Une femme tombée sur des marches éclairées fait un effort pour se relever - Photo de Ryan Jacobson sur https://unsplash.com/fr/photos/t4TWw2CpwSs
Développement

Suite de nombreuses années de difficultés dans mon existence, je perds petit à petit la foi. Je ne le veux pas.

Par : pasteur Marc Pernot

Une femme tombée sur des marches éclairées fait un effort pour se relever - Photo de Ryan Jacobson sur https://unsplash.com/fr/photos/t4TWw2CpwSs

Foi en crise, avec une lumière, un élan mince mais bien réel.

Question d’une visiteuse :

Bonjour Pasteur et merci pour ce que vous faites, pour ce blog qui fait tellement de bien. Je me sens comprise et soutenue, c’est précieux.

J’ai besoin de vous confier qu’à la suite de nombreuses années de difficultés dans l’ensemble des domaines de mon existence, je perds petit à petit la foi.
Je ne veux pas la perdre, cependant.
Mais je prie si souvent Dieu depuis que je traverse cette tempête, sans aucune amélioration, sans soutien, sans joie, amour ou bonnes nouvelles, que j’en viens à me dire « à quoi bon prier? Il ne fait rien pour moi ».

Récemment je me suis arrêtée dans une église. J’étais seule à l’intérieur et j’ai encore confié toute ma peine, mes larmes, mais aussi mes remerciements à Dieu. Je lui ai demandé de m’envoyer un petit rayon de soleil.
Mais depuis rien. Je vais même encore moins bien qu’avant.
J’ai l’impression qu’il ne m’entend pas ou qu’il ne peut rien à mon malheur et mes combats.

Comment faire pour y croire encore ?

Merci de tout cœur.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Grand grand merci pour les encouragements !

Qu’est-ce que la foi ?

Vouloir avoir la foi, ou dans votre cas vouloir ne pas perdre la foi : c’est en réalité cela qui est de la foi. Une vraie foi. Une foi vivante et qui fait avancer.

Ensuite, la foi évolue, c’est normal et c’est même indispensable. Le contraire serait mauvais signe,

A mon avis, votre tempête est comme ces crises que notre cheminement de vie traverse, celle de l’adolescence, de la quarantaine… qui ne sont pas des maladies, mais des temps de crise, au sens positif du terme, des temps où l’on fait le tri pour avancer d’une façon grandie.

C’est d’autant plus nécessaire que vous avez traversé des temps de turbulences dans notre existence, dites vous. Cela met souvent à l’épreuve notre philosophie de vie, nos valeurs, mais aussi notre théologie, notre façon de prier. Et là aussi, c’est normal car nous sommes un seul être, avec toutes nos dimensions.

Des croyances et une relation qui évoluent

Face aux turbulences imprévues de la vie, il y a certaines de nos idées théologiques qui peuvent être remise en question. C’est bien d’en tenir compte. Ce n’est pas une perte de foi, c’est au contraire un progrès dans notre compréhension de Dieu, un petit peu libérée de certains idées un peu faciles que nous avions, venant de notre enfance ou de croyance reçues de notre église, de nos parents. L’expérience personnelle de la vie et de Dieu nous permettent d’évoluer dans notre façon de penser Dieu et de le prier. Ce n’est pas pour justifier qu’il nous arrive du malheur, mais : tant qu’à faire qu’une difficulté soit arrivée, autant tirer de cette expérience une pensée plus affinée, et une relation à Dieu plus vraie.

Par exemple pour la prière et son efficacité. Oui, c’est vrai, la prière n’est pas une télécommande. Mais en tout cas, 1) cela fait du bien de faire un peu le point en soi-même de ce que nous sommes, de ce qui nous arrive et de ce que nous espérons : ce n’est certainement pas inutile, inefficace. 2) Quand en plus on fait cela devant notre idéal de bonté et de création qu’est notre Dieu, c’est nécessairement très inspirant pour nous. 3) Par ailleurs, nous sommes nombreux à constater que Dieu nous apporte quelque chose de tout à fait décisif dans notre cheminement quand nous le prions. Mais même si ce dernier point était une illusion totale, reste les deux premiers points : et rien que pour eux : si la prière est un réel soutien, c’est choisir la vie, recevoir énormément.

Des éclairs d’expérience mystique

Ensuite, quand il y a des éclairs de beauté et d’émotion comme vous en avez vécu dans cette église, c’est une bénédiction, une chance que tout le monde ne vit pas nécessairement de façon consciente, ni avec intensité. Et en tout cas, même les plus grands mystiques ne sont pas sans arrêt en extase, et heureusement pour eux car ce serait Dieu qui, alors, aurait une sorte de télécommande pour nous faire avancer.

Mais vous, vous avez la mémoire de cet événement, et vous pouvez effectivement l’intégrer à votre expérience de vie, et de vie avec Dieu, l’intégrer à votre confiance en Dieu.

Et vous ouvrir à son action profonde au fond de vous même, il est avec vous, non pas en surface, mais en profondeur. De là vous vient sa force. Je sens dans ce que vous exprimez quelque chose de cette force. Même dans un désespoir compréhensible, vous ne baissez pas les bras. La preuve : ce mail qui appelle, qui refuse de perdre la foi.

Merci, vraiment merci pour ce témoignage, cette lumière qui brille, cette étoile de recherche, d’espérance dans la tempête.

Dieu vous bénit et vous accompagne.

par : pasteur Marc Pernot

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4 Commentaires

  1. Paul dit :

    La foi est relation et décision. C’est la relation de la prière, face à face avec le Père, qui peut paraître a sens unique sur le moment, et qui se révèle être une vraie relation de tendresse. C’est aussi la relation bienveillante aux autres, qui semble aussi parfois être a sens unique, et se révèle riche de tout ce que l’on reçoit, alors que l’on ne pensait que donner. C’est enfin une décision, de prendre à son compte le message des anciens, qui donne cadre et structure à la prière et à la relation aux autres. Dans ce message il y a des choses simples et concrètes, il y a des paraboles, et aussi des choses difficiles à faire admettre à notre raison. Mais qui forme un tout cohérent pour la conduite de ma vie.

  2. Nicolas dit :

    « Je crois, Seigneur ; viens au secours de mon manque de foi ! »

    1. Marc Pernot dit :

      Merci ! Cette prière du Père de l’enfant malade (Marc 9:24) est une des plus profondes prières qui soient.

  3. Sandrine dit :

    Jésus lui même n’a t’il pas dit sur la croix « mon Dieu mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné? »Quand on voit que le Christ même est passé par là…n’estce pas finalement un passage un peu obligé…d’avoir des doutes quand submergé par la douleur , on ne comprend pas pourquoi…mais la Foi justement, n’est-ce pas de continuer à croire malgré cela ?

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