
Goûter Dieu au quotidien : quand l’Esprit rejoint notre chair
La Pentecôte ne se limite pas à une abstraction intellectuelle ; elle marque la rencontre de l’Esprit de Dieu avec la condition humaine dans sa réalité charnelle. À travers l’analyse des textes bibliques et une exploration sensorielle impliquant le goût et l’odorat, cette réflexion propose de percevoir la foi comme une expérience concrète qui transforme notre rapport au monde.
Texte, vidéo et podcasts audio de la prédication. Ceci est un témoignage personnel. N’hésitez pas à donner votre propre avis ci-dessous.
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(Voir le texte biblique ci-dessous)
Prédication (message biblique donné au cours du culte) à Genève,
le dimanche de Pentecôte 2024, par : pasteur Marc Pernot
Texte de la prédication :
Après la disparition de Jésus, les disciples sont concentrés sur ce qui leur reste de lui : la mémoire de ses paroles et de ses gestes les plus importants pour eux. Ces disciples de Jésus sont ainsi concentrés sur la réflexion et sur la prière. C’est ce que nous faisons ici. C’est excellent de creuser l’idée de Dieu et la réflexion sur soi-même : c’est une façon majeure de prendre les commandes de ce que nous devenons.
La Pentecôte : l’Esprit sur toute chair
La Pentecôte représente une étape supplémentaire. Dieu donne son Esprit « sur toute chair », nous disent les textes. Drôle d’expression. Cela veut dire sur toute personne, mais il n’est pas dit que l’Esprit viendrait uniquement dans notre intellect ou dans notre cœur, mais « sur notre chair » : notre chair d’animal vivant en ce monde.
C’est Dieu qui est sensible à notre être entier : non seulement à notre intelligence, mais Dieu s’approche de nous par nos sens. C’est ce que les chrétiens fêtent en ce dimanche partout dans le monde : Dieu est une expérience spirituelle à vivre concrètement dans notre chair, dans notre façon de goûter la vie, de goûter notre existence en tant que personne vivante en chair et en os.
Voyons ce qui arrive aux premiers disciples. Ils font une expérience de Dieu qui les change. Ils éprouvent une joie profonde, et la foule autour d’eux — cette foule qui, parfois, se moque car elle ne comprend pas — prend leur joie pour de l’ivresse. L’apôtre Pierre se leva, avec les onze, et dit à la foule stupéfaite :
« Gens de Judée, et vous tous, habitants de Jérusalem, afin que vous compreniez ce qui arrive mettez-vous bien dans l’oreille mes paroles. Non, ces gens ne sont pas ivres comme vous le supposez : c’est bien la troisième heure du jour, et ici se réalise cette parole du prophète Joël : Alors, dans les derniers jours, dit Dieu, je verserai de mon Esprit sur toute chair (toute personne), vos fils et vos filles seront prophètes et prophétesses, vos jeunes gens auront des visions prophétiques, vos vieillards auront des révélations ; oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes en ces jours-là je verserai mon Esprit et ils prophétiseront. » (Actes 2:14-18)
Goûter Dieu : une expérience personnelle
D’un côté, l’idée de Dieu est effectivement passionnante à creuser. Mais au-delà de ça, nous voyons dans ce texte que Dieu s’expérimente concrètement par nos sens. Il se goûte comme quelque chose de délicieux, de joyeux et de surprenant à déguster. C’est ce que le Psaume 34:9 nous invite à découvrir : « Goûtez et voyez combien l’Éternel est bon, heureux quiconque se réfugie en lui ! »
Dieu se fait sentir par le goût. Comme on goûte à la vie, comme on goûte à la joie et au bonheur. Le goût est une expérience personnelle très intime : comment expliquer à une personne qui n’en a jamais goûté la saveur d’une fraise ou du chocolat ? Le mieux est de lui proposer : « Goûte si tu veux, et tu m’en diras des nouvelles. » De même pour la foi. En ce jour de Pentecôte, je vous encourage à goûter à Dieu selon votre propre sensibilité : « Goûtez et voyez combien l’Éternel est bon ! »
La parabole du chocolat et la grâce
Afin de nous préparer à cette expérience qui dépasse la simple idée de Dieu, je vous propose une démarche qui touche nos sens, comme une parabole vécue. Goûtons à un simple carré de chocolat de haute qualité, et méditons sur sa complexité : à la fois amère et douce, d’une texture naturellement fondante et croustillante.
Combien est intéressante l’idée même du chocolat, mais le goûter change tout. De même pour l’expérience de Dieu. Ce chocolat a une histoire : il y a un mois environ, j’ai goûté un carré de chocolat offert avec un café, et il m’a épaté par son goût et sa texture. Cela m’a fait penser au verset « venez et goûtez comme le Seigneur est bon ». J’ai voulu partager avec vous ce rapprochement. J’ai donc écrit pour commander ces carrés en quantité. Surprise : les passionnés de cette manufacture genevoise ont tenu à nous les offrir. En théologie, on appelle cela la grâce. Le bon chocolat rend bon ; de même, l’expérience du Dieu bon nous rend meilleurs.
La Pentecôte nous rappelle que Dieu est une expérience délicieuse, complexe et surprenante dans la vie. Une source de joie, de profondeur, de paix et d’amour. C’est très concret : demandez à une personne âgée ayant vécu par la foi, c’est souvent de cela qu’elle vous parlera, même s’il est difficile de l’expliquer rationnellement.
Le projet de Dieu est de nous donner du bonheur dans ce monde. Mais le salut de Dieu n’est pas seulement de nous mettre dans un état de joie festive : l’autre moitié est une vocation, celle de rayonner de ce que l’Esprit de Dieu a éveillé en nous.
