
Ma fille s’est suicidée : Dieu peut-il lui pardonner ?
Une mère endeuillée craint que Dieu n’ait pas pardonné à sa fille suicidée. Un pasteur répond : le suicide est une maladie, non un choix libre, et l’amour de Dieu comme le lien qui unit une mère à son enfant ne sont jamais rompus par la mort.
Question posée :
Bonjour
Ma fille s’est suicidée après une dépression. Suite à sa mort, je me suis tournée vers le Seigneur et je suis maintenant une chrétienne protestante pratiquante. Malheureusement, ma fille n’a pas eu cette chance-là. J’ai peur que Dieu ne lui pardonne pas son geste, car le suicide est un meurtre. Je voudrais tant la retrouver un jour, je prie le Seigneur pour avoir cette grâce, car c’est moi la plus coupable : je ne lui ai pas donné l’enseignement de l’Évangile.
Réponse d’un pasteur :
Bonsoir
D’abord, toute ma compassion car ce qui vous arrive est parmi les plus terribles à vivre pou rune mère.
Dieu ne rejette pas la personne suicidée
Vous vous demandez « J’ai peur que Dieu ne lui pardonne pas son geste. » Alors là, vraiment, vous pouvez faire confiance en Dieu dont l’amour dépasse tout ce que l’on peut imaginer.
En plus, je pense que l’on ne choisit pas de se suicider. Au contraire, on se suicide quand on a l’illusion que l’on n’a plus de choix. Ce qui, objectivement, est en général faux, mais c’est pour cela que l’on voit bien que le suicide est une maladie. C’est comme un cancer du moral.
Donc, Dieu abandonnerait-il quelqu’un qui souffre profondément de sa maladie ? Non, jamais.
L’amour est plus fort que la mort, que la maladie
Manifestement, vous n’êtes pas coupée de votre fille. Vous l’aimez et lui voulez du bien encore aujourd’hui, évidemment. Le lien n’est donc pas rompu. La Bible dit que c’est l’amour qui est plus fort que la mort, et c’est une expérience, ce n’est pas seulement un espoir. Dans la vie future, ce lien restera, à mon avis. Ce lien d’amour qui n’a jamais été coupé. Ce lien se vivra autrement, car nous serons transformés, vivant autrement que dans un corps. Mais ce sera ce même lien qui vous lie aujourd’hui. Vous recevez d’elle, et elle reçoit de votre amour aujourd’hui encore, et d’une certaine façon cela l’aide à avancer, je pense. Comme nous avons besoin ici-bas d’amour et que cela nous fait avancer.
En tout cas, vous aimez manifestement votre fille et vous continuez à lui vouloir du bien. Dieu ne l’aime pas moins. Dieu aussi lui voulait tout le bien possible et il continue à lui vouloir du bien pour la suite de son chemin dans la vie.
Les parents invitent à la foi, les enfants sont libres de ne pas l’avoir
Bien sûr, vous auriez pu donner à votre fille l’enseignement chrétien, et cela aurait été une bonne idée. Est-ce qu’elle serait devenue chrétienne pour autant ? Il y a, mettons, une chance sur deux, au mieux (d’expérience). Car ce n’est pas la connaissance qui fait la foi, la connaissance aide. Ensuite, si elle était devenue chrétienne, est-ce que cela l’aurait empêchée de subir une dépression ? La foi aide, c’est vrai, mais ce n’est pas une garantie contre la dépression non plus. Est-ce que la foi l’aurait empêchée de se suicider ? J’espère, mais parfois cette maladie du moral est comme un cancer, vraiment, et la maladie est la plus forte. Comme je vous le disais, de toute façon, il est totalement déraisonnable de se suicider, c’est comme de jeter une superbe Maserati à la poubelle parce que le cendrier est plein.
Comme parent : faire ce que l’on peut est déjà très bien
Alors oui, bien sûr, il y a un million de choses que nous n’avons pas faites, ou que nous avons faites et qui étaient une erreur, ou qui auraient pu être mieux faites pour nos proches : passer plus de temps, montrer plus d’amour… oui, d’accord, mais bon. La mission des enfants est de faire avec ce qu’il y a eu de bien dans ce qu’ils ont reçu des parents (et des autres), et de gérer les manques, les erreurs et les blessures comme ils le peuvent, en acceptant de se faire aider, aussi, car personne n’est Superman, et même Jésus s’entoure de ses amis dans les moments difficiles. Grandir, c’est un travail de digestion. La mission des parents est de faire ce qu’ils peuvent, comme ils le sentent au moment où ils ont à le faire. On ne peut pas demander plus aux parents. Et je suis certain que vous avez fait cela. Alors oui, vous n’êtes pas Dieu, ce n’était pas parfait, mais il y avait plein de bonnes choses. J’en suis persuadé.
Accueillir la grâce et le pardon de Dieu
Donc, je suis d’accord pour votre repentance. C’est bien. Vous l’avez placée devant Dieu, c’est très bien. Mais maintenant, c’est assez. Vous allez au culte, l’annonce de la grâce de Dieu qui commence le culte, cette annonce est pour vous. Après la repentance, il y a l’annonce du pardon de Dieu, ce pardon est pour vous. À la fin du culte, la bénédiction de Dieu est proclamée, cette bénédiction est pour vous. Le temps de la repentance, des remords et des regrets doit se clore un jour. Ressusciter et vivre. Je sais que ce n’est pas facile. Et c’est là que Dieu aide. Il est source de résurrection.
Dans le deuil : dépasser ce qui est mauvais, garder le bon
Pour le reste, il ne faut pas non plus en rester au seul suicide de votre fille. Elle est autre chose que cela pour vous, il serait bien dommage que cet acte horrible vienne effacer pour vous sa belle personnalité et ses beaux gestes.
Dieu vous bénit et vous accompagne,
par : pasteur Marc Pernot
En écho à ce texte :
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Si ma mère s’est suicidée, est-ce que Dieu l’acceptera dans la vie éternelle ?
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On m’a dit que que le suicide était un péché, que je risquais d’être encore plus mal que maintenant car j’allais être une âme errante.
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Suicide en phase terminale pour abréger ses souffrances : Dieu peut-il pardonner ?
