
C’est Dieu qui frappe à la porte de l’homme ou l’homme qui doit frapper à la porte de Dieu ?
Question posée :
Bonjour Marc,
merci pour votre site.
Les évangiles disent: « je me tiens à la porte je frappe, quiconque entend ma voix… » mais ils disent aussi « Frappez et on vous ouvrira ». Comment comprendre ce paradoxe? C’est Dieu qui frappe ou l’homme qui doit frapper? Si c’est les deux, comment articuler cela?
merci
Réponse d’un pasteur :
Cher Monsieur
Désolé pour le délai de réponse, je me suis laissé submerger.
D’autant plus que votre question est très intéressante.
La nuance est dans le pluralisme
C’est comme cela qu’il est bon de lire la Bible, comme vous le faites avec cette question : avec à la fois une attention à chaque verset et une attention à l’ensemble, car c’est ainsi que l’on peut bénéficier de toutes les nuances du message biblique. Car le langage biblique est souvent assez radical quand on regarde au niveau de chaque verset, la nuance vient dans un regard d’ensemble. Tel verset semble affirmer une chose, seulement il y a un autre verset plus loin qui dit autre chose. C’est d’une grande richesse car la vie est souvent faite de multiples dimensions, la réalité a de multiple facettes, une chose peut être vraie aujourd’hui et différente demain, il peut y avoir différentes sensibilités. Ce serait dommage de se contenter d’un point de vue étroit. Mais cette diversité permet de ne pas se laisser impressionner par les personnes instrumentalisant la Bible pour soutenir telle ou telle idéologie.
Qui frappe à la porte ?
Il arrive qu’une personne soit frappée par un sentiment religieux alors qu’elle ne cherchait rien. C’est une question de sensibilité à cet instant. Cela ne veut pas dire que ceux qui ne ressentent rien ne sont pas cherchés par Dieu pour autant. Dieu cherche chaque personne, sans cesse.
Il arrive qu’une personne se questionne sur Dieu, sur la foi, pour telle ou telle raison : c’est peut-être par le témoignage de sa grand mère, l’écoute d’une cantate de Bach, la vue d’un tableau de Rembrandt, ou l’émerveillement devant le ciel étoilé, ou par la philosophie, par la lecture d’un évangile… peu importe. Depuis que l’humain n’est plus seulement une sorte de cousin du singe, il s’ouvre à la transcendance comme nous cherchons de l’air pour respirer.
Dieu frappe, donc, à la porte de notre être, ou plutôt aux portes de notre être : la tête, le sentiment, le cœur, il frappe aux portes de chaque personne, et de chaque parcelle de l’univers (je pense), qu’on le cherche ou non. C’est sa nature et c’est ce que signifie le fait qu’on l’appelle « créateur » ou « amour ». L’humain frappe souvent à la porte de Dieu, chacun selon sa sensibilité et sa culture. Dieu frappe à la porte de Dieu et Dieu frappe aux portes de l’humain. Ni l’un ni l’autre n’est très facile tellement l’humain et Dieu sont différent. Bien des voix et des pulsions frappent à notre porte et Dieu n’est pas toujours facile à reconnaître comme tel. Nous avons l’intuition qu’il y a autre chose que la seule matière dans la réalité, mais nous frappons parfois à d’autres portes que nous pensons être celle de Dieu alors que c’est la porte de nos illusions. Mais le contact se fait finalement assez souvent, chez une majorité de personnes, semble-t-il. Et une certaine relation, que l’on peut qualifier de foi personnelle, peut se faire.
Une relation, une alliance
Ensuite, comme dans toute relation, il est bon que ce soit un élan mutuel vers l’autre. Comme Roméo aime Juliette et Juliette aime Roméo. C’est ce qui est exprimé par exemple dans le Cantique des cantiques de la Bible. Et dans ces deux versets que vous avez parfaitement raison de mettre en regard. C’est aussi le cas des trois paraboles de l’Evangile selon Luc au chapitre 15. Jésus annonce une seule parabole et il en raconte trois à la suite : la première est celle d’un berger qui cherche et qui trouve sa brebis perdue qui ne participe pas à cette recherche. la seconde est l’humain à la recherche d’une précieuse part de lui-même. La troisième partie de la parabole est un père qui attend son fils parti au loin, et qui a la joie d’accueillir ce fils venant enfin frapper à sa porte, et ce père part alors rechercher un autre fils fâché dont on ne sait pas s’il acceptera d’entrer… Si l’on isole une seule de ces trois volets de la parabole de Jésus on pourrait dire que Dieu seul cherche l’homme ou que si l’homme ne cherche pas Dieu il n’a aucune chance… Il faut tout tenir ensemble dans la complexité et la richesse de l’élan mutuel de Dieu et de la personne pour entrer en relation. Faire alliance.
Dieu vous bénit ainsi.
par : pasteur Marc Pernot
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Ma pensée
Si quelqu’un cherche Dieu alors cela veut dire que Dieu a déjà trouvé cette personne Le cheminement qui s’en suit est une question de confiance
Grand merci. C’est un peu ce que dit Blaise Pascal dans ses Pensées, Dieu nous dit « tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais pas déjà trouvé ». Pour ce qui est de Dieu, il n’a même pas eu à nous chercher, il a toujours été à nos côtés.