Les récits de Noël pourraient nous laisser penser que Jésus est arrivé ainsi comme d’un coup de baguette magique. Ce verset 50 nous dit que « Jésus progressait », c’est donc qu’il a été bien petit : pas aussi sage, pas aussi impressionnant de stature qu’il le deviendra progressivement, et pas encore systématiquement dans cette façon d’être en relation confiante et généreuse, dénuée de tout chantage d’être en relation que l’on appelle « la grâce ».
Jésus a eu besoin de grandir
Jésus n’est pas tombé du ciel tout fait, il a eu besoin de grandir. Il a fallu pour cela que d’autres prennent soin de lui, et cela lui a demandé, à lui, des efforts pour progresser. C’est un encouragement pour nous, quel que soit notre niveau. La grâce fait que nous sommes déjà reconnus : nous pouvons donc prendre le temps de grandir à notre rythme.
La sagesse : la sophia de Platon et de la Bible
La sagesse : c’est ici la sophia, celle qu’aiment et recherchent Platon et la Bible. Celle qui se forme dans le débat avec les générations présentes et passées. Comment progresser dans cette sagesse sans faire notre propre miel de ce que nous lisons et entendons, examinant puis retenant ce qui nous semble bon (1 Thessaloniciens 5:21) ? C’est ce que Jésus a fait et ce qu’il n’a sans doute jamais cessé de faire car l’humain est un être fait pour grandir encore. L’Esprit saint ne remplace pas cette sagesse, il l’inspire, il lui donne vie. C’est auprès de Dieu que nous recevons cela.
Progresser en stature
Progresser en stature nous appelle à prendre soin de notre corps pour qu’il soit en forme, cela nous appelle aussi à avoir une colonne vertébrale afin de pouvoir nous tenir debout, dressés, la tête au ciel et les mains tendues vers d’autres mains humaines. C’est une combinaison de ce que nous apporte Dieu et de ce que nous apporte notre sagesse.
par : pasteur Marc Pernot
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Merci. C’est très encourageant de se dire que nous sommes invités à progresse comme lui et avec lui.
Merci Marc Pernot, soit dit en passant, il me semble qu’une sagesse façon Salomon est bien différente d’une sagesse à La Platon.
Oui, c’est bien ce que je voulais dire, c’est pourquoi j’ai cité les deux. Je dirais que Jésus a pu avoir une certaine connaissance des présocratiques ?
Merci Marc Pernot .
Je me suis personnellement, comme vous le soulignez dans ce texte, toujours attachée à réfuter la croyance en l’omniscience constitutive de Jésus. Ce n’est pas pour rien que nous le voyons entrer dans sa mission d’annonce du Royaume de Dieu après ses trente ans. On peut se douter qu’il a eu besoin de tout ce temps pour se former aux Écritures et à la connaissance de soi-même.
Il n’est jamais mentionné un quelconque « maître spirituel » de Jésus, même dans ces années-là, et je pense que cette omission revêt une grande importance : Jésus n’a pas été formé à l’école des pharisiens, qui vont de toute façon le prendre en grippe dès ses premières manifestations publiques ; au contraire, sa méditation des Écritures a été puissamment accompagnée par les enseignements de son Père dans sa prière, mentionnée sans arrêt dans les Évangiles. C’est dans son cœur à cœur avec Dieu lui-même qu’il apprend jour après jour la Vérité à annoncer et sa mission concrète.
Accepter de voir la progression du Christ en sagesse ainsi, c’est rendre toute sa noblesse et son importance cruciale à l’oraison, l’écoute des motions de l’Esprit Saint, l’obéissance à Dieu à travers ses commandements et enseignements séculaires – la Torah – et entrer dans le respect de la mystique authentique dans l’histoire du christianisme.
Jésus est le précurseur des orants qui reçoivent la foi, la grâce et la connaissance sur Dieu dans un lien direct et sans aucun intermédiaire humain avec l’Eternel et avec Jésus lui-même, notre enseignant véritable.
Confisquer aux chrétiens, et en particulier aux chrétiennes, cette possibilité d’accéder à la compréhension des vérités ultimes de Dieu, c’est se placer en position d’abuseur de conscience, par goût du pouvoir religieux et jalousie spirituelle.
Les « hommes de Dieu » ne supportent parfois tout simplement pas une forme de concurrence dans la connaissance de Dieu et l’aptitude à interpréter les Écritures.
Nous vivons en outre une époque de la survalorisation du diplôme de théologie ou d’exégèse. Ces « spécialistes » des Écritures, sensés comprendre mieux que quiconque la vérité et la volonté de Dieu, font actuellement basculer la foi chrétienne dans une sorte de science livresque et intellectuelle qui n’a plus rien à voir avec la sagesse du Christ.
Il est plus que temps de dénoncer le monopole de l’intellect au détriment de la quête spirituelle de l’âme abandonnée à Dieu dans l’oraison.
La foi n’est pas une science humaine au même titre que la philosophie ou les mathématiques.
La foi se donne par grâce, et progresse proportionnellement à l’abandon à Dieu, en tout domaine de sa vie.
La foi ne saurait s’acquérir par l’étude, par la sécheresse scientifique de l’exégèse ou par l’empilement des livres de théologie à ingurgiter.
C’est là la grande erreur des églises aujourd’hui.
A force de déléguer l’enseignement sur Dieu à des érudits, à force de convoquer ceux-là pour résoudre toutes les grandes questions existentielles, les églises quelles qu’elles soient ont vidé le contenu de la foi chrétienne de sa substantifique moelle, à savoir, la Vérité qui ne se découvre qu’en Dieu par l’intermédiaire de l’Esprit Saint.
Et on aura beau prétendre que l’Esprit Saint se donne par les sacrements et croît proportionnellement aux charges ecclésiales (Église catholique romaine), jamais aucun clerc ni aucun érudit, dans l’une ou l’autre religion, ne surpassera la connaissance des orants(e)s quêtant les vérités qui ne sont qu’en Dieu, et qu’Il a le suprême privilège de révéler à qui Il veut et comme Il veut, pourvu que l’âme lui soit abandonnée dans une confiance et un amour absolus, comme ce fut le cas pour son propre Fils.
Grand merci pour ces réflexions. Je dirais qu’en tout cas de ce texte de fondation, il y a la sagesse et la grâce, l’une n’excluant pas l’autre et réciproquement. Mais, chacun son chemin de foi.