Ethique

J’aime Jésus comme Christ mais pas comme Fils de Dieu ? Comment arriver à me pardonner un avortement dont je suis complice ?

Par : pasteur Marc Pernot

Question posée :

Bonjour ,
Je ne suis ni chrétien ni musulman mais j’ai une admiration profonde pour Jésus Christ, je crois qu’il est le Messie , et plus qu’un humain mais je ne suis pas prêt à affirmer qu’il est le fils de Dieu , de son sacrifice sur la croix etc. Il faut dire que je suis dans une position médiane entre l islam et le christianisme. Car j’aime Jésus plus que Mohamed et je suis les paroles de Jésus plus que celles de Mohamed , au point où parfois je fais la priere musulmane a Allah et je fais la prière au Dieu universel que j’appelle « mon père ».

Je suis en crise de foi et dans une crise d’existence , la culpabilité me ronge car mon ex copine a avorté et elle m’a fait du chantage pour que je lui donne de l’argent pour qu’elle aille avorté a la première semaine du foetus, la complicité me ronge et je suis incapable de me pardonner même si Dieu me pardonne (peu importe si c’est Allah , notre père ou adonai).

Si vous pouvez me donner un conseil je serais très reconnaissant , j’essaye de joindre une église en France par mail je ne trouve jamais personne , y a que vous qui avez affiché votre mail sur votre site.

Réponse d’un pasteur :

Cher Monsieur

Aimer Jésus sans l’appeler « fils de Dieu » ?

Être chrétien, cela veut dire avoir un intérêt pour Jésus-Christ, sa façon d’être, sa foi en Dieu comme aimant même ses ennemis.

Vous êtes donc libre de penser que Jésus est plus qu’humain, c’est le cas de certains chrétiens, d’autres chrétiens diraient que c’est un humain comme nous mais avec une vocation tout à fait spéciale, celle d’apporter le salut de Dieu dans le monde, et en particulier en nous ouvrant, chacune et chacun à l’Esprit-Saint, le Souffle de Dieu.

Et vous êtes libre de ne pas considérer comme fils de Dieu. Tout dépend de ce que l’on entend pas cette expression, Dieu n’a bien entendu pas d’enfants au sens où des grecs pensaient que Zeus avait des enfants avec des femmes humaines, je suis donc du même avis que vous. Mais on peut aussi comprendre cela plus simplement : puisque Dieu est la source de la vie de tout ce qui est vivant, nous sommes tous ses enfants : les souris et les humains aussi. On peut dire que nous sommes tous un peu plus les enfants de Dieu que la souris si nous pensons que nous avons reçu un petit peu de son Esprit, son souffle de vie. En tout cas, Jésus nous parle de Dieu comme étant « son Père et votre père », et Jésus nous appelle « mes frères ». Et nous n’avons pas tellement l’impression de nous prendre pour des demi-Dieux. C’est bien ainsi que, je pense, vous appelez Dieu « mon père », c’est un respect et une confiance, une inspiration, c’est une gratitude pour la vie qu’il nous a donnée. Mais en même temps, c’est « notre Père qui est aux cieux », et nous sommes sur terre : il est d’un tout autre ordre que nous.

En ce qui concerne la croix, c’est un fait très très probablement historique. Car c’était une exécution particulièrement injurieuse pour la personne condamnée, et les chrétiens en était tellement dégoûtés qu’ils n’ont pas représenté la croix de Jésus avant le IVe siècle ! Ils représentait plutôt Jésus comme un berger qui nous porte sur ses épaules, et nous conduit à la vie. Mai sil y a bien des façons de comprendre pourquoi Jésus a été exécuté ainsi, c’est discuté entre chrétiens.

Mais encore une fois, s’interroger sur la personne de Jésus est une bonne façon d’être chrétien et il n’y a pas de question taboue.

Donc bravo pour cette recherche.

En ce qui concerne votre culpabilité suite à cet avortement

Par définition, comme vous le dites : Dieu pardonne car il vous aime. Cela : c’est donc facile. Ce qui l’est moins est d’arriver à vous pardonner à vous-même. C’est normal qu’il faille un peu de temps, Dieu est le Dieu qui relève et réconforte, il peut vous aider.

