Marc Pernot le 19 mai 2024
Prédication

Dieu : une idée à creuser, une expérience à goûter (Actes 2:14-18 ; Psaume 34:9 ; Marc 14:3)

La Pentecôte, c’est « l’Esprit donné à toute chair » Dieu qui s’approche de nous par les sens, cela nous parle d’une joie et d’une capacité nouvelle qui sont données. Alors, comme le dit le Psaume « Goûtez et voyez combien l’Éternel est bon ! »

Texte, vidéo et poscasts de la prédication. Ceci est un témoignage personnel. N’hésitez pas à donnez votre propre avis ci-dessous.

pasteur Marc Pernot

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texte de la prédication à imprimer

prédication (message biblique donné au cours du culte)
à Genève, le dimanche de Pentecôte 2024,
par : pasteur Marc Pernot

À la disparition de Jésus, les disciples sont concentrés sur ce qui leur reste de lui : la mémoire de ses paroles et de ses gestes les plus importants pour eux. Ces disciples de Jésus sont ainsi concentrés sur la réflexion et sur la prière. C’est ce que nous faisons ici. C’est excellent de creuser l’idée de Dieu et la réflexion sur soi-même : c’est une façon majeure de prendre les commandes de ce que nous devenons.

La Pentecôte représente une étape supplémentaire.

Dieu donne son Esprit « sur toute chair », nous disent les textes. Drôle d’expression. Cela veut dire sur toute personne, mais il n’est pas dit que l’Esprit viendrait dans notre intellect ou dans notre cœur, mais « sur notre chair » : notre chair d’animal vivant en ce monde. C’est Dieu qui est sensible à notre être entier : non seulement à notre intelligence, c’est Dieu qui s’approche de nous par nos sens. C’est ce que les chrétiens fêtent en ce dimanche partout dans le monde : Dieu est une expérience à vivre concrètement dans notre chair, dans notre façon de goûter la vie, de goûter notre existence en tant que personne vivante en chair et en os.

Voyons ce qui arrive aux premiers disciples. Ils font une expérience qui les change. Ils éprouvent une joie et la foule autour d’eux, vous savez cette foule qui, parfois, se moque car elle ne comprend pas : la foule prend leur joie pour de l’ivresse.

L’apôtre Pierre se leva, avec les onze, et dit à la foule (stupéfaite de les voir animés par l’Esprit) : « Gens de Judée, et vous tous, habitants de Jérusalem, afin que vous compreniez ce qui arrive mettez-vous bien dans l’oreille mes paroles. 15Non, ces gens ne sont pas ivres comme vous le supposez : c’est bien la troisième heure du jour, 16et ici se réalise cette parole du prophète Joël : 17Alors, dans les derniers jours, dit Dieu, je verserai de mon Esprit sur toute chair (toute personne), vos fils et vos filles seront prophètes et prophétesses, vos jeunes gens auront des visions prophétiques, vos vieillards auront des révélations; 18oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes en ces jours-là je verserai mon Esprit et ils prophétiseront. (Actes 2:14-18)

Goûter Dieu

D’un côté, l’idée de Dieu est effectivement passionnante à creuser. Au-delà de ça, nous voyons dans ce texte que Dieu s’expérimente concrètement comme par nos sens. Il se goûte comme quelque chose de délicieux, de joyeux et de surprenant à déguster. C’est ce que le Psaume 34:9 nous invite à découvrir :

« Goûtez et voyez combien l’Éternel est bon,
Heureux quiconque qui se réfugie en lui ! »

Dieu se fait sentir par le goût. Comme on goûte à la vie, comme on goûte à la joie, au bonheur.

Le goût : c’est une expérience très personnelle, comment expliquer à une personne qui n’en a jamais goûté le goût d’une fraise ou du chocolat ? Le mieux, si possible c’est de lui proposer : goûte si tu veux, et tu m’en diras des nouvelles.

De même pour la foi, nous dit le Psaume. Alors je voudrais, en ce jour de Pentecôte, vous encourager à essayer de faire en sorte de goûter à Dieu dans les mois à venir, à votre façon, selon votre sensibilité.

« Goûtez et voyez combien l’Éternel est bon ! »

Comme une parabole

Afin de nous préparer à cette expérience de dépassement de l’idée de Dieu par l’expérience de Dieu, je vous propose une expérience qui touche nos sens. Comme une parabole vécue.

Je vous propose de goûter à un simple carré de chocolat, mais du genre de ce qui se fait de meilleur. Et de méditer sur cette complexité : à la fois amère et douce au goût, et même en ce cas : d’une texture naturellement à la fois fondante et croustillante.

(Distribution de carrés de chocolat Orfève, brut de noir, recette croustillante)

Combien est intéressante l’idée-même de chocolat. Mais le goûter c’est autre chose. De même pour Dieu.

