Jésus en berger - catacombes de Rome
Ethique

Faut-il fuir une personne méchante ou rester proche pour l’aider ?

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Faut-il s’éloigner d’une personne qui fait le mal, ou au contraire rester proche d’elle pour l’aider à en sortir, comme Jésus le fait avec les pécheurs dans l’Évangile ? La Bible n’apporte pas une réponse unique mais invite à discerner, au cas par cas, selon la vocation, la force et le moment juste de chacun.


Question posée

Bonjour,

Tout d’abord, je tiens à vous préciser que je suis de religion catholique. Mes questions sont les suivantes :

Lorsqu’une personne que l’on aime vit dans le péché, doit-on s’éloigner d’elle ou, au contraire, comme il est écrit dans la Bible (Luc 15), aller la chercher pour l’aider à retrouver son chemin, même si cela prend du temps ?

Est-ce que l’aimer, l’aider, continuer à la voir, fait de nous des pécheurs ?

Merci,

Cordialement,

Réponse d’un pasteur

Bonsoir,

Merci pour votre confiance.

Cette question est très intéressante et, comme vous le sentez très bien, la réponse est complexe : elle est donc à trouver par chacun, au cas par cas.

Bravo de chercher la réponse avec la Bible, et de noter qu’elle n’y est pas évidente. C’est parfaitement vrai, et c’est déjà un point intéressant. La Bible ne nous apporte pas tant une réponse que de bonnes questions à nous poser afin de trouver effectivement la réponse juste. Elle nous aide à creuser cette question, sans nous donner une réponse unique, valable pour tous et pour tout instant, mais différentes réponses possibles :

  • D’un côté, elle nous conseille d’écarter le méchant et de n’avoir aucun rapport avec lui : « Ôtez le méchant du milieu de vous. » (1 Corinthiens 5.13), car « Les mauvaises fréquentations corrompent les bonnes mœurs. » (1 Corinthiens 15.33).
  • D’un autre côté, comme vous le dites, Jésus passe son temps à aller vers les pécheurs et les personnes à la vie mauvaise.

Votre référence à Luc 15, en particulier, est intéressante, car cette série de trois paraboles de Jésus est particulièrement riche, et un brin paradoxale : Jésus nous y invite à répondre de façon diverse à cette question du rapport avec la personne méchante.

Deux paraboles, deux attitudes

  • La parabole de la brebis perdue invite, à la suite du Christ et de Dieu lui-même, à nous concentrer sur les cas les pires, pour aller les rechercher avec patience, sans nous lasser de les chercher, et de les chercher encore.
  • Par contre, le père de la parabole du fils prodigue laisse son fils partir sans un reproche, sans le retenir, et ne part pas à sa recherche, ni ne le force à revenir, ni ne le supplie, ni ne l’appelle.

Alors comment choisir ? C’est précisément cela, être chrétien. Il faut observer, il faut réfléchir (souvent Bible en main, comme vous le faites), il faut prier… et finalement décider, dans tel cas, de faire ceci.

D’abord, une question de vocation

Certaines personnes nous sont confiées en particulier, mais nous ne pouvons pas non plus courir comme Zorro ou Superman sur toutes les situations où un méchant est à l’œuvre dans la ville, et pourquoi pas dans l’univers entier… Une bonne fois, il faut accepter que nous ne sommes pas Dieu, nous ne sommes même pas Jésus-Christ (lui non plus n’a pas pu aller chez les Papous et les Esquimaux pour exhorter le méchant à progresser). Par contre, nous sommes un membre du corps du Christ et, dans notre mesure, nous sommes appelés à être serviteurs en allant vers la ou les personnes qui nous sont confiées, pour les aider à avancer. Comment savoir si telle personne nous est confiée ? Cela se détermine par la réflexion, la prière, la discussion avec des personnes de confiance, et une décision personnelle. Parfois, il y a urgence à se décider, en quelques fractions de seconde même. Il est donc essentiel d’être prêt et de s’être entraîné le mieux possible à ce principe de responsabilité personnelle.

