Quelques autres perles glanées, dans « Enfin le royaume » de François Cheng

Par : pasteur Marc Pernot

Couverture du livre "Enfin le Royaume" de François ChengChaque ensemble de 4 courtes lignes forme un univers, propose une pensée, témoigne d’une inspiration, d’un regard.

Un très beau livre, un très bel auteur.

Merci au pasteur Emmanuel Rolland (paroisse Saint-Pierre) d’avoir glané ces perles et de nous les offrir.

Ne quémande rien. N’attends pas
D’être un jour payé de retour.
Ce que tu donnes traces une voie
Te menant plus loin que tes pas.

 


 

Qui accueille s’enrichit, qui exclut s’appauvrit.
Qui élève s’élève, qui abaisse s’abaisse.
Qui oublie se délie, qui se souvient advient.
Qui vit de mort périt, qui vit de vie survit.

 


 

Non dû mais don, mais abandon
A l’endurance, à la durée,
D’où l’abondance inattendue,
Tout don de vie abonde en don.

 


 

La mort qui rend tout unique est l’unique accès
A la transformation. Face à elle, on laisse tout,
Gardant seul ce que Dieu ne peut remplacer :
L’amour inachevé d’une âme singulière.

 


 

Nous rions, nous trinquons. En nous défilent les blessés,
Les meurtris ; nous leur devons mémoire et vie. Car Vivre,
C’est savoir que tout instant de vie est rayon d’or
Sur une mer de ténèbres, c’est savoir dire merci

 


 

Le Vide. C’est alors qu’au fond de soi
S’ouvre à nouveau la Voie qui du Rien
Avait fait naître le Tout, où la vie
Vécue se découvre en neuve partance

 


 

Creuser vers la profondeur du dedans,
C’est affronter les défis du dehors.
Plus on gravit la transcendance sans nom,
Plus on appréhende en soi le sans-fond.

 


 

Les désirs que nous portons en nous
Ne sont-ils bien plus grands que nous ?
Si grands qu’ils rejoignent l’originel
Désir par quoi la lumière fut

 


 

Jour après jour si je te harcèle
Accepteras-tu ma peur ?
Nuit après nuit si je t’enténèbre
Me passeras-tu ton feu ?

 


 

Si de mes doigts je te griffe
M’ouvriras-tu ta main ?
Si aveuglé je te blesse,
Me donneras-tu ton sang ?

 


 

Plaisir d’amour, comment le préserver
Sinon en aimant d’amour ;
Chagrin d’amour, comment le surmonter
Sinon en aimant l’amour ?

 


 

Survivre sans répit
Aux désirs
Porter la soif plus loin
que l’oasis

 


 

Toi le féminin
Ne nous délaisse pas,
Qui n’est point douceur
Ne survivra pas

 


 

Toi le féminin
Ne nous délaisse pas,
Hormis en ton sein
Quel lieu pour renaître ?

 


 

Le centre est là
Où se révèlent
Un Oeil qui voit
Un Cœur qui bat

 


 

Vraie lumière,
Celle qui jaillit de la Nuit
Et vraie Nuit,
Celle d’où jaillit la lumière

 


 

Qu’il vente, qu’il pleuve, nous ne céderons pas un pouce.
Gardiens du temple, arbres de vie, toujours dressés,
Nous sommes offrandes de la fine fleur du sol
Et rappel de la haute promesse du ciel

 


 

Être en attente, c’est être attentif
A tous signes annonçant l’advenance
Si Dieu est, il est aussi dans l’attente
De l’advenance, nous sommes partis prenante

 


 

A Estelle que nous n’oublions pas et à toutes les autres
Le gouffre où la bête a broyé ton innocence,
Il est en nous. Jusqu’au bout nous te chercherons.
Pour toi, nous gardons ce qui nous reste de tendresse,
Et nous veillons à ce que rien ne nous apaise.

 


 

Une grande chose a lieu : l’univers ? non, la Vie.
C’est là l’unique aventure, sublime et tragique.
Pour que la vie soit vie, la mort incontournable ;
Seule le Voie ne meurt pas, qui l’épouse a sa part.

 


 

Les morts sont parmi nous, plus vifs que les vivants,
Nous intimant d’être à l’écoute. Initiés
Par-delà douceur et douleur au grand secret,
Ils n’auront de cesse qu’ils ne nous l’aient confié.

 


 

« Enfin le royaume »
de François Cheng

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