Je m’intéresse au protestantisme mais Calvin me semble triste, et j’ai des ancêtres catholiques

Par : pasteur Marc Pernot

Sébastien Castellion

Sébastien Castellion (1515-1563). Il écrit : « Tuer un homme ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme. »

Question d’un visiteur :

Cher Pasteur,

J’ai 23 ans. J’ai tout à coup un besoin de remettre en question mon existence et notamment ma religion. Née dans une famille de confession catholique et n’ayant reçu aucune éducation religieuse particulière, je me rend compte que mon rapport avec Dieu est de plus en plus étroit. Je me suis toujours intéressée aux religions. Je me pose énormément de questions sur Dieu et pas seulement sur lui, sur la vie d’une façon générale cependant Dieu revient souvent.J’ai étudié diverses choses sur le christianisme, le judaïsme et l’Islam, mais sans jamais être convaincue.

Pourtant j’ai un besoin immense de croire en Dieu. Je n’arrive pas à l’expliquer, je pense avoir toujours cru en Dieu mais pas aussi fort qu’aujourd’hui. Je n’ai jamais su le définir, je n’arrive pas à voir qui il est, mais je me sens très proche de lui. Je prie et pense à lui souvent. Malheureusement la façon dont les religions parlent de Dieu notamment de nos jours me laisse perplexe et déconfite. Pardonnez moi de dire ce que je pense, mais avec certains islamistes qui font de lui un tyran menaçant, avec les évangélistes américains qui en font un outil de propagande et une marionnette sectaire et le Vatican qui ne comprend rien à rien sous prétexte de ne pas toucher au dogme, je n’ai pas envie de m’en approcher davantage, bien que j’aimerais sincèrement. Quelque chose me rebute, un côté austère que je n’arrive pas à comprendre.

Je suis née dans une famille où la liberté de conscience est très importante sans pour autant tout accepter, à partir du moment ou cela devient dangereux et nocif pour soi et pour les autres. Ma mère ayant reçu une éducation religieuse catholique très stricte, elle s’est toujours refusée de nous imposer une quelconque façon de percevoir Dieu. Autant pour elle que pour moi, connaître Dieu est un cheminement qui se fait grâce aux divers évènements et expériences que nous rencontrons dans la vie. Et depuis mon acceptation à l’armée, je veux m’affirmer auprès de Dieu, j’ai donc étudié et lu beaucoup de chose sur la religion. J’ai donc refait le même chemin, Christianisme, Judaïsme et Islam. Je me suis intéressée à la branche de mes ancêtre le catholicisme, dans lequel je n’ai pu me rapprocher de Dieu. Trop compliqué, trop tiré par les cheveux, trop superstitieux, trop d’interdits, trop idéaliste. Je respecte le Pape parce qu’il représente une certaine partie des chrétiens et qu’au final nous sommes tous liés par Jésus et par Dieu mais je ne reconnais pas son caractère sacré. Alors j’ai étudié le protestantisme et me suis rendue compte que la façon dont ma mère nous avait enseigné la religion était beaucoup plus proche de ce dernier que de l’église romaine.

Je lui ai donc demandé ce qu’elle pensait de Dieu, du catholicisme, du protestantisme, de la religion et cela fut comme une évidence. Elle m’ expliqua qu’elle avait toujours été protestante au fond d’elle, mais qu’elle n’avait jamais désiré confirmer cela, en passant par un temple ou un pasteur car elle est née catholique.

Alors que moi, j’aimerais confirmer ma croyance en Dieu. Seulement il y a un hic, comme dit ma mère je suis née dans une famille catholique, nous ne pratiquons pas la religion mais nous avons un immense respect à l’égard des nos ancêtres. Ma famille maternelle vient de l’ouest de la France, de Vendée, nous sommes particulièrement attachés au passé « Chouan », moi y compris puisque mon grand-père en est issu. J’ai peur qu’en changeant de foi, je ne trahisse non seulement mon grand-père mais aussi l’histoire de ma famille. Ces mots paraissent peut-être désuets à notre époque mais pour moi c’est important, je sais par exemple que si ma grand-mère était encore en vie elle me rejetterait, trop catholique pour accepter ça. Que dois-je faire? certaines personnes s’en ficheraient mais moi j’ai besoin de mettre de l’ordre dans ma vie et de mettre les choses au clair en ce qui concerne ma spiritualité. Je me retrouve davantage dans le protestantisme que dans le catholicisme.

