Comment l’Eglise envisage cette idéologie qui me fait très peur, le transhumanisme ?

Illustration : un mignon petit robot offre une fleur ou reçoit une fleur avec inquiétude ? Image parbamenny de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Question d’un visiteur :

Bonjour Monsieur le pasteur,

Je vous envois une question?

Comment l’Eglise envisage cette idéologie qui pour ma part me fait très peur, le transhumanisme?

Merci
Salutations

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir Monsieur

Dieu a créé l’être humain et l’humanité à son image, comme le dit la Genèse. C’est à dire avec le pouvoir de créer, d’inventer du neuf, du jamais vu. La Bible nous dit ensuite que Dieu bénit l’humain et lui donne la mission d’évoluer, celle aussi de garder et de cultiver la création, c’est à dire de la garder en évolution, en la cultivant.

Cette créativité suppose d’avoir des pouvoirs et d’avoir une liberté. C’est génial quand effectivement c’est en articulation avec Dieu, dans le sens du mieux, de meilleur. Mais c’est catastrophique quand c’est fait en se prenant soi même pour dieu, ou son propre désir de l’instant, en faisant n’importe quoi. Car le n’importe quoi crée du chaos.

La question de tout pouvoir humain est là. Il y a sans doute des évolutions bonnes, par exemple les opérations, les greffes, les prothèses (je porte des lunettes)… Mais il y a aussi de grands danger dans cette capacité qu’a l’humain.

Il en est de même pour tout outil, un couteau, un marteau, le feu peuvent être utilisés pour faire vivre ou pour tuer.

La question, à mon avis, n’est pas vraiment celle du transhumanisme. Ce n’est qu’un détail, un élément parmi tant d’autres. C’est aussi un sujet à la mode, faire peur aux gens est une des façons de vendre des livres et des journaux. La question est plus large et bien plus grave, elle concerne l’ensemble des « progrès » et des « avancées » et des changements, des projets. Qu’est-ce que cela va donner ? Vers du mieux, du pire, du trop loin, du trop vite ou de pas assez loin, pas assez vite ? Comment savoir ? Comment est-ce que l’humanité peut collectivement être plus sage ?

La question essentielle est celle de la conscience, c’est une question de philosophie et de spiritualité, de réflexion et de prière. Fondamentalement. Que cela nourrisse d’abord un nombre suffisant de personnes. Que de là, la société puisse progresser, à l’échelon d’une famille, d’une équipe de chercheurs, d’associations, que des institutions humaines organisent un minimum vital de justice et d’éducation, mais encore des garde-fous, qui suscitent une bonne façon de vivre ensemble comme un corps constitué de membres différents et comme un corps ne faisant pas trop n’importe quoi ? A mon avis c’est cela qui est la question fondamentale, en amont de ces questions pratiques que sont l’écologie, le transhumanisme, mais peut-être surtout la marche de notre monde.

Que faire ? Nous pouvons travailler à notre niveau sur ces questions spirituelles et philosophiques, et échanger entre nous (comme vous le faites). Ensuite en vivant nous même le mieux possible et en favorisant le mieux autour de nous. Il y a mil petits gestes qui contribuent à cela. A commencer par ouvrir les yeux sur ce et ceux qui nous entourent, se poser des questions, chercher le mieux, tenter de faire ce que l’on peut, selon l’occasion et son inspiration, selon sa conscience.

Je ne suis pas certain que l’avis de l’église ou des églises soit tellement plus éclairé que la moyenne de ses membres, à vrai dire. Ce qui n’est pas toujours brillant. Mais ce n’est de toute façon pas le rôle de l’église de nous dire ce que nous devrions penser, mais c’est de nous aider à nous réconcilier avec Dieu, avec ce monde et avec nous-même. Et à être plus en forme, et de mieux vivre ensuite. Un petit peu mieux que ce que nous aurions été et ce que nous aurions fait hier.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

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