05 mars 2024

photo en noir et blanc de vagues et d"écume - Photo de Saxon White sur https://unsplash.com/fr/photos/photo-en-niveaux-de-gris-declaboussure-deau-u4JA5PFQpyw
Bible

La Terre est-elle devenue informe et vide après la création par Dieu (Genèse 1:1-2) ?

Par : pasteur Marc Pernot

Question posée :

Bonjour
La Terre est-elle devenue informe et vide : HAYAH veut dire être, devenir etc….en hébreu
C’est satan qui a péché avant l’homme et qui a séjourné,il me semble, sur la Terre avant Adam. d’après mes sources .
Merci pour votre réponse

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Bravo de creuser la Bible et de chercher du sens pour votre vie. Ces textes bibliques, et en particulier ces premières lignes de la Bible ,se prêtent à bien des interprétations possibles, ont été commentés de millions de différentes façon. Et c’ets cela qui est génial. Sentez-vous donc très libre. Il n’y a pas une unique façon de les interpréter, ces textes sont à lire pour réfléchir sur sa propre vie, sa propre foi, sur sa propre vocation.

Voilà ce texte de la Genèse, les premiers mots de la Bible :

« 1. Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.
2. La terre était un chaos, elle était vide ; il y avait des ténèbres au-dessus de l’abîme, et le souffle de Dieu tournoyait au-dessus des eaux.« 

Est-ce que Dieu aurait d’abord fait le verset 1. avant que l’histoire continue avec le verset 2 ( le chaos et le vide vient après) ? Ou est-ce que le verset 1. est comme le sujet que développe la suite, expliquant comment Dieu procède ?

En général, les théologiens qui lisaient la Bible, tant juifs que chrétiens, ont d’abord lu ces lignes de la 2e façon. Dieu n’aurait ainsi pas créé la terre tout bien comme il faut, puis le chaos serait venu après.

L’idée d’une création à par Dieu à partir de rien, « ex nihilo », est une idée tardive (relativement), apparaissant dans certains milieux chrétiens à partir du IIe siècle.

Selon Genèse 1:1-2, la terre n’est pas devenue informe et vide. Il me semble que selon ce texte, tout était informe et vide à l’origine. Et que c’est en partant du chaos que Dieu commence cette création par son souffle, son Esprit venant effleurer le chaos primordial. Puis par la « parole », commençant à mettre en lumière, puis dans un mouvement d’évolution d’avancer.

  • Cette lecture est parlante pour nous : Dieu s’approchant avec délicatesse de ce qui est chaos en nous, et Dieu travaille ainsi pour faire émerger de la vie bonne.
  • Cette lecture nous invite à agit comme cela nous-même dan sle monde : avec douceur, par la parole.

Quant à « satan », ce mot hébreu n’est pas une nature, ou une créature, il est une fonction : celle d’être « ennemi ». Il y a bien des façons d’être ennemi de la vie, du bien et de Dieu. En particulier en nous-même.

C’est vrai que dans certains milieux chrétiens « l’ennemi » a pris la figure d’une sorte de dieu méchant. Cela a pu commencer quand les hébreux ont été en contact avec les religions mésopotamiennes qui avaient parfois une théologie dualiste : avec un dieu bon et créateur et un dieu méchant qui déconstruit : c’est ce genre de théologie qui a parfois influencé les hébreux. Mais précisément le texte de création de la Genèse a été inspiré par des textes bien plus anciens et qui, à la base étaient écrits avec ces deux dieux. Les hébreux se sont approprié ce s textes mais avec un Dieu unique, entièrement bon et créateur, qui n’agit plus en se battant contre un dieu méchant mais qui affronte le chaos pour ouvrir un espace pour la vie.

Il y a donc bien des sources évoquant la création. De toute façon, ce ne sont pas des récits qui parlent de l’histoire de l’univers que nous connaissons, pour cela il vaut mieux chercher du côté de la science. Ces récits de création que nous avons dans la Bible sont des prédications qui parlent de notre propre évolution dans notre cheminement de vie, ces textes parlent du sens de ce qui existe et de notre rapport à Dieu. Et ces textes sont passionnants pour cela. Ils partagent une expérience humaine de foi qui a nourri des milliers de débats dans l’humanité, et qui nous en font profiter. A nous ensuite de les lire d’une belle façon, avec l’aide de l’Esprit de Dieu, pour en vivre d’une plus belle façon encore.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

Partagez cet article sur :
  • Icone de facebook
  • Icone de twitter
  • Icone d'email

Articles récents de la même catégorie

Articles récents avec des étiquettes similaires

4 Commentaires

  1. Marie-Dominique dit :

    Un bon sujet de réflexion pour moi de fait il y a plusieurs sens mais La Force du Mal Absolu i.e les horreurs d ou vient elle les tentations de Jésus au désert plus tard des ex periences vécues- le cure d Ars Padre Pio – montrent qu il y a des forces destructrices « et sans raison sérieuse..s il en est de crédibles l orgueil et l égoïsme

  2. Patrick dit :

    « Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ; selon qu’il nous a élus en lui avant la fondation du monde (…) nous ayant fait connaitre le mystère de sa volonté selon son bon plaisir, qu’il s’est proposé en lui-même pour l’administration de la plénitude des temps, savoir de réunir en un toutes choses dans le Christ, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre » (Éphésiens 1:3-10).

    Le dessein de Dieu pour la création a toujours été de réunir toutes choses en Christ, celles qui sont dans les cieux et celles qui sont sur la terre, projet impliquant évidemment la manifestation de Jésus Christ et l’œuvre de la croix pour le conduire à sa perfection. Dieu a donc créé le monde pour l’amener en Christ à la perfection, raison pour laquelle l’imperfection fait partie de notre contexte. Nous ne faisons pas partie d’un monde que Dieu aurait raté, comme si Dieu était faillible, mais d’un monde qui est la manifestation visible d’un processus inaltérable se déroulant conformément au plan infaillible de Dieu. Il nous fait connaître l’imperfection avant de nous faire connaître la perfection. Notre imperfection temporaire nous permet aussi de réaliser que notre héritage incomparable en Christ ne vient pas de nous, mais de Dieu. « Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Dieu, et non pas à nous » (2 Corinthiens 4:7).

    1. Marc Pernot dit :

      Merci pour ce témoignage

  3. François dit :

    Une fois pour toutes, il faudrait ne jamais oublier que la Bible commence – et finit – par un poème. L’auteur – inconnu – de ce poème a repris un récit fort ancien, et l’a mis sous sa forme écrite avec le génie que nous lui connaissons – du moins dans sa forme primitive ; les additions de seconde main sont assez nettement sensibles. Donc le poème met Dieu en avant dans Sa création du monde, et le poème ne souffre pas de faiblesses. On peut évidemment s’interroger sur la nature du serpent, mais ceci est une autre histoire.
    Car en toute chose, il faut retenir que Dieu est celui qui coordonne, qui crée, qui façonne, qui construit, et qui se repose aussi. Le diable, puisqu’il faut mettre un nom sur ce concept, c’est littéralement l’absence de Dieu, le moment où nous ne sommes plus occupés de et par Dieu, et où nous nous laissons aller dans tous les « pièges » fréquents dans ce monde.
    Mais au terme du jour vient la nuit, la possibilité de se retourner en soi-même, et de reprendre contact avec Dieu, qui est notre conscience. Un bonne occasion de claquer le bec à tous les empêcheurs de tourner en rond !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *