Pour chercher l’unité dans la diversité, avec Angelus Silesius : notre ramage, notre plumage et Dieu

Par : pasteur Marc Pernot

deux jeunes cygnes sur l'eau - Image parMabel Amber, still incognito... de Pixabay Entre croyants, particulièrement entre chrétiens, mais encore dans une même église, dans sa paroisse et en famille, nous cherchons à progresser dans notre unité. Pour cela, il n’est pas mauvais de commencer par chercher qu’est-ce qui nous fait difficulté pour y arriver ? Angelus Silesius peut nous y aider. Il fait partie de cette tradition de fidèles à la fois mystiques et théologiens, et qui sont ainsi d’une grande élévation et d’une grande humilité. Il nous donne dans « Le voyageur chérubinique » des prédications qui tiennent en quelques mots, en voici trois sur la question de la diversité :

  • Hélas, nous autres hommes, ne savons pas, comme les oiseaux des forêts, réunir dans la joie les timbres de nos voix diverses. (1/265)
  • Je sais que le rossignol ne trouve rien à redire à l’intonation du coucou, Mais toi, si je ne chante pas comme toi, tu te moques de la mienne. (1/266)
  • Dieu est aussi attentif aux croassements qu’aux trilles que Lui adresse une alouette. (1/269)

Angelus Silesius nous montre ainsi que notre diversité est une création de Dieu lui-même, qu’elle est une richesse pourvu que l’on réunisse notre diversité dans la joie, au lieu de se moquer de l’autre, ce qui est déjà le tuer un peu. Dieu est attaché à chacune de nos expressions singulières, à nos formes de culte, de prières, de théologies et de démarches éthiques. La joie qu’inspire l’amour du Christ peut les accorder, sa prière nous en rend capables. Nous pouvons préférer le chant du rossignol, mais le corbeau préfère un beau croassement, et Dieu aime l’un comme l’autre et adore quand les deux font concert avec celui de l’alouette.

Qu’est-ce qui nous empêche d’avoir ce regard de bienveillance sur la foi de l’autre ? C’est que nous adorons penser qu’un reflet sur le noir de notre plumage est la lumière même du soleil, que notre chant est la pure voix de Dieu lui-même. Ce n’est pas entièrement faux puisque notre ramage et notre plumage répondent effectivement aux dons de Dieu, selon notre propre sensibilité. Mais quand nous confondons notre voix avec la Parole de Dieu, quand nous confondons notre pensée sur Dieu avec Dieu lui-même, cela bloque toute possibilité de vivre de concert avec les autres, et cela nous ôte toute envie d’écouter ce que Dieu cherche à nous dire puisque nous pensons l’incarner déjà. S’inspirant du Christ, le mystique nous invite à l’humilité de l’oiseau, et à celle de l’enfant :

  • Homme, si tu ne deviens enfant, jamais tu n’entreras là où sont les enfants de Dieu, la porte est vraiment trop petite. (1/153)
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