Pâques 2020 : un chemin d’Emmaüs (Espoir Adadzi + Elisabeth Schenker)

chemin dans une campagne, au petit matin - Image par pen_ash de Pixabay

Il m’a été proposé de publier ces textes, écrit par des pasteurs de la région Salève. Merci à toute l’équipe !

Au lendemain de cette exceptionnelle célébration de Pâques, beaucoup d’entre nous portent sans doute les mêmes inquiétudes que celles qui agitaient le cœur des disciples sur le chemin d’Emmaüs, il y a plus de 2000 ans.

Avec recul, nous aimerions demander au Christ Ressuscité : « es-tu le Seul qui ne sache rien des évènements de ces derniers jours, qui secouent notre petite bourgade appelée Terre ?

Ne sais-tu pas que la Suisse vit son premier vendredi Saint depuis que le Conseil Fédéral a annoncé le confinement, pour nous protéger des tribulations de la pandémie du Covid-19 ? Que ce Coronavirus en cet instant  »I » a bouleversé nos valeurs ?

Que la fête de Pâques de cette année 2020 est de l’ordre du jamais imaginé dans nos Églises ? Et qu’il en est même certains qui s’imaginent que ce sont des signes apocalyptiques ?

Eh Oui! Que nous soyons de celles et ceux qui n’arrivent pas à envisager le bout du tunnel, qui portent foule d’interrogations au fil de cette traversée exceptionnelle…

il y a une personne qui s’approche de nous et qui se propose de cheminer avec nous.

Cette personne comprend mieux que nous ne le pensons la situation actuelle de notre monde et la manière dont nous y faisons face individuellement.

Cette personne c’est le Seigneur Jésus, le Christ Ressuscité.

Il nous apporte soutien et réconfort.

Il parle à notre cœur individuellement et collectivement.

Seigneur Jésus, le Christ, nous avons besoin que tu restes avec nous, car le jour de notre monde décline.

Merci infiniment de rester, de souper et de rompre le pain de ce jour, avec nous, afin que nos regards voient plus loin que les informations sinistres : qu’ils se portent sur la renaissance de la nature et sur la solidarité qui jaillit de partout, dans notre humanité.

Grâce te soit rendue pour la lumière de confiance et discernement que tu allumes en nous.

Merci Seigneur de ce que tu partages avec nous : Ta victoire sur la mort.

Tu nous donnes en toute circonstance l’espérance de la Résurrection.

Espoir Adadzi

 

Croire Pâques jusqu’à en vivre

Oui, sans doute n’avons-nous jamais été plus proches des disciples qui marchaient ce jour-là : allant à deux comme eux ou chacun chez soi, porte close pour les autres, ne sachant trop que croire, qu’espérer, incertains tout du moins.

Sans voir que le Christ est là, à nos côtés, vivant !

L’évangile de Luc nous donne un détail sur lequel nous avons l’habitude de passer très vite : 11 kilomètres. Deux heures de marche, à bon pas. Sauf que de ces deux heures de conversation, rien ne nous est raconté ! Comme si « Luc » l’avait justement fait exprès, pour nous faire comprendre que l’essentiel concernant le Christ n’est pas enclos dans un évènement vieux de 2000 ans, mais qu’il est à vivre dans une rencontre personnelle, aujourd’hui, dans l’intimité de notre cœur qui ne demande qu’à brûler encore.

Et si les circonstances actuelles devenaient une occasion privilégiée de vivre Pâques, justement à cause de l’intimité qu’elles obligent ? Une occasion particulière de nous re-mettre en marche malgré la lassitude, avec nos questions, nos inquiétudes, avec le poids de notre détresse, car nous en avons perdu, des êtres aimés.

Car notre marche a un avantage considérable sur celle des disciples d’Emmaüs : nous, nous le savons !

LE CHRIST EST RESSUSCITE DES MORTS

Reste qu’ »il faut bien le noter et le placarder en grandes lettres », disait Luther. Car le croire ne suffit pas, il s’agit d’en vivre ! « En effet », écrivait le Réformateur en un temps qui en savait plus que nous encore sur les ravages des épidémies, « nous ne répétons et ne confessons pas cet article de foi simplement parce que c’est arrivé, comme on a l’habitude de répéter une anecdote, un conte ou une histoire, mais pour qu’il prenne force, qu’il devienne vérité et vie dans notre cœur […]

Toujours vivant, le Christ est notre protection, notre couvercle, notre ombre, notre poule couveuse, sous les ailes de laquelle nous habitons« .

C’est Pâques ! Laissons-nous couver ! L’éclosion viendra.

Elisabeth Schenker

Print Friendly, PDF & Email

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *