Dieu achève son œuvre le 7e jour (Genèse 2:2-3)

statue d'un petit ange faisant la sieste - Image par PublicDomainPictures de Pixabay

Par : pasteur Marc Pernot

Dieu a la réputation de ne rien faire le 7e jour de la création. Selon la Genèse, il fait au contraire quelque chose d’essentiel : il achève son œuvre, il lui donne une respiration, un souffle.

Ainsi furent achevés le ciel et la terre, et toute leur armée :
Dieu acheva au septième jour le travail qu’il avait fait ;
Et il se reposa le septième jour de tout le travail qu’il avait fait.
Et Dieu bénit le septième jour et il le consacra, car en ce jour Dieu s’était reposé de tout le travail qu’il avait fait en créant.
(Genèse 2:2-3)

En bénissant le septième jour, Dieu fait bien plus que quand le pâtissier achève son gâteau en mettant une cerise confite sur le sommet. Parce que la bénédiction change tout. Ce serait plutôt comme d’allumer l’ordinateur… Dans un sens cela ne change pas grand chose, puisque cet appareil était déjà construit. Cette dernière étape est pourtant celle de la vie, le moment où l’ensemble prend un sens.

Le chiffre 7 combine le 4 de ce monde et le 3 de Dieu. Comme souvent les chiffres dans la Bible, ce chiffre 7 indique ainsi une qualité, un sens : un jour, ou un temps, peut être appelé 7e quand il travaille cette combinaison entre notre monde et Dieu, entre notre être animal et le souffle divin en lui, alors ce jour est celui de la bénédiction de Dieu reçue, ce jour est alors celui du repos consacré.

Ce repos de notre être n’est pas de l’inactivité, il est au contraire le signe que tout est prêt pour fonctionner. Ce repos est une autre sorte d’activité belle et pleine de sens en interne et avec ce qui l’entoure.

C’est en vue de ce repos-là que Dieu nous propose de nous arrêter de nous agiter un petit jour par semaine. Ce n’est pas du repos pour du repos, c’est du repos « consacré », c’est à dire en vu d’être utile et bon. Ce n’est pas simplement du repos pour le travail fait dans le passé, c’est une pause en vue de la suite.

Le Christ nous a libéré d’une obéissance étroite à ce commandement, avec une définition précise et chiffrée s’imposant à tout le monde en toute circonstance. Ce sont les humains qui adorent les règles, en particulier pour les imposer aux autres. Dieu, lui, est vivant. Jésus a observé lui-même ce temps de respiration de façon intelligente. Pas nécessairement le samedi puisque Jésus a été dénoncé pour enfreinte au shabbat à de multiples reprises. Jésus savait par contre s’interrompre dans son « travail » auprès des foules, s’échappant pour aller prier et réfléchir, seul dans son coin. Je pense que c’est comme cela que c’est bien : sentir quand nous devons nous arrêter d’être dans l’activité pour placer notre être sous la bénédiction de Dieu. Tisser notre temps, notre être, nos projets avec la bénédiction de Dieu, avec son souffle. Consacrer ce temps réinventer notre façon d’être actif. Soigner cet équilibre entre le geste du shabbat et le temps d’activité, le faire librement, lucidement et intelligemment, avec sincérité. Sans imposer notre rythme aux autres.

Le 7e jour n’est donc pas un jour sans travail, mais c’est un jour où l’on peut laisser Dieu travailler en nous, et travailler aussi avec lui en nous.

C’est particulièrement précieux aujourd’hui, puisque nous devons ré-inventer notre façon d’être actif et notre façon de nous ressourcer spirituellement.

Ensuite, il me semble utile d’avoir un temps qui n’est ni le temps de production en ce monde, ni le temps de shabbat utile à notre foi, un troisième temps qui est celui de la jachère, comme pour la terre. Un temps pour laisser reposer toutes ces bonnes choses. Et ne pas culpabiliser de laisser place à un temps de grâce et de paix. (voir Marthe reçoit Jésus dans sa maison)

Que Dieu vous bénisse donc, & que Dieu soit béni au-dessus de tout dans notre vie.

pasteur Marc Pernot

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