J’ai donc et je suis en train d’étudier un peu plus le protestantisme, Calvin, Zwingli, Luther, de Bèze, Knox, Castellion…etc j’ai commencé à lire la Bible. Au fil du temps je commence à voir un peu plus clair. Cela dit des choses me dérangent, je trouve que certains prédicateurs comme Calvin ou Knox sont un peu durs et sombres, est ce grave si je ne me retrouve pas dans leur façon de voir les choses? Il y a bien entendu un contexte à tout cela mais en comparaison à Sébastien de Castellion dont j’ai pu lire quelques extraits d’ouvrages et que j’aimerais découvrir un peu plus, Calvin à l’air plutôt austère, pourtant il fait partie de la base protestante.

Pour moi la pratique n’est pas forcément nécessaire dans la religion, je n’avais pas l’habitude de pratiquer chez les catholiques et je sais que je ne pratiquerai pas plus si je suis protestante. Il m’arrive de me recueillir dans une église mais cela s’arrête là. Dieu est dans mon cœur et je prie souvent, cela suffit-il? suis-je obligée de faire une profession de foi pour être protestante ou ai-je la liberté d’en décider moi-même?

J’imagine qu’il n’est pas aisé de répondre à des questions aussi existentielles, mais si vous pouviez me donner un conseil cela me serait d’une grande aide.

En vous remerciant de tout cœur.

Charlotte

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir Charlotte

Franchement bravo pour votre démarche si sincère dans le domaine de la foi, recherche de relation à Dieu mais aussi de l’intelligence et de l’inscription dans une fidélité, une histoire, une communauté

Dans ce dernier domaine, il est utile à mon avis d’être pragmatique, comme on le serait pour le choix d’un sport, par exemple. Tous les sports ne correspondent pas à toutes les personnes. Il en est de même pour le choix d’une religion (ou non), d’une église, d’une façon de pratiquer. Cela peut dépendre aussi du moment d’une existence. Par conséquent en choisir une, ou se partager entre deux églises, n’impose pas de penser que les pratiques que nous n’avons pas retenues seraient mauvaises.

C’est d’autant plus vrai pour ce qui est des églises chrétiennes. Il s’agit de modalités pratiques, de sensibilités particulières d’une même religion : la religion chrétienne. Et dans une même église ce qui va tout changer, c’est le rapport que chacun a avec son église, si elle vous laisse libre ou si elle est stricte avec les fidèles, si l’on se sent libre ou si l’on aime se laisser guider…

Donc, en choisissant une église chrétienne et une sensibilité personnelle dans cette église, vous êtes fidèles à tous les chrétiens engagés. Vosu êtes fidèle au fond (la personne du Christ comme chemin vers Dieu), et fidèle à leur façon de s’engager personnellement. En choisissant de vivre votre foi et de la travailler personnellement, à votre façon, vous êtes ainsi fidèle à la façon d’être de vos ancêtres chouans, à mon avis, mais aussi aux Réformateurs et aux géants que sont des personnes comme sœur Emmanuelle ou Schweitzer, ou Sébatien Castellion que vous appréciez et qui effectivement a eu le courage de dire ce qu’il avait dans sa conscience alors même qu’en faisant cela, Calvin a été fâché, et le pauvre Castellion avec sa famille nombreuse a dû prendre le chemin de l’exil sans le sous pour vivre… Ces personnes se sont engagées de façon personnelle, dans une vraie dynamique de foi et de justice. Les modalités pratiques dépendent ensuite de la personnalité de chacune et chacun, de la vocation personnelle et des circonstances. Nous n’allons pas non plus nécessairement prendre le même type de sandales et la même tunique que celle que Jésus avait… sous prétexte de le suivre sur son chemin. C’est une question d’abord de cœur et d’élan, qu’ensuite nous avons à actualiser, à incarner dans notre existence personnelle à notre façon.

