Comment se nomme la fête où les protestants n’ont pas le droit de manger de sucreries ?

Illustration : un distributeur de bonbons - Image: 'DSC03538' by Classroom Camera (Cascade Canyon School)  https://creativecommons.org/licenses/by/2.0/ http://www.flickr.com/photos/155535822@N07/41660091911

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour
J’aimerais savoir comment se nomme la fete dans lequel les protestants n’ont pas le droit de manger de sucreries durant un mois il me semble
Est ce le carême aussi ?

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir
Pour nous, protestants, il n’y a pas du tout de privations obligatoires !

Et nous ne pensons vraiment pas que Dieu voudrait nous empêcher de manger des sucreries, ou d’avoir du plaisir. Au contraire, Dieu nous a donné le goût comme une bénédiction, afin que nous ayons du plaisir à manger, pas seulement fournir du carburant pour notre corps.

La règle que propose l’apôtre Paul, dans la Bible, c’est « tout m’est permis mais tout n’est pas utile, tout m’est permis mais tout ne construit pas et je ne me laisserai devenir esclave de rien » (1Corinthiens 6:12, 10:23) Cela place bien la question :

Est-ce que c’est utile de manger des bonbons ? Oui, si cela me rend joyeux. Vraiment oui si cela m’aide à remercier Dieu pour la beauté de la vie. Oui si c’est dans le partage avec d’autres personnes, ou dans le don pour réjouir un ami (ou demander pardon à un ennemi ?). Mais si cela ruine la santé cela démolit au lieu de construire, et si je deviens esclave des sucreries ce n’est pas non plus génial. Si dans 10 ans je n’ai plus de dents assez solides pour manger autre chose que de la soupe, ce serait cher payé.

Je trouve que la question, ou plutôt les questions sont ainsi bien posées par l’apôtre Paul, mais c’est à chacun de répondre en trouvant le meilleur chemin à un moment donné, dans des circonstances données. Et la réflexion, la prière aident bien pour choisir, et pour faire le point après, devant Dieu, et lui demander son aide, de l’éclairage et de la force, et parfois aussi son pardon. On a le droit aussi de se renseigner par la science et l’expérience des autres pour éclairer notre choix.

Cela dit, vous avez raison, certaines personnes, dans certaines religions, choisissent de se priver de certains aliments, parfois pour une période de jeûne.

Est-ce que c’est utile de se priver de délicieuses choses ? Si c’est un effort personnel, libre et sincère pour chercher à faire plus de place dans sa vie au meilleur et à Dieu, c’est très bien. A condition là aussi que cela soit constructif et non exagéré, que je ne sois pas non plus esclave de cela. Jésus lui-même insiste pour que cela soit personnel, et même secret afin d’être pleinement sincère (Matthieu 6:16-18).

C’est pourquoi notre église ne nous donne pas du tout d’obligations religieuses. Chez les protestants il n’y a pas de période de jeûne obligatoire, ni de carême, ni de ramadan.

Mais c’est une bonne idée de se donner parfois un exercice, ou un temps de retraite spirituelle, ou un temps de lecture, ou un rythme de prière plus soutenu, ou un temps où l’on choisit de se priver de quelque chose (pourquoi pas).

C’est important aussi de chercher à mettre de l’ordre dans sa vie, d’arriver à choisir ce que l’on veut faire de bien et d’essayer de le suivre au mieux… Ce n’est pas que Dieu nous aimerait plus pour autant (il nous aime déjà au maximum), ce n’est pas qu’il nous compterait des bons points (il n’est pas dans cette logique puisqu’il nous aime, et que l’amour ne compte pas). Mais c’est parce que c’est parfois utile, constructif de le faire. Mais il est impossible de fixer pour tout le monde quoi faire et quand. Cela dépend de notre sensibilité et de nos forces, cela dépend de là où nous en sommes.

Bravo pour votre recherche !
Dieu vous bénit et vous accompagne

par : pasteur Marc Pernot

En cadeau : cette belle proposition de jeûne qu’aurait proposé François, le chef de l’église de Rome il y a quelques années :

  • jeûne de paroles blessantes, et dire des paroles gentilles.

  • jeûne de tristesse, et être rempli de gratitude.

  • jeûne de rage, et être rempli de douceur.

  • jeûne de pessimisme, et être rempli d’espérance.

  • jeûne de soucis et avoir confiance en Dieu.

  • jeûne de plaintes, et contempler avec simplicité

  • jeûne de tensions, et être priant.

  • jeûne d’amertume, et emplir son cœur de joie.

  • jeûne d’égocentrisme et avoir de la compassion pour les autres.

  • jeûne de rancune et être réconcilié.

  • jeûne de paroles et être silencieux afin de pouvoir écouter.

En comme cela est bien entendu en dehors de nos forces, je pense qu’il est possible de demander à Dieu de nous faire avancer.

Marc

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5 réponses

  1. ML Randon dit :

    Merci, Marc ! c’est clair, net, précis … pour gagner le combat contre toutes les addictions.

  2. Marty family dit :

    Excellente réflexion, effectivement chacun vit le carême comme il l’entend. Merci pour ce blog au contenu très riche et efficace !

  3. Dorothée Gruel dit :

    Merci Marc !
    Voici de quoi réfléchir à ce qui motive nos actions et j’ aime bien aussi le jeûne proposé par François, ô combien difficile à appliquer !
    Amitiés

    • Marc Pernot dit :

      Sympa, merci Dorothée.
      Je sais que vous êtes toujours la main à la pâte pour fabriquer des cookies et autres gourmandises pour les faire circuler partout où vous passez. C’est une très belle façon de manifester une attention aux autres, à chacun. Un sacrement de fraternité.
      Amitiés
      Marc

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