Être heureux dans le malheur ? la souffrance?

Par : pasteur Marc Pernot

Illustration : une personne marche dans un tunel, entre ombre et lumière -  Image: 'Rather walk alone in the darkness than follow anyone elsess shadow.'  by Markus Binzegger  https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/ http://www.flickr.com/photos/146946707@N03/36932495020

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Peut on être heureux dans le malheur? la souffrance?

fraternellement,

Samuel,

Réponse d’un pasteur :

Cher ami,

Oui, on peut être parfois heureux dans la souffrance. C’est d’ailleurs un des points essentiels du plus célèbre des psaumes de la Bible : le Psaume 23 « …Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie… » David, l’auteur, savait de quoi il parlait question difficultés. C’est ce qu’annoncent aussi les célèbres « béatitudes » de Jésus : d’extraordinaires et paradoxales promesses de bonheur avec lesquelles Jésus ouvre son message pour les foules : « heureux ceux qui pleurent car ils seront consolés »).

Mais ce n’est pas seulement la Bible qui me permet de répondre « oui ». C’est aussi les multiples personnes que j’ai rencontrées, dont des personnes âgées qui ont connu une vie infiniment plus difficile que moi (même si chacun a ses problèmes et que tout est relatif). Bien de ces personnes me disent que la foi les a extraordinairement soutenues.

Pour être heureux dans la souffrance, il est certain que la foi aide beaucoup :

  • en particulier parce que la foi aide à ne pas placer radicalement son espérance dans des choses fragiles mais en Dieu.
  • Mais aussi parce que la foi aide Dieu dans son travail de consolation et de guérison pour nous.

Mais, malheureusement, même avec une foi formidable, la souffrance n’est pas très agréable à passer ! Ce bonheur est donc quand même fragile. Par exemple, je ne crois pas que Jésus était particulièrement heureux dans le jardin de Gethsémanée, la veille de son exécution, puisqu’il est dit qu’il était pris d’angoisse et de tristesse (Matthieu 26:36). Mais peut-être, précisément, que par la foi il reçoit le secours d’une force divine qui lui permet de se réconcilier avec Dieu, et donc avec le bonheur, ou du moins de recevoir une certaine paix intérieure.

Je connais même des personnes qui ont subi des choses si terribles que leur foi a éclaté en morceaux. Parfois, les souffrances sont trop lourdes pour une personne, et elle s’écroule ainsi sous la charge. On a alors particulièrement besoin d’être entouré par des amis (si possible), et d’être dans la meilleure forme morale et spirituelle possible avant que de telles catastrophes arrivent (si elles arrivent, malheureusement).

Il est si important, je trouve, d’être heureux maintenant, quand tout va à peu près bien, parce que c’est toujours ça de pris (hihi) & on n’est plus costaud pour la suite face au malheur quand on a auparavant, à quelques occasions, bien consciemment pris conscience de la possibilité d’être heureux, d’en avoir profité pour avoir de la gratitude.

La souffrance et le malheur n’arrivent pas toujours dans une vie à un degré trop grand. Certains sont épargnés, d’autres sont accablés. C’est vrai qu’il y a de l’injustice dans ce fait. Il est essentiel à mon avis de ne pas mettre cela sur le dos de Dieu. Il n’est jamais la cause du malheur de rien ni de personne. Le mal vient du chaos qui existe dans la nature, il vient de notre méchanceté, de nos faiblesses à nous les humains. Ne pas attribuer le malheur à Dieu est important, car il permet de s’indigner contre le malheur, le nôtre et celui qui frappe des personnes que nous pourrions vouloir aider. Et c’est important aussi de savoir que Dieu n’est jamais avec nos malheurs contre nous, mais Dieu est avec nous contre le malheur et la souffrance. Il agit et il embauche !

La foi aide donc à être heureux, aide à trouver une part de bonheur même au milieu d’un grand tas de douleur. Mais la foi apporte aussi, je pense, plus de souffrances. C’est ainsi que finalement le bonheur et la souffrance sont en fait assez intimement liés. En effet, la foi ne porte pas chance, bien eu contraire. Car la foi conduit à s’engager plus, à aimer plus, à servir plus. Tout cela nous expose à nous confronter au monde, à aller là où ça ne se passe pas trop bien pour construire un peu quelque chose de bien (à notre échelle), cela nous conduit à souffrir un petit peu plus de la souffrance des autres, à vouloir leur bien, et à recevoir parfois des claques en remerciement…. Mais pourtant, sans être masochiste, c’est encore du bonheur quand on le fait de tout son cœur, quand on avance, quand on fait un peu avancer quelque chose dans le bon sens.

Fraternellement,

par : pasteur Marc Pernot

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1 réponse

  1. Marie dit :

    Oui, je le confirme, à l’encontre de la pensée rationnelle, et sans masochisme aucun, il est possible de faire cette expérience de la joie
    dans la souffrance. C’ est une expérience spirituelle que j’ai faite après une opération de prothèse du genou. La nuit la douleur malgré les doses de morphine devenait insupportable et je voulais mourir. Alors et je tombais dans un trou noir Et curieusement au fond du trou une petite lumière brillait et je remontais, le calme revenait et je chantais des cantiques et puis je replongeais et cela plusieurs nuits
    La bible nous donne l’exemple d ‘Étienne qui alors qu’il était lapidé, son visage était rayonnant de joie. Et on peut comprendre qu’une grâce
    particulière est faite aux martyrs. Une chose est sûre Dieu ne nous abandonne jamais, surtout dans l’épreuve.

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