A vous donc de voir ce qui vous correspond le mieux, ce qui vous permet de travailler votre foi et votre réflexion personnelles de la meilleure des façons pour vous aujourd’hui.

Bravo pour vos recherches sur Calvin, et les autres penseurs du XVIe siècle. Vous en connaissez probablement plus que moi sur cette question. Car si nous sommes calvinistes, c’est une filiation historique, et nous ne nous sentons absolument pas liés par la pensée de Calvin. C’est pourquoi nous ne nous disons pas calvinistes mais plutôt chrétiens (avec Jésus-Christ comme référence) et protestants (comme un appel à protester, c’est à dire à personnellement penser ce que l’on croit et chercher à dire et vivre ce que l’on pense).

Ce que nous gardons de Calvin, précisément, c’est plus des éléments de méthode : la dignité de chacun de lire la Bible et de penser sa foi, de prier personnellement, en ligne directe avec Dieu, c’est l’idée que sans cesse l’église et la théologie doivent se réformer, c’est l’idée centrale de la grâce de Dieu qui nous libère, précisément, dans notre cheminement personnel. Et c’est vrai que sur le rapport que nous avons avec l’église aujourd’hui à Genève nous serions bien plus proche de Sébastien Castellion que de Calvin ou de Luther… Mais le fait historique est que Luther et Calvin n’auraient pas pu faire basculer l’histoire sans leur extraordinaire force de (mauvais) caractère ?

Rien n’impose de penser comme Calvin son épouvantable (à mes yeux) double prédestination, ni la surveillance des mœurs dans Genève… Je pense que cette rigueur était une réponse à une critique fondamentale qui était adressée au protestantisme : des opposants disaient qu’en laissant ainsi les chrétiens libres d’interpréter la Bible par eux-même, libres d’être en ligne direct avec Dieu sans l’intermédiaire de l’église pour les guider, les gens allaient en profiter pour faire n’importe quoi, et que la société allait devenir complètement dévoyée, dans un libertinage et un brigandage permanent. Du coup, Calvin a voulu que Genève soit exemplaire, comme une cité témoin de ce qu’est un chrétien certes libre mais aussi responsable et guidé par Dieu.

A mon avis, le plus important est que vous choisissiez d’être chrétienne conformément à votre foi. Ensuite, le choix de l’église n’a pas tant d’importance, c’est un détail par rapport à cela. Et si vous choisissiez d’inscrire votre attache plutôt dans le protestantisme, cela n’interdit absolument pas d’aller à la messe quand cela vous inspire, ou de faire une retraite dans un monastère trappiste… Par contre ce qui importe, de toute façon, c’est de garder votre démarche de foi libre, et de recherche, en sincérité. Car c’est trop précieux. De toute façon, ce sera alors à vous de bâtir votre propre méthode et rythme de ressourcement, votre prière, ce que vous pensez de Dieu et de votre existence…

Pour marquer votre choix il est possible mais non obligatoire de faire une profession de foi ou une confirmation dans une église, au sein d’une communauté (et peut-être un baptême si vous n’aviez pas été baptisée). L’essentiel est ce qui est dans le cœur, c’est pourquoi vous pouvez vous déclarer chrétienne et protestante sans aucun formalisme. Choisir de poser un acte liturgique sur ce choix peut aider à marquer cette étape (nous ne sommes pas de purs esprits et les gestes symboliques, les gestes publics et solennels ne sont pas sans importance, sans efficacité). C’est en plus un cadeau pour l’église particulière que vous pourriez choisir, et pour les personnes qui assisteraient à ce moment. Ce serait encore plus important bien entendu, si cet acte débouchait ensuite sur un certain engagement dans cette église particulière, mais chacun fait comme il peut, à un moment donné de sa vie…

