Marc Pernot le 11 janvier 2026
Court Podcast

Comment interpréter les paroles choquantes de Jésus ?

1x
100%

L’interprétation des textes bibliques peut parfois se heurter à des paroles de Jésus jugées bizarres ou choquantes. Plutôt que de rejeter ces passages, une approche théologique nuancée permet de découvrir leur sens profond à travers la provocation, le sens spirituel, la métaphore médicale ou le contexte historique. Comprendre ces « paroles difficiles » transforme un obstacle à la foi en une opportunité de croissance intellectuelle et spirituelle.


🎥 Regardez la vidéo :

 

 

📳 Écouter l’audio en podcast

Podcast audio

L’approche des textes bibliques : entre réconfort et questionnement

Les textes des Évangiles sont vraiment géniaux. J’adore les lire, ils sont encourageants, ils sont consolants, ils nous donnent une énergie pour chercher Dieu en pleine confiance. Ils nous donnent de l’énergie peut-être pour nous ouvrir aux autres, pour avancer dans notre existence, grandir, avoir moins peur de la vie et du monde et avancer. C’est pourquoi tous les vendredis je donne une méditation sur un petit verset des Évangiles, en général, et ce sont ces versets-là, encourageants, que je choisis pour que vous puissiez ainsi être nourris.

Mais, mais quand on lit les Évangiles soi-même, dans une lecture continue, il arrive que l’on tombe sur un texte difficile, un texte choquant, un texte impossible, un texte bizarre, et donc comment faire quand on tombe devant ce genre de texte ?

La méthode de la « tapisserie » : prendre du recul sur les Évangiles

Alors la première chose que je vous propose, c’est simplement de passer. Ce n’est pas grave, on reviendra dessus à une autre fois pour essayer de comprendre comment est-ce que ça peut faire sens. En effet les évangiles c’est comme une grande tapisserie. Il faut comprendre comment les choses se mettent en place pour comprendre l’ensemble de la grande tapisserie. Alors un petit passage quand on avait le nez dessus avec sur les points, on ne comprenait pas ce motif, et quand on prend un peu de recul, on voit que c’était l’oreille d’un lapin qui est cachée derrière une plante et donc il y a quelque chose de vivant dans ce grand tableau et pour nous ça peut être vraiment vivifiant.

L’Évangile : Une Bonne Nouvelle avant tout

Donc ce qui est bon, je pense, le mieux, c’est d’abord d’avoir une vision d’ensemble de l’Évangile, c’est-à-dire de comprendre comment ces quatre livres qui parlent de Jésus-Christ nous apportent effectivement une bonne nouvelle pour nous, pour vous. En effet, le message de Jésus-Christ ne s’appelle pas « grande menace » ou « dernier avertissement avant un jugement terrible d’un Dieu épouvantable sans aucune pitié pour les pécheurs ». Au contraire, le message de Jésus-Christ s’est appelé « l’Évangile », c’est-à-dire en grec « La Bonne Nouvelle », donc l’ensemble de ces textes est une bonne nouvelle, et chacun de ces textes est une bonne nouvelle pour nous.

Comment faire pour essayer de comprendre ces textes difficiles ?

Je vais vous proposer une série d’études de ces textes difficiles, une douzaine environ, pour essayer de comprendre comment est-ce qu’on peut les interpréter. Ce n’est pas que j’aie la seule lecture possible des textes, il y a une quantité de lectures possibles de chaque texte des Évangiles, mais c’est pour vous montrer d’abord que c’est possible de trouver une interprétation biblique qui soit effectivement une bonne nouvelle, même de ces textes difficiles. Et c’est aussi pour vous encourager, ben, à avoir votre propre lecture. Ensuite, vous pourrez mettre en commentaire votre lecture à vous pour enrichir les autres.

Quatre clés d’interprétation des paroles de Jésus

Alors quelles possibilités se présentent pour lire ces textes difficiles ?

1. La parole provocante de Jésus

Il y a d’abord des textes qui sont des paroles provocantes de Jésus et c’est finalement assez fréquent. En effet, Jésus est spécialiste des paroles choquantes qui posent question, des paroles difficiles. Pourquoi ? C’est pour faire choc contre nos idées trop simples, faire choc avec nos pensées toutes faites, nous inviter à nous poser des questions, à réfléchir et ainsi à avancer dans notre pensée d’une façon peut-être plus fine, plus nuancée, plus complexe. Un exemple par exemple quand Jésus dit : « Moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. » (Matthieu 5:39). C’est absolument impossible. C’est une parole provocante de Jésus parce que tout le monde sait très bien qu’on ne peut pas laisser les gangsters torturer les grands-mères pour leur prendre les sous, laisser les pédophiles violer les enfants ou les terroristes aller tuer tout le monde. Donc non : cette parole de Jésus n’est pas une parole à lire au premier degré, bien entendu.

2. Le sens spirituel et figuré

La deuxième possibilité, ce sont des paroles à prendre au sens figuré : non pas au sens matériel mais au sens spirituel. Par exemple quand Jésus dit : « Heureux les pauvres » (Matthieu 5:3). Et bien non, ce n’est pas heureux d’être pauvre car quand on manque de sous, et bien on ne peut pas se nourrir correctement, on ne peut pas bien se chauffer, du coup on est en mauvaise santé et on est en souci pour ses enfants, en souci pour ses parents. Donc non, c’est pas « heureux les pauvres » au sens matériel, ça nous invite à lire cette parole au sens spirituel. Nous avons là un principe d’interprétation de la Bible qui était très connu à l’époque de Jésus.

3. La figure du Dieu médecin opérant une personne pour la sauver

Troisième possibilité, ce sont des passages effrayants où un personnage méchant ou en dessous de la moyenne est envoyé dans les flammes de l’enfer pour l’éternité. Ce n’est pas de l’Évangile ça, ça pourrait ressembler à une menace. Mais en réalité : dans ces textes il y a souvent une figure du juste et une figure du méchant, nous sommes tous à la fois un peu justes et un peu méchants en différentes proportions. Ce n’est donc pas une menace, c’est au contraire l’annonce d’une bonne nouvelle pour nous : celle de Dieu qui est comme un médecin qui vient enlever en nous ce qui nous empêche de vivre et d’être bons. C’est comme un chirurgien qui enlève une tumeur cancéreuse, c’est pas une torture pour son patient, c’est au contraire pour le sauver. Donc ces textes aussi, il faut apprendre à les lire.

4. Le contexte historique et symbolique

Enfin, la quatrième possibilité de textes difficiles, incompréhensibles, est due au fait que ces textes ont quand même été écrits il y a 2000 ans dans le Moyen-Orient et que les images, les mots n’ont pas forcément le même sens pour nous. Ce qui était facile à comprendre à l’époque peut être pour nous plus difficile aujourd’hui. Par exemple quand Jésus dit : « Prenez une épée » (Luc 22:36). On pourrait penser à une arme violente, l’épée d’un chevalier, alors qu’en fait l’épée dans le contexte biblique est une figure de la parole qui permet un discernement, qui permet de distinguer les choses et donc d’avoir au contraire une pensée nuancée. C’est pour cela que je pense qu’il faut apprendre à lire ces textes qui nous invitent vraiment à de belles découvertes.

Et donc bienvenue pour les prochaines vidéos, avec plaisir de vous y retrouver, avec courage pour affronter quelques-uns de ces textes difficiles.

par : Marc Pernot, pasteur à Genève

Partagez cet article sur :
  • Icone de facebook
  • Icone de twitter
  • Icone d'email

Articles récents de la même catégorie

Articles récents avec des étiquettes similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *