Peur que mes enfants laissent tomber la foi chrétienne, est-ce par amour propre, ou pour leur salut ?

Par : pasteur Marc Pernot

grand-père et son petit fils sur une luge - Image par Alexandra_Koch de Pixabay

De la joie et la confiance pour une partie de luge à une joie et une confiance pour sa propre vie ?

Question d’un visiteur :

Bonjour
Je viens vers toi avec une question toute personnelle, pour laquelle j’apprécierais d’avoir ton point de vue. J’aimerais te dire que mon interrogation n’est pas particulièrement urgente, donc prends le temps qu’il te faut pour me dire ce que tu en penses : Sur mes trois enfants, j’en ai deux qui ont un conjoint non-chrétien, et ce n’est pas sans conséquence. Ce que j’observe c’est que ce choix n’est pas anodin, mais oriente leur vie vers un christianisme non confessant (si du reste cela existe). En écrivant cela je me rends compte que ma peur, c’est que mes enfants laissent tomber la foi chrétienne. Je me demande si c’est de ma part un excès d’amour-propre (par fierté personnelle), ou si c’est une peur pour eux : auront-ils un jour à rendre compte de leur « tiédeur » ? Je vois poindre dans ces questions un relent de mon parcours en milieu évangélique, mais ma peur est-elle tout de même un peu fondée, qu’en penses-tu ?

Je te souhaite une bonne continuation, en particulier dans ton web-ministère, et je te remercie pour ton écoute et ton approche des questions de vie. A bientôt de tes nouvelles, avec mon amitié fraternelle, Dieu te renouvelle dans tes entreprises.

Réponse d’un pasteur :

Cher Guillaume

Merci pour tes encouragements.

Quand au salut éternel de tes enfants, je suis persuadé que cela tient tout simplement à l’amour de Dieu pour eux. Tu arrives bien à les aimer, toi, tels qu’ils sont. Et Dieu n’y arriverait pas ? Eh bien si, bien entendu. Et c’est précisément pour cela que Jésus-Christ est « évangile », bonne nouvelle, et non « dernier avertissement aux mécréants ». Ce n’est donc vraiment pas le problème de ce côté-là. Faisons confiance à la grâce de Dieu.

Tu as tout à fait le droit d’avoir un certain amour propre dans ce que deviennent tes enfants. Sinon ? Il faudrait avoir cet immense dévouement d’éduquer un enfant et ne ressentir aucune fierté de le voir devenir une bonne personne épanouie ? Il y a une légitime fierté. Mais à mon avis il n’y a pas à culpabiliser quand on a essayé et que l’on n’a pas réussi à transmettre la foi à ses enfants. Parce que précisément la foi ne se transmet pas de force. C’est hyper personnel. Quel mission alors pour les parents chrétiens ? On essaye de vivre sa propre foi d’une belle façon : c’est bien. On donne un enseignement théologique et biblique de base à ses enfants : c’est bien parce que cela leur donne des outils de réflexion et leur permettra de choisir en connaissance de cause. Le reste leur appartient. Qu’ils aient une foi vivante ensuite ou qu’ils soient indifférents, la mission a été accomplie. L’éventuelle joie de voir un de ses enfants avoir une foi vivante est un bonus, une grâce : une joie pour eux, comme tu le dis. Et une joie pour ceux qui y ont contribué, aussi, c’est normal.

Ton score me semble largement au dessus de la moyenne, avec tes trois enfants dont aucun n’est hostile à la foi, et tous s’intéressent au moins un peu.

S’il y a un certain investissement régulier de leur part dans une recherche théologique et spirituelle, quelle qu’en soit le rythme et la façon. C’est déjà excellent, car c’est cela qui simule un cheminement. Et c’est ainsi que le patrimoine transmis à la génération suivante sera vivant.

Si, au moins, ils pouvaient se poser des questions, philosopher avec leur conjoint non chrétien. Ce serait bien car le pire est de vivre sans se poser des questions, juste ballotté par l’air du temps et l’humeur de l’instant. Dans ce cas, avec une bonne éducation, il peut encore rester au moins quelque reste de valeurs à la première génération, celle des enfants, mais souvent il ne reste plus ni réflexion, ni foi, ni valeurs à la génération d’après, celle des petits enfants. Et là, ça commence à faire mince. Jusqu’à ce que l’un ou l’autre se pose des questions à son tour, ou soit saisi par une expérience spirituelle, ou lise la Bible… ou veuille se saisir de la foi de son grand-père. Souvent, cela passe ainsi des grands parents vers les petits enfants, ou arrière petits enfants maintenant que nous visons plus âgés et en meilleure forme…

Dieu te bénisse et t’accompagne, toi et ta joyeuse tribu…

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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1 réponse

  1. Pascale dit :

    Il est vrai que certains milieux sont assez culpabilisants quant à l’éducation des enfants. Si l’un d’eux a le malheur de ne pas être chrétien, il y a toujours une raison à trouver du côté des parents.Ce n’est pas forcément facile de se détacher de tels jugements.
    Pour ma part, je pense qu’on fait notre job de parents du mieux que l’on peut avec ceux qui nous sont confiés. Le reste ne nous appartient pas.
    Mes deux enfants ont reçu la même éducation : cours de religion à l’école, catéchisme en église suivi d’un baptême choisi. Ils sont maintenant des adultes indépendants. Ma fille est mariée, elle et son mari sont tous les deux très engagés dans une église ; mon fils est célibataire et se déclare non croyant sans toutefois se désintéresser des questions existentielles ou philosophiques. Je n’ai aucune raison d’être plus fière de l’un ou l’autre.

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