Ce chocolat a une histoire : il y a un mois environ, j’ai goûté un carré de chocolat offert avec un café, et ce chocolat m’a particulièrement épaté par son goût et par sa texture, cela m’a fait penser à ce « venez et goûtez comme le Seigneur est bon » : bon et surprenant. J’ai voulu partager avec vous pour la Pentecôte ce rapprochement entre l’expérience du goût et l’expérience de Dieu que fait ce Psaume : nous invitant à nous laisser surprendre en goûtant à Dieu. J’ai donc écrit pour acheter en quantité ces fameux carrés de chocolat. Surprise : les passionnés qui ont monté cette manufacture genevoise ont tenu à nous les offrir, j’en suis tombé à la renverse. En théologie on appelle cela : la grâce. Comme quoi : le bon chocolat rend bon. De même, l’expérience du Dieu bon nous rend meilleur. La parabole s’affine.

La Pentecôte, c’est que Dieu est une expérience délicieuse, complexe et surprenante dans la vie d’une personne. Une source de joie, de profondeur, de paix, d’amour de la vie. C’est très concret, cela se goûte : demandez à une personne âgée ayant vécu par la foi, c’est souvent de cela qu’elle vous parlera, sans pouvoir vraiment l’expliquer, comme on a du mal à expliquer le goût du chocolat. L’Éternel est bon à goûter dans notre vie. C’est ce que dit Jésus : il ouvre l’annonce de son programme par huit promesses de bonheur (les béatitudes de Matthieu 5), et le premier geste qu’il fait est de réjouir des personnes en leur fournissant de l’excellent vin (Jean 2). Jésus nous montre ainsi que le projet de Dieu est de nous donner du bonheur en ce monde où nous vivons.

Mais le salut de Dieu n’est pas seulement de nous mettre dans un état d’extase et d’ivresse joyeuse. Ce n’est qu’une partie, c’est la moitié de ce qu’est la bénédiction de Dieu. L’autre moitié est une vocation, c’est le fait de rayonner de ce que nous sommes et que l’Esprit de Dieu a éveillé et réjoui en nous. Précisément.

L’odeur du nard

Un texte de l’Évangile nous parle d’une autre expérience sensorielle qui a tout à voir avec la Pentecôte :

« Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme entra, pendant qu’il se trouvait à table. Elle tenait un vase d’albâtre, qui renfermait une huile de nard pur de grand prix ; et, ayant rompu le vase, elle répandit l’huile sur la tête de Jésus [et la maison fut remplie de l’odeur de l’huile] » (Marc 14:3, Jean 12:3)

Je vous propose maintenant de nous replacer dans le contexte et de sentir ce que raconte le texte de l’Évangile à propos de cette onction de Jésus par cette femme géniale. De sentir ce parfum de nard pur. Le chocolat était délicieux, je vous préviens que l’odeur du nard pur est étrange, ce n’est pas un parfum : c’est un médicament. Un médicament vieux de milliers d’années et connu dans bien des civilisations, depuis l’Himalaya où cette plante de nard pousse au dessus de 3500m jusqu’à l’Égypte des pharaons.

(Distribution de papiers imbibés de nard pur accompagné de Violon et orgue)

Pourquoi tant de prix à ce nard et sa curieuse odeur ?

Si cette femme utilise du nard pur de très grand prix pour le mettre sur la tête de Jésus, c’est parce que cette huile venue de si loin était plus qu’un médicament, elle était utilisée pour des rites sacrés partout en Orient.

Pourquoi ? Pour plusieurs raisons possibles, le nard évoque dans bien des civilisations le passage entre le ciel et la terre, entre l’Esprit et le corps. Peut-être à cause de son odeur tonifiante. Peut-être parce qu’elle pousse dans les plus hautes montagnes. Peut-être parce que cette plante a une particularité : sa fleur pousse à part des feuilles, sortant directement de la racine. Cela a pu évoquer un passage direct de la terre au ciel, un pont entre ce qui est sous terre et ce qui est au dessus de la terre. En tout cas : le nard s’appelle dans la langue d’origine, en sanscrit, « jatamansi » ce qui signifie « l’Esprit fait chair ».

Le nard évoque le lien, le passage, entre l’Esprit et la chair, et entre la chair et l’Esprit

Devenir christ

Quand la femme met du nard pur sur la tête de Jésus elle fait littéralement de lui « le Christ ». Car normalement ce titre de « christ » appartient à une personne qui a reçu l’onction d’huile sainte sur la tête en signe que Dieu l’appelle à faire de grandes choses avec lui en ce monde. Or, Jésus, qui est « le Christ », n’avait jamais reçu ce signe matériellement. C’était spirituellement qu’il avait reçu sa vocation : il avait fait l’expérience d’avoir reçu Dieu par son Esprit (à son baptême et dans le désert, méditant en lui-même). Mais là, Jésus reçoit ce nard sur la tête et l’odeur de ce nard emplit la maison entière : c’est comme un message, une force qui vient de lui et se diffuse sur les autres autour de lui. Cette odeur vous la sentez, elle vous touche à votre tour, elle vous dit qu’à la suite du Christ vous êtes, vous aussi, bénis et que, vous aussi, vous recevez cette onction qui fait de vous un christ, à votre mesure, selon votre vocation, vos talents, vos forces.

C’est ce que disait la promesse de Dieu qu’il donnera son Esprit à toute personne, jeune ou âgée, lui donnant d’être prophète, capable d’avoir son propre point de vue éclairé sur le monde.