Ensuite, la vie est complexe, souvent. Nous avons parfois devant nous deux chemins celui du bien et celui du mal. Mais bien souvent, nous avons plusieurs chemins devant nous dont tous ont d’une certaine façon une part de bien et une part de mal, une part de vie et une part de mort. Manifestement c’est le cas qui vous préoccupe. Si votre copine tenait tellement profondément à avorter c’est qu’être enceinte à ce moment là était pour elle un drame :il aurait été un crime de lui imposer de garder cet embryon. Cela aurait été un drame pour elle, pour cet enfant en cours de fabrication au sein d’une mère ne le désirant pas. Je pense sincèrement que cela aurait été un crime de ne pas délivrer cette femme de cette grossesse non désirée. L’embryon n’est pas encore un individu, il est encore une partie de la mère. On ne peut pas imposer cela à une femme.

Je pense donc que vous avez choisi la moins mauvaise des solutions. Même si effectivement c’est une mauvaise solution, c’est vrai. Mais c’était la moins mauvaise. Il y a donc une part de culpabilité à vivre, comme une cicatrisation. En même temps, c’est aussi un apprentissage de la vie, comme complexe et riche, apprentissage de ce que c’est qu’être humain dans ce monde : que nous sommes tous à la fois pécheurs et pardonnés, que nous cherchons à faire au mieux, ce que nous pouvons. Cela peut vous ouvrir à une gratitude envers Dieu qui nous aime comme nous sommes, et que cela vous mette en chemin avec lui et grâce à lui. Cela peut vous rendre plus compréhensif pour les auytres humains, devant se débrouiller avec leur vie complexe, eux aussi.

Ne craignez rien, Dieu vous bénit et vous accompagne.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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5 Commentaires

  1. Alain dit :

    Étant ancien étudiant en théologie je n’ai jamais cru que Jésus était fils de dieu .
    Ai-je tort.

    1. Marc Pernot dit :

      La sincérité est vraiment essentielle dans toute relation (en particulier quand on parle d’amour ou d’amitié, de confiance), et donc dans la foi aussi, dans la foi surtout. Ce serait vraiment dommage de se sentir obligé de penser quelque chose que l’on ne pense pas , ou même que l’on pense à moitié.
      Ensuite, tout dépend ce que l’on entend par « fils de Dieu »…
      Dieu vous bénit et vous accompagne

  2. Jaline dit :

    Mon Jésus est avant tout un philosophe humaniste, un guide de Lumière respectueuse de ma dignité humaine, d’où son aide et sa protection indeniable. Il a été envoyé par Dieu pour aider le peuple juif. Nous avons la chance aujourd’hui de voir le résultat de son passage sur Terre. Les USA chrétiens aux côtés d’Israël face à ses ennemis. Qui l’eût cru il y a à peine 80 ans, en plein holocauste ? Dieu est puissant, il crée l’avenir par des moyens détournés… Dans la Bible, l’Apocalypse évoque la synagogue de satan face aux vrais juifs et 7 églises. Je pense qu’il est facile de comprendre cette image aujourd’hui. Ce chapitre de la Bible annonce aussi la fin tragique de la femme aux 12 étoiles. On doit s’y préparer en Europe.

    1. François dit :

      Jésus a dit de lui-même son identité, et sa mission. C’est peut-être trop ambitieux de vouloir chercher au delà de ce qu’il a dit. Ne serait-il pas plus simple de considérer en toute personne que nous sommes amenés à rencontrer, par hasard ou non, la personne de Jésus qui vient ; de même, est il déraisonnable de penser que face à une personne qui cherche sa spiritualité, consciemment ou non, nous puissions apporter un fragment de l’enseignement de Jésus ?
      La question est posée, c’est à chacun de savoir y répondre, au plus profond de lui-même.

    2. Marc Pernot dit :

      Je pense que le livre de l’apocalypse ne parle ni du passé (les temps de Néron ou autre), ni de l’avenir (fin des temps), mais du présent du salut de Dieu qui vient en nous, promesse de nous donner la paix.

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