Depuis quelques temps je déprime sérieusement. Étant étudiante, j’ai complètement perdu le goût de vivre.

Par : pasteur Marc Pernot

une étudiante lisant un cahier, assise dans l'herbe, seule, devant un étang au coucher du soleil - Photo by Vadim Fomenok on Unsplash

Question d’un visiteur :

Bonjour ! J’espère que vous allez bien.
Depuis quelques temps je déprime sérieusement. Étant étudiante, j’ai complètement perdu le goût de vivre, et tout devient une raison pour pleurer. Il est vrai que j’avais délaissé « la religion » pour ce que moi j’appelais « une simple spiritualité. » Néanmoins, je me rends compte que je ne me suis jamais sentie aussi bien que lorsque j’avais une pratique régulière. Bien que je sois au courant qu’il s’agit principalement de symboles, ça me permet de me recentrer sur l’essentiel. Alors voilà, j’ai la terrible envie de supprimer mes réseaux sociaux, où sont présents des personnes auxquelles je ne souhaite désormais plus parler, et de me concentrer principalement sur moi afin que j’aille mieux. Je ne sais pas si cela est une bonne solution de s’isoler de tout le monde, je ne sais si c’est ce que Dieu voudrait pour moi. Donc je viens demander conseils auprès de vous. Je n’arrive définitivement plus à être heureuse et supprimer les réseaux sociaux pour reprendre un chemin plus sain en compagnie de Dieu serait je le pense la meilleure solution. Mais la religion sous-entend d’être en contact avec les autres, donc il ne faudrait pas que je ne devienne trop renfermée… qu’en pensez-vous?

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Désolé pour vous, c’est une souffrance assez forte et pénible.

Cela dit, les conditions actuelles ne sont objectivement pas faciles, il me semble donc assez normal d’être un peu déprimé. Surtout que ces perturbations commencent à durer un peu, et que nos réserve de bon moral commencent à s’assécher un petit peu.

Ce qui m’inquiète plus c’est que vous parlez de sérieuse déprime. Vous avez raison de surveiller votre degré de souffrance, s’il devenait trop élevé, s’il vous semblait que la situation devenait une situation d’urgence, n’hésitez pas à aller aux urgences psychiatriques pour vous faire aider, c’est ce que l’on ferait pour une tendinite ou une crampe d’estomac, c’est pareil pour la dépression, ça se soigne bien, si on la prend au sérieux.

Votre connaissance de vous même, votre espérance elle-même d’aller mieux, votre recherche de solution et de demander conseil, tout en cherchant ce qui vous correspond à vous, de rechercher un équilibre : tout cela me rend très optimiste pour vous. Il me semble même que de ce moment de déprime vous êtes en train de faire pour vous une chance de bien vous placer dans votre vie, de mettre en place les fondamentaux qui vous feront être bien dans le long terme.

Bonne idée de vous recentrer sur l’essentiel, sur Dieu et sur quelques relations, sur l’hygiène de vie.

Personnellement, je ne supporte pas l’ambiance qu’il y a sur les réseaux sociaux. Trop de remarques pénibles, de choses énervantes, d’amis qui n’en sont pas, de fierté sur ce que l’on mange, sur ses vacances… Si cela vous donne l’impression que cela ne vous fait pas de bien non plus, je pense que vous avez parfaitement raison de fermer votre compte, les abonnements à des groupes.

Seulement, vous isoler est un peu beaucoup quand même. Nous sommes un animal spirituel et social. Les trois dimensions : du corps, du spirituel et des relations humaines s’équilibrent, de compensent, se nourrissent et s’interpellent mutuellement.

  • C’est pourquoi il me semble qu’il est bon d’avoir une hygiène de vie, de manger correctement, de faire de l’exercice sans exagérer, de se coucher et rester couché le juste temps (même si l’on a du mal à dormir).
  • Pour ce qui est du spirituel, rien ne vous oblige à entrer dans des séances de groupe, la réflexion et la prière sont des choses fondamentalement intime, en privé. Il est certes bon de donner à cela une dimension collective mais là aussi, il est possible d’aller au culte ou à la messe sans avoir des relations très personnelles, chacun sa sensibilité. D’autant plus qu’en ces périodes difficiles sanitairement, les distances sont assez normales. C’est tout à fait normal qu’une pratique régulière vous aidait à mieux vous porter. Cela aide bien des personnes de se donner un cardre pour soi-même (quitte à faire preuve de souplesse, bien entendu) un rythme, un protocole de prière, de ressourcement, d’approfondissement, de sortie pour un culte public.
  • Pour la dimension sociale, humaine, ce ne sont pas les réseaux sociaux qui peuvent fondamentalement remplir ce rôle. Surtout avec les trolls qui épanchent leur bile. Par contre quelques relations régulières avec quelques personnes est à mon avis fondamental. Bien entendu, ce n’est pas non plus facile car les gens ont leurs affaires, leurs préoccupations, ne sont pas toujours disponibles, sont parfois maladroits. Nous le savons tous, mais il est bon de ne pas trop trop s’exposer. Cependant, il est peut-être possible de trouver une petite liste de quelques personnes sympas avec qui échanger au téléphone ou d’aller faire un petit tour dans un parc régulièrement, même si l’on se limite volontairement en durée et en fréquence afin de ne pas trop les solliciter. Peut-être, par exemple, une personne avec qui vous feriez équipe pour se motiver mutuellement à courir ou marcher tout en bavardant. Ou une voisine sympa pour s’échanger la moitié du gâteau que l’on a fait… peu importe.

Bonne construction, avec des ajustements, des tâtonnements, des réglages, je pense que vous allez trouver le bon mix.

En pensée avec vous.
Dieu vous bénit et vous accompagne

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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