Cette femme désigne Jésus comme Christ et par l’odeur puissante de ce nard qui se répand, c’est comme si Christ nous invitait à sa suite, nous prenait dans sa bénédiction.

On sent l’odeur du nard. Cela nous appelle à sentir que nous avons de l’Esprit de Dieu en nous, le sentez vous ? La Pentecôte nous appelle à intensifier cela. Nous avons reçu l’Esprit de Dieu : un humain est fait de poussière du sol, de matière, d’atomes, et de souffle de Dieu (Genèse 2:4). Nous pouvons sentir que nous avons un corps, et nous pouvons sentir qu’en nous il y a plus que de la matière. C’est l’Esprit. Notre corps n’est pas seulement un récipient dans lequel est versé notre âme qui serait la seule chose importante et belle de notre être. Au contraire : notre corps est façonné à la main par Dieu, nous dit la Genèse, il porte ses empreintes et Dieu nous donne des capacités extraordinaires : celle d’aimer, celle d’avoir un point de vue et une sensibilité : l’Esprit de Dieu s’est fait chair en nous.

Cela donne à notre vie un parfum extraordinaire.

À notre tour, ce parfum de l’Esprit de Dieu nous touche et nous pouvons en reconnaître la trace en nous. Il fait de nous un prophète ou une prophétesse, envoyé pour faire de belles choses, à notre façon.

Avec l’aide et la bénédiction de Dieu.

Alors, cela se mettra à sentir bon en ce monde.

Amen

pasteur Marc Pernot

Textes de la Bible

Actes 2:14-18

L’apôtre Pierre se leva, avec les onze, et dit à la foule (stupéfaite de les voir animés par l’Esprit) : « Gens de Judée, et vous tous, habitants de Jérusalem, afin que vous compreniez ce qui arrive mettez-vous bien dans l’oreille mes paroles. 15Non, ces gens ne sont pas ivres comme vous le supposez : c’est bien la troisième heure du jour, 16et ici se réalise cette parole du prophète Joël : 17Alors, dans les derniers jours, dit Dieu, je verserai de mon Esprit sur toute chair (toute personne), vos fils et vos filles seront prophètes et prophétesses, vos jeunes gens auront des visions prophétiques, vos vieillards auront des révélations; 18oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes en ces jours-là je verserai mon Esprit et ils prophétiseront.

Psaume 34:9

Goûtez et voyez combien l’Éternel est bon !
Heureux quiconque qui se confie en lui !

Marc 14:3 (Jean 12:3)

Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme entra, pendant qu’il se trouvait à table. Elle tenait un vase d’albâtre, qui renfermait un onguent de nard pur de grand prix; et, ayant rompu le vase, elle répandit le parfum sur la tête de Jésus [et la maison fut remplie de l’odeur de l’onguent].

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4 Commentaires

  1. Pascale dit :

    Merci pour cette prédication jubilatoire, votre enthousiasme communicatif, qui donne un élan, qui creuse un désir d’aller plus loin. Vous mettez particulièrement en avant l’importance d’une vraie symbiose entre tous les aspects de ce qui fait un être humain et mine de rien, ce n’est pas si courant, y compris dans le milieu chrétien, en tout cas d’après ma propre expérience.
    Et un peu comme pour l’arc en ciel, les prochains carrés de chocolat que je dégusterai auront très certainement une saveur particulière 🙂

    1. Marc Pernot dit :

      Merci pour ce commentaire très stimulant.

  2. Jean-François dit :

    Merci Pasteur. Goûtons et voyons combien L’Éternel est bon et, POUR CEUX QUI AIMENT DIEU !

    Pour tous ceux qui aiment Dieu !
    Sachant, toutes choses de Dieu.
    Qui concourent, pour notre bien.
    D’être à l’image de Jésus-Christ.
    Non ne pas être qu’un théoricien.
    Mais d’être à ressembler à Christ.
    Autour de lui, n’a fait que du bien.

    Pour tous ceux, qui aiment Dieu !
    En étant doux et humble de cœur.
    O ils agissent comme le Seigneur.
    Tout en aimant bien son prochain.
    Par les valeurs du bon Samaritain.
    Christ a été méprisé et abandonné.
    À la souffrance, la douleur habitué.

    Pour tous ceux, qui aiment Dieu !
    Ils sont comme lui miséricordieux.
    Compatissants et lents à la colère.
    Obéissent à la prière du notre Père.
    Conforment à l’image de son Fils !
    Premier-né entre plusieurs frères.
    Afin qu’ils soient comme Son Fils.
    ‭Romains 8:28-29

    Nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos.
    Car ceux qu’il a préconnus, il les a aussi prédestinés à
    Être conformes à l’image de son Fils,
    pour qu’il soit premier-né entre plusieurs frères.
    ‭Ésaïe 53:3 (l’image de son Fils,)

    Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance,
    Semblable à celui dont on détourne le visage,
    Nous l’avons dédaigné, nous n’avons fait de lui aucun cas.

  3. Jean-Michel dit :

    Merci, pasteur Pernot, de m’apprendre à faire corps avec la Parole et d’en être fortifié.

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