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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4 réponses

  1. Cyril dit :

    Bonjour Monsieur Pernot,
    J’ai découvert tout récemment votre blog dont la richesse me laisse admiratif, notamment par sa dimension d’accompagnement spirituel. Né dans une famille réformée libérale, je me suis éloigné du christianisme à l’adolescence, pour poursuivre ma quête spirituelle du côté des religions orientales, tout en restant culturellement attaché à mon identité sociologique. J’ai fait un retour à la religion protestante à la cinquantaine, entrainé au culte par mon compagnon, lui-même pratiquant, de culture catholique mais en désaccord avec les positions morales de cette église. J’y ai en effet trouvé une nourriture spirituelle plus en accord avec mon identité profonde et mes convictions morales.
    Je viens de terminer « Conscience contre violence », le livre de Stefan Zweig, retraçant l’affrontement de Calvin et de Castellion, et cette lecture m’a profondément ébranlé.
    Dans le protestantisme réformé français, Calvin est un peu la « statue du commandeur », et jouit d’un prestige, pour ne pas dire une aura exceptionnelle. Vous comprendrez donc pourquoi ce livre a pu me troubler. Ecrit en 1936, il présente comme vous le savez la Genève de Calvin comme une théocratie dictatoriale marquée par l’intolérance et la violence, la condamnation au bucher pour hérésie de Michel Servet en étant l’illustration la plus terrible. Dans le contexte de son époque, Zweig considère même ce régime comme une préfiguration de l’Allemagne nazie. Quant à Castellion, il le présente comme un authentique humaniste, héros de la tolérance et de la liberté de conscience, et également objet de la persécution de Calvin, dont il a dénoncé l’entreprise politique comme contraire à l’esprit même de la Réforme et surtout comme contraire au 2e commandement de Dieu, qui avec le premier résume la loi de Dieu : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
    N’ayant qu’une culture historique superficielle du protestantisme, je souhaiterais savoir ce que vous en penser en tant que protestant libéral et pasteur à Genève ?
    Je vous adresse mes plus respectueuses et cordiales salutations.

    • Marc Pernot dit :

      Cher Monsieur
      Comme bien des pionniers qui ont permis de changer d’époques, Calvin avait les défauts de ses qualités, si je puis dire. Et effectivement il était très raide par certains côtés, voulant que Genève soit exemplaire, comme un site pilote. Vous avez raison, Calvin est plus pour les protestants une figure historique qu’une référence absolue. En effet, une des idées de la Réforme est de se réformer sans cesse, et il est passé cinq siècles depuis ! chaque génération est appelée ainsi à reformuler, repenser, réformer, c les résultats des générations précédentes en tenant compte des questions nouvelles de sa génération. En ce qui concerne Calvin, quand nous le lisons, il est nécessaire effectivement de garder le meilleur et d’éliminer, voire de dénoncer ce qui nous semble ne pas être correct. En ce qui concerne l’affaire Servet, les protestants de Genève ont monté une stèle de repentance sur le lieu de torture de ce monsieur. Nous admirons grandement Castellion, effectivement un visionnaire et théologiquement, et pour sa magnifique traduction de la Bible en français, et encore plus pour ce qui est en quelque sorte l’invention de la tolérance. Un buste de Castellion a récemment été créé et installé devant le temple de Vandoeuvres tout proche. Donc, oui Castellion était génial. Il ne me semble pas juste d’éliminer Calvin pour autant. C’est comme tout, il est bon de le garder pour ce qu’il a fait de bien et ce qu’il a bâti et laissé en héritage est immense. C’est pourquoi il me semble que nous pouvons garder et Calvin et Castellion, recueillant avec bienveillance ce que chacun avait d’intéressant.
      Ensuite, il y a bien d’autres théologiens depuis, que nous étudions aussi. Et bien d’autres avant. C’est une galaxie. C’est pourquoi nous ne nous disons pas luthériens, ou calviniens ni calvinistes, mais simplement chrétien, protestant c’est à dire confessant notre foi, et réformé au sens de en chemin de réforme, d’élaboration permanente.
      Dieu vous bénit et vous accompagne

