homme ou une femme se séparera des autres en faisant vœu de naziréat, pour se consacrer à l’Eternel, il s’abstiendra de vin et de boisson enivrante; il ne boira ni vinaigre fait avec du vin, ni vinaigre fait avec une boisson enivrante… Pendant tout le temps de son naziréat, le rasoir ne passera point sur sa tête; jusqu’à l’accomplissement des jours pour lesquels il s’est consacré à l’Eternel, il sera saint, il laissera croître librement ses cheveux. Pendant tout le temps qu’il a voué à l’Eternel, il ne s’approchera point d’une personne morte… » À la fin de sa période de naziréat, il fait une offrande en sacrifice à Dieu, coupe ses cheveux et les brûle avec son offrande.

Il n’est pas impossible non plus que Jésus ait lui-même fait ce vœu si l’on comprend l’expression « Jésus de Nazareth » comme signifiant « Jésus le Nazir », et non pas tout simplement que Jésus venait de la vielle de Nazareth, ce qui est plus que plausible historiquement.

Adapter la religion à notre personne et aux circonstances

En tout cas, je n’ai jamais entendu quelqu’un faire ce genre de vœu de nazir aujourd’hui. Il faut dire que tous ces codes et rites, interdits et obligations, sacrifices et sanctions parfois épouvantables ne font pas partie des passages de la Bible qui retiennent fortement notre attention.

Apparemment, c’est un vœu qu’une personne fait à Dieu, c’est volontaire et temporaire. C’est apparemment assez limité comme exercice, rien de terriblement difficile.

Alors aujourd’hui ? Si l’on voulait s’inspirer de cela ? Comment faire ?

De toute façon, il me semble que Jésus insiste pour que nos exercices spirituels soient quelque chose d’intime et discret afin d’être le plus sincère possible (Matthieu 6). Il cite l’exemple du jeûne, de la prière, de l’aumône. Donc, à mon avis, si l’on veut se donner un temps pour se consacrer plus intensément dans un lien fort avec Dieu, c’est quelque chose que l’on fait dans son cœur, face à Dieu. De plus, on voit dans ce passage que le naziréat était pour une période donnée, choisie, comme on fait une retraite. Enfin, il est bon de savoir rester souple et être prêt à interrompre ou adapter son vœu, en fonction de notre évolution personnelle, en fonction des circonstances, en fonction de ce que notre conscience nous dit après avoir réfléchi et prié. Dieu aime et comprend.

A mon avis, si l’on tient à s’inspirer de ce rite, il serait bon de chercher authentiquement ce qui fait sens pour nous-même, dans notre contexte. Et compte tenu des suggestion que nous donne le Christ vis à vis à vis de la religion, afin que ça aille dans le sens de notre développement. Le fait de ne pas boire de vin et de ne pas se couper les cheveux n’est pas le point fondamental. Ce qui importe est ce qui est derrière ce genre de pratique, son esprit, ce que l’on cherche en réalité, ce que l’on espère construire avec Dieu. A première vue, il me semble que c’est plutôt le fait de se retirer un moment de sa propre routine, chercher à se recentrer sur l’essentiel, sur ce qui est notre propre fond personnel, sur notre relation à Dieu. Quel exercice se donner pour cela ? C’est à chacun de faire preuve d’imagination, sans chercher l’héroïsme, au contraire, le faire plutôt modestement, simplement, discrètement. Pour un temps que l’on se donne, avant de reprendre une vie plus détendue.

Apparemment, cette pratique du naziréat est très solitaire, individuelle. C’est vrai que la foi et la pratique personnelle est l’essentiel, mais un juste équilibre entre la pratique religieuse intime et une recherche collective avec de vraies personnes en chair et en os, est à mon avis le plus favorable pour avancer. Chacune de ces deux dimensions, intime et collective, pouvant se stimuler mutuellement, et servir aussi de garde fou à l’autre dimension. Ensuite, quel équilibre, en quelle proportion, avec quels exercices, à quel moment de sa vie… c’est à chacun de trouver, et d’évoluer avec souplesse.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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