L’odeur du nard : le lien entre l’Esprit et la chair
Un texte de l’Évangile nous parle d’une autre expérience sensorielle liée à la Pentecôte :
« Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme entra, pendant qu’il se trouvait à table. Elle tenait un vase d’albâtre, qui renfermait une huile de nard pur de grand prix ; et, ayant rompu le vase, elle répandit l’huile sur la tête de Jésus [et la maison fut remplie de l’odeur de l’huile] ». (Marc 14:3, Jean 12:3)
L’odeur du parfum de nard pur est étrange : ce n’est pas un simple parfum, mais un remède vieux de milliers d’années, connu depuis l’Himalaya jusqu’à l’Égypte des pharaons. Si cette femme utilise ce nard précieux, c’est parce que cette huile était utilisée pour des rites sacrés. Le nard évoque le passage entre le ciel et la terre, entre l’Esprit et le corps. En sanskrit, son nom signifie « l’Esprit fait chair ».
Devenir un christ : porter la bénédiction
Le nard évoque le lien entre l’Esprit et la chair. Quand cette femme met du nard sur la tête de Jésus, elle fait littéralement de lui « le Christ », celui qui reçoit l’onction. Et l’odeur de ce nard emplit toute la maison : c’est une force qui se diffuse. Cette odeur nous rappelle qu’à la suite du Christ, nous sommes nous aussi bénis et appelés selon notre propre vocation et nos talents.
Cette promesse indique que Dieu donne son Esprit à toute personne pour faire d’elle un prophète, capable d’éclairer le monde. Notre corps n’est pas un simple récipient, il est façonné par Dieu et porte le souffle de Dieu (Genèse 2:4). L’Esprit de Dieu s’est fait chair en nous, et cela donne à notre vie un parfum extraordinaire à répandre autour de nous. Amen.
À lire aussi : Sur le sens théologique et spirituel de la notion de Chair, voir l’article dédié dans notre Petit Dictionnaire de Théologie.
Textes de la Bible
Actes 2:14-18 : l’Esprit à la Pentecôte
L’apôtre Pierre se leva, avec les onze, et dit à la foule (stupéfaite de les voir animés par l’Esprit) : « Gens de Judée, et vous tous, habitants de Jérusalem, afin que vous compreniez ce qui arrive mettez-vous bien dans l’oreille mes paroles. 15Non, ces gens ne sont pas ivres comme vous le supposez : c’est bien la troisième heure du jour, 16et ici se réalise cette parole du prophète Joël : 17Alors, dans les derniers jours, dit Dieu, je verserai de mon Esprit sur toute chair (toute personne), vos fils et vos filles seront prophètes et prophétesses, vos jeunes gens auront des visions prophétiques, vos vieillards auront des révélations; 18oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes en ces jours-là je verserai mon Esprit et ils prophétiseront. »
Psaume 34:9 : le goût
« Goûtez et voyez combien l’Éternel est bon ! Heureux quiconque se confie en lui ! »
Marc 14:3 (Jean 12:3) : le parfum
« Jésus était à Béthanie, dans la maison de Simon le lépreux, une femme entra, pendant qu’il se trouvait à table. Elle tenait un vase d’albâtre, qui renfermait un onguent de nard pur de grand prix; et, ayant rompu le vase, elle répandit le parfum sur la tête de Jésus [et la maison fut remplie de l’odeur de l’onguent]. »
En écho à ce texte :
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Actes 2:17 : Que signifie l’Esprit de Dieu répandu sur toute chair ?
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Nous sommes « capables de Dieu » (Pentecôte – Actes 1:5 – 2:6 ; Genèse 11:1-9)
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Vous êtes une image de Dieu, c’est comme ça. (Actes 2:1-4 ; Genèse 1:25-28)


Merci, pasteur Pernot, de m’apprendre à faire corps avec la Parole et d’en être fortifié.
Merci Pasteur. Goûtons et voyons combien L’Éternel est bon et, POUR CEUX QUI AIMENT DIEU !
Pour tous ceux qui aiment Dieu !
Sachant, toutes choses de Dieu.
Qui concourent, pour notre bien.
D’être à l’image de Jésus-Christ.
Non ne pas être qu’un théoricien.
Mais d’être à ressembler à Christ.
Autour de lui, n’a fait que du bien.
Pour tous ceux, qui aiment Dieu !
En étant doux et humble de cœur.
O ils agissent comme le Seigneur.
Tout en aimant bien son prochain.
Par les valeurs du bon Samaritain.
Christ a été méprisé et abandonné.
À la souffrance, la douleur habitué.
Pour tous ceux, qui aiment Dieu !
Ils sont comme lui miséricordieux.
Compatissants et lents à la colère.
Obéissent à la prière du notre Père.
Conforment à l’image de son Fils !
Premier-né entre plusieurs frères.
Afin qu’ils soient comme Son Fils.
Romains 8:28-29
Nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos.
Car ceux qu’il a préconnus, il les a aussi prédestinés à
Être conformes à l’image de son Fils,
pour qu’il soit premier-né entre plusieurs frères.
Ésaïe 53:3 (l’image de son Fils,)
Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance,
Semblable à celui dont on détourne le visage,
Nous l’avons dédaigné, nous n’avons fait de lui aucun cas.
Merci pour cette prédication jubilatoire, votre enthousiasme communicatif, qui donne un élan, qui creuse un désir d’aller plus loin. Vous mettez particulièrement en avant l’importance d’une vraie symbiose entre tous les aspects de ce qui fait un être humain et mine de rien, ce n’est pas si courant, y compris dans le milieu chrétien, en tout cas d’après ma propre expérience.
Et un peu comme pour l’arc en ciel, les prochains carrés de chocolat que je dégusterai auront très certainement une saveur particulière 🙂
Merci pour ce commentaire très stimulant.