photo en noir et blanc d
Question

J’essaye de croire en Dieu pour un homme que j’aime, et qui l’exige. Pas facile.

Par : pasteur Marc Pernot

photo en noir et blanc d'un homme au regard dur qui se retourne vers une femme qui est en arrière - Photo de David Fanuel sur https://unsplash.com/fr/photos/cC4NyO07B54

Question posée :

Bonjour,
Je ne sais pas si mon long message trouvera écho auprès de vous, toutefois je vous remercie par avance.
Je vous écris car je me sens perdue :
Je ne suis pas croyante. Tout du moins, je n’ai pas été élevée dans la foi, ne suis jamais allée à l’église, n’ai jamais vu mes parents prier… Je suis pourtant et seulement baptisée.
Je n’irai pas jusqu’à dire que je suis athée. Probablement agnostique. Pour surmonter les épreuves, je prie parfois l’univers, la destinée, il m’arrive de demander la miséricorde à je ne sais trop qui ou quoi…
Bref. La religion ne m’a jamais attirée. Je suis quelqu’un de très ouvert, j’ai peur (probablement par méconnaissance) qu’une religion m’impose une certaine intolérance. Seulement voilà : depuis quelques mois, la vie a mis sur mon chemin un jeune homme musulman. Cet homme est très croyant. Je ressens une réelle connexion avec lui, nos sentiments sont partagés. Je suis néanmoins dépitée car il m’a annoncé ne pouvoir se projeter avec moi si je reste incroyante. Il ne me demande pas de me convertir à l’islam, mais de faire mes propres recherches, de trouver ma voie et peut-être la Foi.
Au départ, j’ai fait un blocage. Je me suis dit que notre histoire devait s’arrêter là car je ne changerai jamais cette part de moi. Pourtant, je me prends à y songer de plus en plus.
J’aime cet homme, il me correspond sur de nombreux aspects. J’ai peur de le perdre pour avoir voulu camper bêtement sur ma position… je crains de regretter. Et dans le même temps, je ne peux pas m’empêcher de me demander si cet ultimatum ne fait pas partie de ma « destinée ». Peut-être suis-je vouée à faire cette expérience grâce à lui ? Peut-être que croire en Dieu me rendrait plus heureuse ?
Dans tous les cas, désormais, j’ai envie d’essayer.
Je ne sais pas trop par où commencer ; il me semble que mettre des mots sur ma situation est un bon début.
Alors je vous écris dans l’espoir que peut-être, vous aurez les mots pour me guider…
Merci.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Chantage : tu prends ma religion ou je te quitte

Bravo pour votre démarche. Mais, euh, je suis désolé de me sentir obligé de vous le dire, mais l’idée même de poser un ultimatum de ce genre, comme le fait ce garçon, me semble absolument inadmissible.

Ce n’est absolument pas une question de foi ou de religion. C’est simplement une question de respect. C’est la face du minimum de ce que c’est qu’aimer. Quand on aime, on respecte la personne, et la foi fait partie de l’intime de la personne. C’est un jardin secret de la personnalité de l’autre qui est absolument à respecter si l’on prétend aimer.

Donc, franchement, je trouve que ce manque de respect de la part de ce monsieur est inadmissible. C’est d’une grande violence. Surtout quand cela vient dès les débuts d’une relation où souvent on se contrôle mieux qu’après dans le désir de charmer l’autre, une telle pointe de manque de respect est un signe extrêmement inquiétant, comme une puissance qu’il n’arrive pas à contrôler. C’est un signe qu’il y a un danger réel. A mon avis.

Chercher Dieu en évitant les formes intolérantes de la religion

Mais si à l’occasion de cette rencontre vous vous mettez à chercher à avoir la foi, tout en vous protégeant des formes intolérantes de la religion, vous aurez vraiment enrichi votre façon d’être. Et je m’en réjouit sincèrement pour vous.

Car sur ce que vous dites sur la religion, vous avez tout à fait raison, il y a des façons d’être religieux qui sont aliénantes. Hélas, car c’est une trahison de la la foi (devant par principe ouvrir sur la source de vie, de libération, d’épanouissement du meilleur de la personne). Il suffit de chercher des formes libérales de la religion, plutôt que des formes étroites. De prendre la religion comme un simple exercice pour développer sa propre réflexion et sa propre spiritualité. Une forme modeste de la religion qui ne se prend pas pour une chose sacrée, mais comme au service de la personne qui, elle, est sacrée, ainsi que Dieu.

Bonne route. Faites attention à vous, vous êtes une belle personne.

par : pasteur Marc Pernot

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2 Commentaires

  1. Cédric dit :

    C’est un peu un à côté mais je ne comprends pas que l’on baptise ses enfants si on est pas croyant. Bon il faut dire que personnellement je ne suis même pas sûr de vouloir l’être. J’ai peur que le baptême relève d’une culture magique. Pourquoi Dieu regarderait 3 gouttes d’eau ?

    1. Marc Pernot dit :

      Dieu n’a pas besoin des 3 goutes d’eau, en effet. Il aimait avant, et sans condition, et il aime tout autant après le baptême (il était déjà au maximum 🙂)
      Seulement chacune de ces trois goutes dit la dignité infinie de la personne baptisée. Et ça, c’est infiniment précieux. Car même si on le sait, nous avons du mal à imprimer cela dans notre conscience. C’est la puissance de la parole, du rite, de millier d’années de culture. Pour le moins. Ensuite, Dieu fait son travail comme il l’entend, à sa façon.

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