  2. Cyril dit :

    Bonjour,
    Je souhaiterais rebondir sur les interrogations de Charlotte, à partir du cas de mon compagnon qui a cheminé quelques temps dans le protestantisme avant de faire un retour au catholicisme. Pour lui, la prédication protestante était sans doute généralement de meilleure qualité que les homélies, peut-être en raison d’un niveau de formation théologique supérieure chez des pasteurs ¬ mais l’internet donne aujourd’hui accès à des homélies de grande qualité théologique et spirituelle. Ce qui lui manquait cependant, c’était la dimension liturgique, bien plus forte chez les catholiques, qui lui permettait de ressentir plus intensément le lien au sacré, à travers la louange et la présence réelle dans l’eucharistie. De plus, les églises catholiques sont souvent des lieux ouverts propices au recueillement et à la prière. Je partage un peu ce sentiment, et ayant la chance d’habiter à proximité d’une église catholique melkite, de rite orientale, je vais de temps en temps y suivre la messe selon la liturgie de Saint-Jean-Chrysostome, qui répond encore mieux à cette aspiration. Entièrement chantée par le prêtre accompagné par les chantres, avec une grande qualité musicale et des prières d’une grande élévation poétique et spirituelle ¬ une traduction en français de toute la liturgie est disponible à l’entrée ¬, l’office atteint une intensité émotionnelle rare. Ce qui, pour moi, est rarement le cas lors des cultes réformés, où j’ai l’impression que la liturgie est conçue au contraire pour éviter les effusions du cœur. Or, la parole de Dieu ne s’adresse-t-elle pas justement au cœur plutôt qu’à l’intelligence ? Et dans ce cas pourquoi refuser une liturgie propice à toucher le cœur ?

    • Marc Pernot dit :

      Bonjour Cyril
      Effectivement, c’est une option théologique dans le protestantisme, visant à tout faire afin de favoriser la relation intime, privée, du croyant seul à seul avec son Dieu. Cela veut dure que le sommet de l’émotion spirituelle nous semble devoir être là, dans cette intimité et non pas par le biais de l’église ou du groupe, ou d’un autre médiateur.
      La Parole de Dieu s’adresse ni spécifiquement au cœur ni spécifiquement à l’intelligence, mais à la personne entière, y compris dans sa façon de vivre dans sa vie quotidienne. La Parole de Dieu est un acte de création, de genèse de la personne dans ses différentes dimensions. Jésus reprend pour cela le Shema en nous proposant d’aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre force, et Jésus ajoute avec toute notre intelligence. L’intelligence a donc pleinement sa place, ajoutée délibérément par Jésus en plus. Quant au cœur, ici, ce n’est pas le lieu des sentiments, de l’émotion (dans la bible il serait dit alors mentionné nos entrailles, ce qui n’apparait pas), le cœur c’est notre centre de décision.
      Le culte peut nourrir notre réflexion, notre confiance en Dieu, et notre motivation pour aller le rencontrer ensuite « dans le secret de notre chambre » comme le propose Jésus. Dans cette intimité où nous pouvons alors être le plus sincèrement nous-même, loin des émotions suscitées par d’autres, sans le regard ou l’écoute des autres pour nous inciter à garder un masque.
      Le culte protestant pourrait ainsi être comparé à l’architecture cistercienne, tout en dépouillement, et belle de ce dépouillement. Il invite à l’interiorité. Certaines personnes seront plus aidée par la pédagogie de Cluny et ses merveilles artistiques parlant aux cinq sens. Chacun son style. Personnellement, je suis mieux préparé par le dépouillement, mais cela n’empêche pas que la vérité d’une autre personne pourrait être différentes. C’est pourquoi il est bon que des églises diverses existent.

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