Nous ne sommes pas Jésus-Christ, c’est vrai, et notre vocation, à nous en particulier, n’est donc pas universelle. Mais dans un autre sens, il est vrai aussi de dire que, collectivement, nous sommes le corps du Christ (1 Corinthiens 12) : il est donc important que personne, pas même un méchant, ne soit oublié, et que chacune et chacun puisse recevoir le signe concret de l’amour de Dieu, et du Christ qui va rechercher même le plus pécheur des pécheurs, comme dans ce dessin du IIIe siècle mis en illustration.

Une question d’opportunité, de temps juste

Parfois, c’est juste inutile, voire contre-productif, de faire quoi que ce soit, et le silence est le mieux. C’est peut-être pour cela que le père du fils prodigue s’abstient tant que le fils cadet et le fils aîné ne bougent pas, alors qu’au contraire le berger cherche activement et sans relâche sa brebis perdue.

Une question de force

Parfois, Jésus lui-même renvoie les foules pour prendre un temps de repos, pour manger, pour prier… Alors pour nous aussi, bien entendu. Qui veut aller loin ménage sa monture.

Et nous n’avons pas la force de Jésus. Parfois, certaines fréquentations nous seraient trop difficiles, nous feraient tomber, déprimer, devenir peut-être plus mauvais à notre tour. C’est particulièrement vrai pour des jeunes, Paul a raison pour eux en particulier, mais c’est aussi parfois vrai pour nous : il arrive que les mauvaises fréquentations nous corrompent, nous fassent chuter, nous abîment.

Et il y a la façon de faire

Souvent, ce n’est pas en faisant la leçon aux gens qu’on les aide, mais plutôt en les aidant à se poser des questions. C’est souvent comme cela que Jésus procédait.

Bref, comment se décider ? Saint Augustin le résume très bien dans ce texte célèbre, qui est un commentaire de la première lettre de Jean :

Une fois pour toutes,
Ce bref commandement t’est donné :
Aime et fais ce que tu veux.
Si tu te tais, tais-toi par amour.
Si tu parles, parle par amour.
Si tu corriges, corrige par amour.
Si tu pardonnes, pardonne par amour.
Aie au fond du cœur la racine de l’amour :
de cette racine, il ne peut sortir que du bien.

Et en cela consiste l’amour :
Dieu a fait paraître son amour pour nous,
en envoyant son Fils unique dans le monde,
afin que nous vivions par lui.

Et voilà en quoi consiste cet amour :
ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu,
mais c’est lui qui nous a aimés le premier.

Mais de toute façon, non, nous ne péchons pas en fréquentant des pécheurs (ou pas forcément — si l’on se sent contaminé, il faut s’en rendre compte et réagir). Sinon, cela voudrait dire que Jésus est un terrible pécheur pour être venu vers les pécheurs ! Nous ne péchons pas en aimant le pécheur. On peut aimer le pécheur sans aimer ce qu’il fait, sans aimer ses fautes et ses méchancetés. C’est ainsi que Dieu arrive à nous aimer, nous, pécheurs.

Dieu vous bénit et vous accompagne,

pasteur Marc Pernot, Église protestante de Genève

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En écho à ce texte :

2 Commentaires

  1. Rita dit :

    JESUS nous aimes mais il aime pas quesqu on fait si on et méchant ou méchante faut demander pardon a DIEU pour nos pêchés et aimer notre prochain car DIEU et dans chacun de nous mais DIEU a pardonner a ceux qui l’on faite souffrir il y a du bon dans chaque personne mais c’est le méchant qui essaye de prendre le dessus c’est le pardon qui nous aides car les personnes méchantes font pitié car ils où elles souffres de leur méchante il y a un regret dans leur cœurs on et tous pêcheurs mais DIEU nous aimes car on et ses enfants. Ils nous parle a travers notre prochain merci JÉSUS t’aime tu et mon soutien mon refuge ma force mon courage je peut pas vivre sans toi merci pour tout surtout la santé xxxx

  2. Prince dit :

    Merci Pasteur

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